Santé / Tech & internet

Facebook ne fait rien pour limiter la diffusion de la propagande anti-vaccin

Temps de lecture : 2 min

Une simple recherche «vaccins» sur Facebook mène à des groupes qui diabolisent la vaccination.

Vaccination | Blake Patterson via Flickr CC License by
Vaccination | Blake Patterson via Flickr CC License by

Depuis les révélations de l'enquête du FBI montrant comment des agents russes ont propagé des fausses informations sur les réseaux sociaux, Facebook a pris quelques mesures pour lutter contre les «fake news». Mais jusqu'ici, rien n'a été fait pour stopper la propagation d'une autre forme de désinformation tout aussi dangereuse: la propagande anti-vaccins.

Si vous faites une recherche pour le mot «vaccin» ou «vaccination» sur Facebook aux États-Unis, la plupart des groupes en première position dans les résultats sont anti-vaccins. On trouve sur ces pages des informations erronées sur la dangerosité des vaccins, y compris l'idée qu'il ne faut pas faire confiance aux médecins sur cette question car ils n'en savent pas assez.

Des pages comme The Truth About Vaccines (la vérité sur les vaccins) ou Stop Mandatory Vaccination (stop à la vaccination obligatoire) ont plus de 100.000 followers et expliquent que les enfants non vaccinés sont en meilleure santé que ceux qui ont été vaccinés.

Un journaliste du Daily Beast a demandé à Facebook pourquoi il était si facile de tomber sur des groupes anti-vaccins dans les recherches et pourquoi rien n'était fait pour limiter la diffusion de ces idées, mais la direction du réseau social a refusé de commenter cette question.

En 2017, deux chercheurs australiens ont montré à quel point Facebook était essentiel à la diffusion du message anti-vaccin. Le réseau social permet en effet de connecter très rapidement des gens qui ont les mêmes préjugés sur la vaccination, alors qu'il serait beaucoup plus difficile pour eux de se retrouver sans Facebook.

Les utilisateurs se regroupent en cliques, autour de thématiques comme la défiance des médias et des autorités publiques, et leurs membres partagent leurs connexions avec les autres, ce qui accélère la propagation des idées.

La diffusion d'informations erronées sur la dangerosité des vaccins a des conséquences bien réelles: il existe désormais aux États-Unis des zones de résistance croissante à la vaccination, notamment à Portland, Detroit et Houston. C'est ainsi que des épidémies de rougeole ont éclaté en 2014 en Californie (145 personnes infectées) et en 2017 dans le Minnesota. En France, trois personnes sont mortes de la rougeole en 2018 et les autorités sanitaires notent que c'est l'insuffisance de la couverture vaccinale qui a favorisé le retour de cette maladie.

Slate.fr

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