Tech & internet / Économie

Acheter des articles sur Amazon fait-il de vous une mauvaise personne?

Temps de lecture : 3 min

Alors que l’Amazon Prime Day, jour de soldes le plus lucratif de l'année pour la firme, a débuté depuis quelques heures, des milliers de salariées et salariés de l'entreprise sont actuellement en grève.

Un colis Amazon Prime | Quote Catalog via Flickr CC License by
Un colis Amazon Prime | Quote Catalog via Flickr CC License by

Du lundi 16 juillet midi au mercredi 18 juillet 23h59, les internautes bénéficiant du programme Prime d'Amazon vont pouvoir profiter d’offres et de réductions sur de nombreux produits.

Au même moment, plusieurs milliers d'employées et employés de l'entreprise se sont rassemblés à travers les différents sites européens du groupe pour revendiquer de meilleures conditions de travail. En Espagne, les manifestations portaient notamment sur l’augmentation du temps de travail et l’abandon des bonus.

Un porte-parole de la firme américaine a fait savoir qu'«Amazon est un employeur juste et responsable», avant d'ajouter que la société fait preuve de «de conditions de travail favorables et d’un environnement soucieux et inclusif».

Entre une clientèle euphorique et un personnel révolté, le Prime Day a fait entrer cette discorde dans une dimension encore plus prenante.

Offres alléchantes

Amazon est synonyme de confort pour les acheteurs et acheteuses. Pour quarante-neuf euros par an, les membres du programme Prime ont accès à des offres avantageuses: livraison en un jour ouvré –voire le soir même– gratuite, espace de stockage de photos infini sur Prime Photo, nombreux titres musicaux en streaming sur Prime Music, etc.

La statégie était résumée en 2016 par le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, dans une lettre destinée aux actionnaires: «Nous voulons que Prime soit tellement avantageux que les consommateurs se disent qu’il est irresponsable de ne pas en être membre».

Amazon a investi des ressources considérables dans Prime, avec succès: alors qu’en 2014, environ 24% des ménages américains étaient abonnés, ce chiffre s'est envolé en 2018 à plus de 53%. Selon le groupe Cowen, les membres du programme représentent deux tiers de l’ensemble de la clientèle d'Amazon et effectuent environ 3,5 achats par mois, contre deux pour celles et ceux qui ne sont pas adhérents.

Mais même sans Prime, Amazon attire. L’entreprise aux stocks immenses est vue comme la caverne d’Ali Baba, tant la diversité et les quantités d’articles proposés sont folles. Les prix auxquels ces produits sont vendus défient toute concurrence, car Amazon profite d’économies d’échelles hors normes.

Dans une étude réalisée fin 2017 par Quartz auprès de 2.752 internautes de soixante-trois pays différents, 41% des personnes interrogées disaient vérifier le prix sur Amazon à chaque fois qu’elles effectuaient un achat sur un autre site.

Personnel maltraité

La machine Amazon a besoin de nombreuses ressources pour bien fonctionner, mais l’entreprise est sans cesse accusée de maltraiter son personnel.

En juin dernier, des salariées et salariés du Minnesota ont affirmé que le manque de climatisation sur les sites avait déclenché des cas de déshydratation, d’épuisement et de blessures. D’autres, aux États-Unis ou en Europe, ont déclaré à Business Insider être traités comme des robots et risquer d’être pénalisés s’ils communiquaient entre eux, prenaient un verre d’eau ou mettaient trop de temps à trouver un article.

En 2017, la société a annoncé que le salaire médian de ses collaborateurs et collaboratrices étaient de 28.446 dollars par an [soit 24.324 euros], un revenu inférieur au seuil de pauvreté pour une famille américaine de cinq personnes.

Selon Policy Matters Ohio, un institut de recherche américain, un ou une salariée d'Amazon sur dix recevait en août 2017 des food stamps [timbres alimentaires], synonyme de sa participation au programme d’aide supplémentaire à la nutrition.

Entre ces maigres salaires et la rémunération de Bezos, l’homme le plus riche de l’histoire moderne, le contraste est encore plus exarcerbé: le ratio entre les revenus du PDG et le salaire moyen de ses employés est de cinquante-neuf pour un –aux États-Unis, la moyenne de ce ratio est cependant de 354 pour un.

Aux revendications salariales, Amazon répond que ses employées et employés sont «régulièrement augmentés» et «bénéficient d’avantages globaux, telles qu’une assurance santé». Et aux critiques sur les conditions de travail, l'entreprise affirme simplement que ces allégations «ne constituent pas un reflet précis de la réalité».

Slate.fr

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