Sports

La signification de ce geste que font (presque) tous les footballeurs

Temps de lecture : 2 min

Sauf les Français dimanche soir.

Le colombien Carlos Bacca manque son penalty contre l'Angleterre le 3 juillet 2018 à Moscou en Russie | Yuri Cortez / AFP
Le colombien Carlos Bacca manque son penalty contre l'Angleterre le 3 juillet 2018 à Moscou en Russie | Yuri Cortez / AFP

On l'a vu et revu pendant la Coupe du monde. Un joueur rate un but et ses mains rejoignent immédiatement le sommet de son crâne. C'est presque comme si ce geste était un langage universel pour dire «comment j'ai bien pu rater cela?».

Le New-York Times lui a même trouvé un nom: «la posture du désespoir». On a vu Leo Messi s'y abandonner tout comme Cristiano Ronaldo et tant d'autres. Plus une équipe avançait vers les phases finales de ce Mondial, plus cette posture était adoptée à chaque opportunité manquée.

Rien à voir avec le foot, tout à voir avec la psychologie humaine. Selon Jessica Tracy, professeure de psychologie à l'université de Colombia, cela montre que les joueurs «savent qu'ils ont raté», mais cela permet également de le signifier aux autres, une sorte de «j'ai compris et je suis désolé, mais s'il-vous-plaît, ne m'éjectez pas et ne me tuez pas», clarifie la psychologue.

L'un des moments les plus vus de la Coupe du monde 2010 fut certainement le tir manqué du Nigérian Yakubu Aiyegbeni devant des buts vides et ce, à seulement quelques mètres. Tous ses coéquipiers et coachs s'étaient alors fendu du même geste.

Une auto-étreinte

En 1981, le zoologiste Desmond Morris inscrivait cette pose dans son catalogue des réactions des joueurs aux défaites (The Soccer Tribe). Pour lui, c'est un geste de réconfort qu'il décrit comme «une forme d'auto-contact, un outil répandu utilisé quand les personnes ont besoin de sentir une étreinte rassurante mais qu'ils n'ont personne de disponible sur le moment», quelque chose que l'on observe chez d'autres primates selon le chercheur.

En 2008, Jessica Tracy et David Matsumoto ont publié une étude sur les gestes spontanés synonymes de fierté ou de honte auprès d'athlètes voyants et aveugles des Jeux olympiques. Ils ont établi que les attitudes de joie et fierté, comme celles de honte, sont innées et universelles.

«Si vous avez la tête dans les mains: c'est de la honte, commente Jessica Tracy. Le corps se resserre, dans la façon dont le joueur place ses mains autour de son visage, il cherche presque à se faire plus petit. Ce sont des éléments très basiques de démonstration de la honte.» Sentiment qui accompagne souvent un raté évitable.

On observe la même réaction quand un gardien fait un arrêt spectaculaire. L'équipe adverse, pourtant sûre de marquer, joint ses mains sur la tête. Dacher Keltner, un professeur de psychologie de l'université de Californie, Berkeley, décrit ce moment comme un choc : «Quand les gens sont vraiment étonnés, leur mains vont monter sur leurs têtes comme pour se protéger». Un geste décrit comme naturel et commun: «C'est la plus vieille des attitudes que de protéger sa tête d'un choc».

C'est une réaction de protection face à la douleur, qu'elle soit physique ou psychologique. Le «posture du désespoir» peut aussi s'accompagner d'autres gestes comme le fait de couvrir son visage de ses mains ou bien de son maillot, des comportements tout aussi révélateurs d'un sentiment de honte. Les footballeurs peuvent aussi regarder en l'air d'une manière de dire que leur manquement est dû à la fatalité et non à leur propre erreur.

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