Culture

L'imprimé léopard ne sera donc jamais démodé?

Temps de lecture : 2 min

L'obsession pour cet imprimé ne date pas d'hier.

Le 8 mars 1962, Jackie Kennedy aborde un manteau léopard  | Abbie Rowe via Wikimedia Commons CC License by
Le 8 mars 1962, Jackie Kennedy aborde un manteau léopard | Abbie Rowe via Wikimedia Commons CC License by

Dans les années 1950, la danseuse et chanteuse Eartha Kitt pose en complet léopard, alors même qu'un guépard tenu en laisse se tient à côté d'elle. Cette image a fasciné la photographe Jo Weldon au point de l'amener à rechercher les origines de l'imprimé dans un ouvrage intitulé Fierce: The History of Leopard Print (histoire de l'imprimé léopard).

Les motifs félins, de manière générale, sont des marqueurs de pouvoir, d’indépendance et de confiance depuis des siècles selon l'autrice. «Les léopards ont toujours été vus comme des animaux féroces et très résistants. Je pense que les gens sentent comme une connexion primitive avec eux», affirme-t-elle à CNN.

On retrouve des traces du motif dans l'histoire très ancienne au travers de peintures. Seshat, la déesse de la sagesse égyptienne est souvent représentée entouré d'une peau de léopard ou de guépard. Dans la mythologie chinoise, la divinité Xi Wangmu, connue comme la Reine Mère, arbore une dent de tigre et une queue de léopard.

Classe ou vulgaire?

Au fil du temps, la cote de l'imprimé a fluctué: on a pu le trouver classe, provoquant, de mauvais goût et même dangereux. Il a beaucoup été porté par des célébrités et parfois associé aux vêtements de mauvaise qualité. Dans la pop culture, l'imprimé est devenu celui des femmes méchantes, superficielles et instables. Weldon en parle dans ses chapitres titrés «La femme trophée», «La mauvaise mère», «La femme fatale».

Pourtant, l'imprimé s'est souvent retrouvé sur les podiums des défilés de mode. Christian Dior aurait été le premier à l'utiliser à la place de la fourrure en 1947. De nombreuses icônes de la mode comme Joséphine Baker et Elizabeth Taylor l'ont abordé fièrement.

Elizabeth Taylor en maillot de bain imprimé léopard, 1954 | via Wikimedia

Dans les années 1960, c'est Jackie Kennedy qui popularise le léopard –mais en vraie fourrure. Dans les années 1970, des stars comme David Bowie s'empare de l'imprimé. Pour Weldon, «c'était un moyen de jouer avec le look androgyne, c'était une manière d'être rebelle». Dans les années 1980, le léopard est punk mais aussi populaire quand il est abordé par Madonna.

Les magazines de mode clament le retour de l'imprimé tacheté à toutes les saisons. De nombreuses marques réinventent des modèles tous les ans. «L'imprimé léopard a oscillé dans tant de directions différentes car il est très ouvert aux interprétations, rapporte Weldon. On peut le voir comme un basique qui s'accorde très bien avec d'autres couleurs comme il peut se porter seul

Ces dernières semaines, cette jupe est devenue très populaire sur les réseaux sociaux comme Instagram. La marque Réalisation Par a eu beau réapprovisionner ses stocks, la jupe est déjà indisponible. Et toutes les marques, des plus luxueuses aux mainstream comme Zara, ont quelques pièces comportant les précieuses taches.

«Notre appréciation vient aussi de notre relation avec l'animal lui-même: on l'admire autant qu'il nous effraie, on le trouve irrésistible même si l'on sait qu'il est dangereux. Les félins évoquent souvent les activités nocturnes et l'allégresse. Tout cela va avec l'imprimé et par association, avec les femmes qui le portent», témoigne Weldon.

Cette dichotomie explique sûrement pourquoi l'imprimé marque autant les esprits que l'imagination. «Dans toutes ses formes, sophistiqué, luxueux, rebelle et sexy, l'imprimé léopard est une déclaration. Elle ne peut être ignorée, même si on l'aime ou le déteste. C'est pourquoi il est toujours important dans la culture», conclut l'autrice.

Slate.fr

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