Santé / Sciences

Maged1, le gène qui pourrait nous sauver des addictions

Temps de lecture : 2 min

Une nouvelle piste génétique vient d'être découverte.

Je dis dites-leur et dis-leur de casser la gueule aux dealers  | Curtis Gregory Perry via Flickr CC License by

En Europe, la dépendance aux drogues touche 15,5 millions de personnes pour un coût annuel avoisinant les 66 milliards d’euros. Améliorer la prévention et les traitements de ces dépendances, c'est aussi comprendre les mécanismes par lesquels les drogues agissent sur le cerveau. Par exemple, le fait qu'elles provoquent une augmentation artificielle de dopamine, un neurotransmetteur. L'effet se retrouve chez tous les animaux qu'il a été possible d'étudier, de la mouche à l’humain.

Cette libération de dopamine se joue dans une région du cerveau, le striatum ventral ou noyau accumbens, directement impliquée dans les processus de récompense et de renforcement. L'excès de dopamine induit des changements neurologiques à long-terme, l'infrastructure des processus d'addiction.

C’est dans ce contexte qu’Alban de Kerchove d’Exaerde et son équipe de la Faculté de Médecine de l’Université libre de Bruxelles viennent de mettre en évidence le rôle majeur d’un gène, Maged1. Leur étude a été publiée le 12 juillet dans la revue scientifique EMBO Reports. Les chercheurs y démontrent in vivo, à l’aide de souris transgéniques, que l’inactivation de Maged1 rend les bestioles totalement insensibles aux différents effets de la cocaïne. De même, la libération de dopamine due à la prise de cocaïne est fortement diminuée et les rongeurs testés ne présentent aucune réaction ou comportement addictif, ceux-là mêmes habituellement observés après l’administration de cocaïne.

Ensuite, les chercheurs ont voulu comprendre à quel endroit du cerveau le rôle de Maged1 était le plus crucial. Grâce à des inactivations dans des régions du cerveau ou des populations neuronales précises, ils allaient montrer que Maged1 contrôle la libération de dopamine dans le noyau accumbens. Un processus qui ne se passe pas dans les neurones libérant la dopamine, mais par l’intermédiaire des neurones du cortex préfrontal, que l'on sait aussi jouer un rôle très important dans la dépendance aux drogues. Le cortex préfrontal est ainsi suspecté de moduler l’inhibition ou la régulation des émotions. Ceci expliquerait certains symptômes de la dépendance à la cocaïne, dont la perte de contrôle et une capacité décisionnelle amoindrie.

Ces découvertes ouvrent la voie à de nouveaux traitements, plus ciblés et efficaces, de la dépendance aux drogues. Comme elles invitent à d'autres études sur les mécanismes moléculaires sous-tendant les adaptations associées à l'addiction dans le cerveau.

Slate.fr

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