Politique

Je ne comprends rien à l'affaire Benalla

Temps de lecture : 3 min

[BLOG, You will never hate alone] Depuis que «l'affaire a débuté», je me perds en conjectures. Qui est vraiment Monsieur Benalla? Quel rôle jouait-il au sein de l'exécutif? Est-il tombé parce qu'il en savait trop? Est-ce lui qui a cassé la fameuse vaisselle à 500.000 euros? Début de réponse.

Tempête à l'Élysée. | Nicolas Nova via Flickr License by
Tempête à l'Élysée. | Nicolas Nova via Flickr License by

Je sais qu'il fait chaud, que je ne vis pas en France, que mon intellect décline, que tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise, mais j'ai beau lire et relire depuis quelques jours la prodigieuse somme d'articles consacrés à Monsieur Benalla et à ses récentes déconvenues, j'ai toujours autant de mal à comprendre pourquoi ladite affaire déclenche des passions aussi ardentes.

En même temps, je n'ai jamais compris pourquoi Guillaume Musso vendait autant de livres. Ou comment Olivier Giroud était devenu footballeur au lieu d'ouvrir un salon de coiffure. Mais bon, c'est ainsi.

Certes, se rêver un destin de policier alors qu'on est simple agent de sécurité et en profiter pour administrer quelques torgnoles bien senties à un couple de manifestants qui n'avaient rien demandé, constituent des agissements regrettables dont on peine à comprendre la cohérence mais franchement, on s'emmerde tellement le 1er mai que tabasser le premier venu pourrait être considéré comme un simple passe-temps destiné à tromper l'ennui.

Le 1er mai, c'est bien connu depuis la nuit de l'origine de la célébration, il y en a qui effeuillent les muguets et d'autres qui jouent au jokari avec la tête des manifestants. Chacun son truc.

La suite est à peine plus claire et comme elle ne me passionne guère, j'ignore encore à cette heure cruciale où se joue le destin de la France qui, du préfet ou du ministre ou de la standardiste du directeur de cabinet, a été le premier ou la première au courant, qui a sermonné avant l'autre, qui a averti qui, qui a repris de la purée, qui s'en est ému auprès du Château, qui a grimpé à toute vitesse les marches du palais pour prévenir son Éminence que le sieur Benalla avait eu un coup de sang, fracassante révélation qui aurait dû mener, en temps normal, à l'évincement de ce dernier voire à son éviscération en place publique, éviction qui, de toute évidence, n'a pas eu lieu et a occasionné le début de cette ténébreuse affaire dont nul ne sait, à l'heure où j'écris ces lignes, comment elle va bien pouvoir se terminer, intolérable attente qui plonge la planète entière dans un état de sidération jamais vu depuis l'assassinat de Kennedy.

Et encore.

Donc Macron était au courant et n'a rien entrepris. Erreur, terrible erreur! Savait-il seulement notre sémillant président qu'en tardant de la sorte à trancher, il allait d'un coup d'un seul porter un coup peut-être fatal à notre glorieuse République, abîmer le prestige d'une démocratie vieille de plusieurs siècles, plonger le pays dans une crise de régime si aiguë qu'il se murmure dans les travées de l'Assemblée nationale que quelques députés courageux ont pris le maquis, et certains à dos d'âne, d'autres en Falcon, au péril de leur vie, sont allés jusqu'à Chamalières implorer Valéry Giscard d'Estaing de sortir de sa retraite afin d'endosser le costume du sauveur de la nation?

Ce dernier étant parti à la chasse, on ne sait encore quelle sera sa réponse mais tout laisse à penser qu'il acceptera, tout à sa joie de revoir le Château et sa cheminée, au coin de laquelle, naguère, il nous souhaitait avec Anémone à ses pieds, une bonne année.

Évidemment cette lenteur à réagir –celle de Macron, hein– pose question et là, afin de trouver un début d'explication à ces tâtonnements successifs, on se perd en conjectures. Qui est vraiment Monsieur Benalla? A-t-il quelque chose à voir avec l'affaire Ben Barka? Détiendrait-il des clichés exclusifs où l'on verrait notre président réciter du Rimbaud à Donald Trump pendant que ce dernier jouerait de l'accordéon avec Brigitte tandis que Melania Trump tâcherait de convaincre Gérard Collomb des bienfaits de porter une perruque? Sait-il quelque chose que nous ignorons? Est-ce à lui que pensait le président quand il évoquait «le pognon de dingue» gaspillé dans les minimas sociaux, anticipant déjà les conséquences de son licenciement prochain et le coût exorbitant qu'il représenterait pour les finances publiques?

Ou bien alors, hypothèse dont je mesure d'avance le poids de scandale, se pourrait-il que Monsieur Benalla, décidément peu maître de ses nerfs, suite à une altercation avec le cuisinier de l’Élysée au sujet du temps de cuisson du poulet présidentiel, succomba à un tel accès de rage qu'il envoya valdinguer toute l'antique vaisselle du Château pour la modeste somme de 500.000 euros?

Questions cruciales qui demandent une réponse rapide de l'éxécutif.

Le temps presse.

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Laurent Sagalovitsch romancier

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