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Ce qui permet aux All Blacks d'être si forts

Temps de lecture : 2 min

Les femmes des Black Ferns ont remporté la coupe du monde de rugby à sept contre la France ce weekend, suivie de l'équipe masculine, les All Blacks Sevens face à l'Angleterre.

Les All Blacks célèbrent leur victoire, 22 juillet 2018, San Francisco, États-Unis  | Mark Ralston / AFP
Les All Blacks célèbrent leur victoire, 22 juillet 2018, San Francisco, États-Unis | Mark Ralston / AFP

Au rugby à VII comme au rugby à XV, les All Blacks dominent. Les Néo-Zélandais de l'équipe à sept viennent de remporter leur troisième titre de champions du monde –sur sept compétitions. À quinze, ils ont rafflé trois titres de champions sur huit tournois. Les All Blacks sont aussi les maîtres incontestés des World Rugby Sevens Series, compétition annuelle qu'ils ont gagnée douze fois sur dix-sept.

Depuis la coupe du monde de rugby (à XV) de 2011, la Nouvelle-Zélande remporte 89% de ses matchs. Vieille tache sur leur parcours sans fautes: l'échec face à la France en 2007. En remontant un peu plus loin, on trouve une défaite en demi-finale face à la France en 1999 et une face à l'Australie en 2003.

Se remettre, rapidement, des échecs

Des échecs largement corrigés depuis 2007. Sélectionné quatre-vingt-une fois pour les All Blacks, Jerome Kaino a expliqué à CNN pourquoi, selon lui, les choses ont évolué grâce à la victoire à domicile de 2011. Il décrit un jeu en constante évolution: «Je pense que le style de jeu –la marque du jeu des All Blacks– change d'année en année. C'est une chose que j'ai remarqué dans ce qui est attendu des autres joueurs. Et les coachs élèvent aussi leurs attentes

Il témoigne d'un jeu où chaque poste a de plus en plus de responsabilités: «Je me souviens du temps où les deuxième lignes n'avaient pas à travailler à leur accélération, leur jeu de jambes, à leurs compétences d'évasion ou à leurs passes». Il dépeint le même sentiment pour les autres postes. Au fil du temps, chaque joueur étend son domaine de compétences.

L'intelligence du rugby des All Blacks

Pour Kaino, plus que l'aura des joueurs et même plus que le haka, c'est l'intelligence du jeu et du coaching qui fait la différence. «C'est aussi lié à la manière dont nous sommes entraînés. Nos coachs vont toujours chercher à penser en dehors des sentiers battus, en essayant de trouver le point de différence dans la manière dont les joueurs pensent et réagissent et s’exécutent sous la pression

Chris Boyd, entraîneur d'une équipe néo-zélandaise, les Wellington Hurricanes, explique comment les coachs ennemis d'équipes locales peuvent s'unir pour la victoire: «On partage nos savoirs. On peut se battre comme des malades pendant la saison et se réunir quand il faut préparer l'équipe nationale».

Le mental

Les All Blacks sont aussi particulièrement doués pour revenir dans le jeu. Depuis 2004, sur 188 matchs, ils ont été menés quarante-deux fois en fin de première mi-temps mais sont revenus vingt-huit fois. En 2013, les All Blacks ont réussi l'exploit de remonter une différence de quinze points face à l'Irlande avant de remporter la victoire. Sur des matchs de quatre-vingts minutes, les All Blacks ont en moyenne été menés pendant douze minutes depuis 2012.

Selon l'ancien entraîneur de l'équipe Graham Henry, qui a ramené le titre en 2011, presque tout se joue au mental: «Tous les joueurs ont des repères individuels pour rester concentrer sur le terrain. S'ils se sentent dépassés, ils appuient sur leurs déclencheurs mentaux pour rester dans le présent. Ils s'entrainent tout le temps à cela».

Gilbert Enoka, «motivation-man» ou encore «l'entraîneur du mental» de l'équipe a un rôle très important. «Il essaie de connaître tout le monde et de comprendre comment chacun fonctionne, explique Kaino. Il discute avec chacun pour trouver le procédé qui permet de ne pas céder sous la pression et surtout de retrouver rapidement un état d'esprit positif.»

Tout cela, ajouté au haka et aux talents physiques à l'état brut, font des Néo-Zélandais de grands champions.

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