Égalités / Sciences

Pourquoi les hommes exagèrent leur nombre de partenaires sexuelles quand les femmes le minimisent

Temps de lecture : 2 min

En corrigeant certains biais, on parvient à de tout autres résultats.

En moyenne les hommes auraient eu 14 partenaires dans leur vie et les femmes 7  | Montage Slate via Emoji Island CC License by
En moyenne les hommes auraient eu 14 partenaires dans leur vie et les femmes 7 | Montage Slate via Emoji Island CC License by

Au vue des données disponibles, en moyenne, les hommes ont un nombre plus élevé de partenaires du sexe opposé que les femmes –mais il semble aussi qu'ils soient plus prompts à l’exagération.

Une nouvelle étude s'intéresse à la fois aux raisons de cette exagération et aux potentiels moyens de la corriger. Ses auteurs et autrices y expliquent que «dans un échantillon de population fermée et sur une période définie, le nombre de partenaires du sexe opposé des hommes et femmes devrait être égal». Or les résultats contredisent ce postulat et interrogent la pertinence des sondages sur les comportements sexuels.

Les chercheuses et chercheurs ont utilisé les données disponibles du sondage national britanique sur les attitudes sexuelles composé des réponses d'environ 15.000 hommes et femmes âgées de 16 à 74 ans, vivant en Grande-Bretagne. En moyenne, les hommes estiment avoir connu 14,14 partenaires sexuelles et les femmes 7,12.

Si la différence entre les hommes et les femmes diminue au fil des années, dans le monde, les chiffres de ces relations hétérosexuelles sont souvent les mêmes, grosso modo le double de partenaires pour les hommes.

Trois hypothèses

Les scientifiques émettent trois grands types d'hypothèses, appuyées par divers travaux de recherches. D'abord les échantillons ne seraient pas assez représentatifs. Ils ne contiennent pas suffisamment de travailleuses du sexe, mélangent les âges et incluent les partenaires non-résidents du pays de référence.

Un autre biais est pointé: celui de l'estimation et du comptage. Les femmes auraient tendance à énumérer et donner un chiffre exact, les hommes seraient plus approximatifs, rapportant plus souvent des chiffres ronds, menant à l’exagération.

La troisième hypothèse est la moins étonnante, les hommes et les femmes «s’accommoderaient» de la réalité pour correspondre à une norme sociale genrée, qui conduirait les femmes à sous-estimer le total et les hommes à le surestimer. D'autres expériences ont eu tendance à montrer que les données s'équilibrent quand les interviewés et interviewées pensent qu'il est impossible de mentir.

Nouveaux calculs

En partant de ces hypothèses, les chercheurs et chercheuses ont réalisé de nouveaux calculs. La différence entre les hommes et les femmes passe de 7,02 partenaires à 5,47 en retirant le 1% de personnes dont le nombre de partenaires est le plus élevé (pour les hommes et les femmes), afin d'essayer de contrer une partie de la tendance à l'exagération. Finalement, exclure le nombre de partenaires rémunérées amène à un plus petit écart: 5,11.

En ajustant les calculs par rapport aux différences entre les hommes et les femmes dans la méthode de comptabilisation, la différence se réduit encore, passant de 5,47 à 3,24. Enfin, en corrigeant du calcul les attitudes pour correspondre aux normes, la différence diminue encore pour atteindre 2,63.

Données de l'étude parues dans The Journal Of Sex Research

Plus l'âge des personnes interrogées avance, plus la différence de nombre de partenaires augmente. Au lieu de s'accumuler, les erreurs de comptabilisation semblent s'accentuer, selon les scientifiques. Les chiffres sont de moins en moins précis quand les années s'accumulent. Cela permet aussi de montrer la variation des réponses en fonction de l'âge, témoignant d'un changement progressif des mentalités. La différence entre les hommes et les femmes serait donc aussi accentuée par les groupes d'âges plus élevés.

En ajustant les calculs, les scientifiques britanniques ont été capables d'expliquer plus des deux-tiers du différenciel entre les hommes et les femmes.

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