Médias / Monde

Sacha Baron Cohen a convaincu un élu américain de montrer ses fesses

Temps de lecture : 2 min

Déguisé en ancien agent du Mossad, Cohen filme une vidéo de contre-terrorisme avec un Républicain de Géorgie qui se prend au jeu.

Extrait de la vidéo de Sacha Baron Cohen | Capture d'écran via SHOWTIME sur YouTube
Extrait de la vidéo de Sacha Baron Cohen | Capture d'écran via SHOWTIME sur YouTube

Dans la nouvelle série de l'humoriste Sacha Baron Cohen «Who is America?», le personnage jusqu'ici le plus réussi est Erran Morad, un expert israélien en contre-terrorisme joué par Cohen lui-même. Lors du premier épisode, Morad avait réussi à convaincre plusieurs représentants républicains au Congrès de faire la promotion d'une initiative pour apprendre aux enfants à utiliser des armes à feu dès la maternelle.

Quant au deuxième épisode, il a déjà bouleversé la carrière de Jason Spencer, un élu républicain de l'assemblée locale de Géorgie qui a accepté de participer à la création d'une vidéo de formation antiterroriste avec Morad. Dans la vidéo, Spencer qui a été élu quatre fois au Congrès local de Géorgie, hurle le mot «nigger» (nègre) et montre ses fesses car Morad lui a dit que c'était une bonne façon d'intimider les terroristes.

Après la diffusion des images, le président de l'assemblée de Géorgie, David Ralston, a déclaré que Spencer devrait «démissionner immédiatement» et le gouverneur de l'État, Nathan Deal, s'est dit «attristé et dégoûté» par les actions et les paroles de Spencer.

Pour commencer la vidéo, Morad explique qu'il a une technique spéciale pour faire la différence entre un terroriste en burqa et une femme en burqa: utiliser un selfie stick pour prendre une photo sous l'abaya. Si c'est une femme, il y a des chances que ce ne soit pas un terroriste.

C'est alors que Morad explique à Spencer qu'afin de prendre la photo incognito, le mieux est de faire semblant d'être un touriste chinois un peu perdu. L'élu républicain se lance aussitôt dans une imitation très gênante d'un touriste chinois (en marmonnant «sushi», «Ho Chi Minh», «dragon» et «baguettes») et place discrètement son selfie stick sous la tunique de l'assistante de Cohen.

Le deuxième exercice consiste à tenter d'éviter d'être kidnappé par des terroristes en attirant l'attention envers soi en public. Morad recommande à Spencer de crier le «n-word», soit «nigger», un terme à la résonnance raciste particulièrement violente aux États-Unis. Spencer hurle donc ce mot et c'est cet extrait qui a mené aux appels à sa démission.

En 2017, lors du débat sur le retrait de certains monuments honorant les généraux et soldats confédérés, Spencer s'était illustré par des propos racistes: il avait dit à une ancienne élue démocrate noire critique des monuments qu'elle devrait faire attention car si elle continuait à critiquer, elle pourrait «disparaître dans les marais». Étant donné l'histoire terrible des lynchages dans le Sud des États-Unis, la référence était particulièrement choquante.

Pour la dernière partie de la vidéo, Erran Morad veut apprendre à Spencer à «intimider les terroristes», qui ont «peur d'être vus comme homosexuels». Pour cela, il explique qu'il faut toucher les terroristes avec ses fesses. À la demande de l'expert israélien, Spencer baisse son pantalon et une partie de son caleçon et fonce en arrière sur Morad en hurlant.

Après la diffusion de l'épisode, Spencer a refusé de démissionner. Il a perdu la primaire républicaine en mai 2018 mais son mandat se termine en novembre. Il s'est excusé et dit avoir «profondément regretté les propos tenus» pendant cet épisode «ridiculeusement affreux». Il a accusé Sacha Baron Cohen d'avoir profité de sa peur que sa famille soit attaquée.

Il a aussi dit que le «comportement trompeur et frauduleux» de l'équipe de Cohen était exactement le genre d'attitude qui avait contribué à faire élire Donald Trump.

Slate.fr

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