Santé

Les «comportements sexuels compulsifs» sont désormais reconnus comme des maladies mentales par l'OMS

Temps de lecture : 2 min

Mais l'addiction sexuelle n'est, elle, toujours pas reconnue en tant que telle.

«Avez-vous eu votre dose de sexe aujourd'hui?» | spablab via Flickr CC License by

Le 18 juin dernier , l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié sa dernière révision de la Classification internationale des maladies. Un nouveau trouble est apparu dans la longue liste: celui des «comportements sexuels compulsifs», rapporte The Inquirer. Ces derniers sont donc désormais considérés comme un «désordre mental», ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent.

Selon la définition de l'OMS, ces troubles sont «caractérisés par une perte de contrôle intense à résister à des impulsions ou à des besoins sexuels répétitifs, générant du stress et des déficiences» chez l'individu concerné. USA Today précise que dans ces cas, le sexe devient une «obsession, au point que la personne néglige sa santé et tout autre centre d'intérêt, activité, responsabilité». Le nombre de personnes atteintes par ce désordre mental reste difficile à évaluer, signale The Inquirer.

Si elle marque un pas dans la reconnaissance de tels troubles, cette classification ne va toutefois pas jusqu'à reconnaître le sexe comme une potentielle addiction. Des recherches demeurent nécessaires pour décider si cela peut être le cas, au même titre que l'alccolisme, ou, depuis cette nouvelle classification, que les jeux vidéos. «Peut-être qu'un jour, on dira, oui, c'est une addiction, mais nous n'en sommes pas encore à ce point», confie l'un des experts de l'OMS, Geoffrey Reed, à l'AFP.

Classifier pour mieux soigner?

Quoi qu'il en soit, l'apparition de ces «comportements sexuels compulsifs» dans la classification est «rassurante», selon Reed, puisqu'elle permettra aux personnes qui en souffrent de se faire aider, de sentir plus légitimes à demander un traitement. Spécialiste de l'addiction, Robert Weiss espère de son côté que «les compagnies d'assurance seront désormais prêtes à payer des traitements plus directement, mais ce n'est pas gagné.»

Dans The Inquirer, Reed rappelle toutefois que ces comportements «n'excusent pas les abus sexuels ou le viol, pas plus qu'être alcoolique n'excuse le fait de conduire une voiture en étant ivre. On est toujours maître de ses actes», ajoute-t-il.

La nouvelle classification de l'OMS doit encore être approuvée par les pays membres de l'Assemblée de l'ONU en mai prochain. Si elle est adoptée, elle entrera en vigueur le 1er janvier 2022.

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