Santé / Sciences

L'obésité seule n'augmenterait pas le risque de mortalité

Temps de lecture : 2 min

Il est temps de repenser les liens qui nous semblent évidents entre excès de poids et santé.

Homme assis sur un banc | colros via Flickr CC License by
Homme assis sur un banc | colros via Flickr CC License by

Selon des chercheurs de l'université York, au Canada, les personnes obèses sans autre trouble métabolique associé n'ont pas un risque de mortalité plus élevé que les autres. Telle est la principale conclusion d'une étude publiée le 12 juillet dans la revue Clinical Obesity. Des dires de Jennifer Kuk, autrice principale, ce travail est susceptible de modifier les liens que nous pensons évidents entre obésité et santé.

Mené sur 54.089 personnes, distribuées dans cinq cohortes différentes, ce travail classait les patients et patientes selon leur profil métabolique –obésité seule ou associée avec d'autres facteurs de risque connus, comme l'hyperglycémie, l'hyperlipidémie ou l'hypertension. Dans chaque groupe, les chercheurs allaient examiner le taux de mortalité des individus obèses par rapport à ceux de poids normal et dénués de facteurs de risque métabolique. Il en ressort que les obèses seuls ne meurent pas davantage.

Selon Jennifer Kuk, si ces résultats contrastent avec l'état des connaissances actuelles, c'est parce que «la plupart des études ont défini l'obésité métabolique saine comme étant associée à un autre facteur de risque métabolique».

Pour la spécialiste en sciences de la santé, la chose «pose clairement problème, vu que l'hypertension seule augmente votre risque de mortalité. Sauf que la littérature antérieure estime que des patients souffrant d'obésité et d'hypertension sont “en bonne santé”. Ce qui explique probablement pourquoi la plupart des études concluent que l'obésité “saine” est toujours liée à un risque de mortalité plus élevé».

Mais contrairement à la dyslipidémie, l'hypertension ou le diabète, qui se suffisent à eux-mêmes en termes de risque élevé de mortalité, il semblerait que l'obésité ne fasse pas significativement mourir plus vite.

En attendant que les résultats de cette étude se confirment, Kuk estime que «des centaines de milliers de personnes en Amérique du Nord qui n'ont qu'une obésité saine sur le plan métabolique se voient conseiller une perte de poids, alors qu'on peut se demander si cela leur sera réellement profitable».

Slate.fr

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