Parents & enfants / Santé

La dépression maternelle est-elle en hausse?

Temps de lecture : 2 min

C'est ce que suggère une étude britannique, qui observe aussi une mutation du trouble mental chez les femmes enceintes et les jeunes mères.

Un heureux événement | Sydney Sims via Unsplash CC License by
Un heureux événement | Sydney Sims via Unsplash CC License by

La dépression maternelle concerne entre 10 à 15% des femmes enceintes et des jeunes mères. Une étude britannique comparant d'un côté des grossesses survenues entre 1990 et 1992 et, de l'autre, entre 2012 et 2016, estime que ces chiffres sont en augmentation depuis une génération. Selon Rebecca M. Pearson et ses collègues, les symptômes dépressifs aigus sont en effet 51% plus courants aujourd'hui qu'il y a une trentaine d'années.

La spécialiste de la transmission intergénérationnelle de la dépression et professeure d’épidémiologie psychiatrique à l'université de Bristol attribue le phénomène aux changements sociétaux intervenus entre les deux époques et notamment à l'arrivée en masse des femmes sur le marché du travail.

Stress, anxiété et surmenage

Menée sur 2.570 femmes nées dans la même région du sud-ouest de l'Angleterre, l'étude conclut que si 17% des femmes devenues mères dans les années 1990 manifestaient des symptômes dépressifs, la proportion grimpe aujourd'hui à 25%. À noter que l'étude se focalise aussi sur une même classe d'âge, à savoir des femmes ayant eu leur premier enfant entre 19 et 24 ans.

En outre, les scientifiques remarquent un changement significatif dans les symptômes décrits par les femmes: de dépressions se caractérisant principalement par de l'abattement, un manque de motivation ou encore une profonde tristesse, on passe à un trouble mental où prédominent le stress, l'anxiété et le surmenage. Selon Pearson, ces faits vont dans le sens de théories voyant dans l'augmentation de la dépression maternelle une «conséquence de l'accélération du rythme du monde moderne», où les femmes sont particulièrement sensibles (et vulnérables) à des injonctions de réussite, autant dans leur vie personnelle que professionnelle.

Avec l'augmentation de la main-d'œuvre féminine, détaille Pearson, la pression sur les jeunes femmes, incitées à «jongler entre famille et carrière» semble plus forte. La chercheuse pointe aussi du doigt «les réseaux sociaux et internet» facteurs d'une «surcharge informationnelle» et d'une concurrence sociale entre femmes accrue. Pearson liste enfin des facteurs peut-être plus familiers comme l'augmentation de la pression financière, avec notamment la hausse du prix des logements ou la dislocation du maillage familial et communautaire.

Par ailleurs, ce travail confirme tout un corpus démontrant la forte héritabilité de la dépression, vu que les filles de mères dépressives y ont plus de trois fois plus de risque que les autres d'être atteintes par ce trouble mental durant leur grossesse et après leur accouchement.

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