Parents & enfants / Santé

Fille ou garçon? Les risques pour la santé de la mère et de l'enfant ne sont pas les mêmes

Temps de lecture : 2 min

Parce que le sexe du bébé joue sur le métabolisme maternel, il pourrait aussi affecter le type de complications susceptibles de survenir lors de la grossesse.

Le sexe du bébé n'est pas qu'une histoire de couleur de layette | nobid via Flickr CC License by

Chaque année, dans le monde, cinq millions de femmes et d'enfants meurent à cause de la pré-éclampsie et du retard de croissance (hypotrophie) fœtale, deux problèmes liés à des dysfonctionnements du placenta lors de la grossesse. Lorsqu'elles ne sont pas fatales, ces anomalies augmentent les risques de troubles cardiaques pour la mère. Pour l'enfant dans la suite de sa vie, ce sont les risques de diabète ou encore de troubles neurologiques qui grimpent en flèche.

Si l'on savait ces risques modulés par le sexe de l'enfant à naître –les filles «produisant» davantage de pré-éclampsie et les garçons d'hypotrophie, trouble par ailleurs le plus dangereux pour le fœtus et le nouveau-né–, les mécanismes intimes du phénomène étaient encore ambigus. Grâce à une étude prospective menée sur 4.212 femmes et publiée le 12 juillet dans la revue JCI Insight, les choses ont l'air de s'éclairer.

Profils génétiques des placentas

Les travaux de l'équipe de Gordon Smith, directeur du département de gynécologie et d'obstétrique de l'université de Cambridge, montrent en effet que les profils génétiques des placentas sont très différents selon le sexe du fœtus. Autre motif d'étonnement: à de très nombreux égards, cette modulation semble spécifique au placenta et ne pas ressembler aux différences génétiques liées au sexe chromosomique observables dans d'autres tissus du corps humain.

En l'espèce, les chercheurs ont découvert que l'un de ces gènes placentaires liés au sexe contrôlait un polyamine, la spermine. Cette petite molécule joue un rôle essentiel dans le métabolisme de tous les organismes eucaryotes et est même impliquée dans la croissance de certaines bactéries.

Dans les placentas féminins, les taux de l'enzyme produisant la spermine étaient beaucoup plus élevés. Dans leur sang, les mères enceintes de filles avaient aussi davantage de traces de spermine que celles attendant des garçons. En outre, les cellules placentaires mâles étaient plus sensibles aux effets toxiques d'un médicament bloquant la production de spermine –soit une preuve expérimentale des différences sexuées dans le métabolisme placentaire de la substance.

Enfin, les chercheurs ont constaté que la forme de spermine plus élevée chez les mères enceintes de filles permettait aussi de prédire le risque de complications lors de grossesse: des taux supérieurs étaient associés à un risque accru de pré-éclampsie, tandis que des niveaux plus faibles indiquaient un risque accru de mauvaise croissance fœtale.

«Ces différences modifient la composition du sang de la mère», explique Smith «et peuvent même modifier le risque de complications de la grossesse». Selon le scientifique, une meilleure compréhension de ces différences pourrait permettre de concevoir de nouveaux tests prédictifs et, au final, diminuer le nombre de grossesses à risque pour la mère et l'enfant.

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