Économie

Ces chambres d'hôtel secrètes dont on ne vous parle pas

Temps de lecture : 2 min

Tout le monde n'est pas VIP.

J'suis dans mon jacuzzi, t'es dans ta jalousie  | Ishan via Unsplash CC License by
J'suis dans mon jacuzzi, t'es dans ta jalousie | Ishan via Unsplash CC License by

En Islande, le Retreat at Blue Lagoon fait parler de lui. Ouvert il y a trois mois, c'est déjà l'un des hôtels de luxe les plus prisés d'Europe. Dans un paysage sauvage à quelques pas de Reykjavik, la capitale, soixante-deux suites surplombent le lagon bleu, une piscine géothermique, et s'accompagnent toutes d'un service de spa et d'un accès au site naturel après les heures d'ouverture, évitant à la luxueuse clientèle les hordes de touristes aux heures de pointes. La vue de toutes les chambres, sur la roche volcanique, est à couper le souffle.

La plus grande des suites –195 m2, équipée d'une terrasse privée, d'une grande chambre avec dressing, d'un spa privé et d'une zone réservée du lagon– est gardée secrète, maintenue en exclusivité pour les plus VIP des VIP, capables de s'offrir une nuit à 9.000 euros. La luxueuse suite n'est pas mentionnée sur le site, il n'y en a ni photographies ni descriptions nous apprend Bloomberg.

Comme d'autres suites d'hôtels de luxe, il faut connaître son existence pour pouvoir en profiter –celle-ci ne se réserve que sur invitation. D'après le directeur marketing de l'hôtel interrogé par Bloomberg, elle a été conçue pour ceux et celles qui ne veulent pas être vues. Elle dispose de sa propre entrée et d'un petit héliport avec des connexions privées vers l'aéroport. «Personne n'a besoin de savoir que vous êtes là, explique-t-il. [La suite] n'est pas visible par les autres clients de l'hôtel et rien n'indique sa présence.»

Protection et discrétion

La discrétion ne serait pas la seule raison du secret. Pour Stephen Brandman, manager de l'entreprise d'hôtellerie de luxe Journal Hotels, toutes les clientèles ne sont pas les bienvenues: «Disons qu'une suite coûte 2.000 euros la nuit, on ne veut pas avoir dix personnes qui viennent ensemble et payent chacune 200 euros pour faire la fête. Pensez-y. Une bande de lycéens loue un penthouse pour leur bal de promo et tout à coup, il y a un vrai problème.»

Dans ces chambres, il y a souvent des objets fragiles qu'il faut protéger comme des œuvres d'art ou de grands pianos à queue. Les gérants des hôtels de luxe ne font pas confiance à tout le monde pour conserver ces biens intacts.

Ces suites de luxe portent souvent deux noms. Les unes sont appelées «les suites du propriétaire» et seul celui ou celle qui possède l'hôtel peut les rendre disponibles. Les autres «chambres partenaires» et elles sont réservées aux membres de clubs dont le prix de l'adhésion affiche six chiffres. Bloomberg donne l'exemple d'un établissement dans les Caraïbes où deux des plus belles suites ne peuvent être louées qu'avec une carte de membre d'Exclusive Resorts LLC, un club de vacances à 107.000€ les droits d'entrée.

Un certain modèle économique

Il pourrait paraître contre-productif de garder secrets les logements qui rapportent le plus, mais en général les managers d'hôtel préfèrent une clientèle régulière à un touriste lambda qui risque toujours d'annuler à la dernière minute.

De plus, certaines chambres sont libérées pour répondre à des envies subites de célébrités ou de très gros dépensiers. Au Cosmopolitan de Las Vegas, des penthouses ne sont pas disponibles à la réservation et non-référencés, ils sont réservés aux personnes prêtes à mettre en jeu un million de dollar au casino.

Parfois ce sont aussi les chambres les moins chères, d'une petite taille ou d'une forme étrange qui ne sont pas listées. Ce sont généralement d'anciennes chambres prévues pour le personnel d'une clientèle aristocratique d'un autre temps. À New-York, dans le Moxy Hotel, elles sont prévues pour la clientèle trop alcoolisée du bar sur les toits.

Slate.fr

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