Égalités / Sports

Au Zanzibar, les (rares) équipes de foot féminines s'imposent difficilement

Temps de lecture : 2 min

Sur l'île, il est très mal vu de jouer au football quand on est une femme.

Des ballons de football | Maret Hosemann via Flickr CC License by
Des ballons de football | Maret Hosemann via Flickr CC License by

Alors que l'équipe de France doit fournir un dernier effort ce dimanche, le New York Times a fait un tour au Zanzibar, où une poignée de femmes jouent au football, et ce en dépit de la pression sociale.

Selon Hassan Tawakal, membre du Conseil des Sports de l'archipel, «le foot est un sport d'hommes». «Certaines équipes ne donnent pas de bons modèles aux femmes, poursuit-il, la plupart des entraîneurs disent que les joueuses ne sont pas disciplinées.»

Pourtant, comme dans beaucoup de pays du monde, le football est extrêmement populaire en Tanzanie et au Zanzibar. Mais il est réservé aux hommes. Cette interdiction tacite n'empêche cependant pas certaines femmes de toucher au ballon rond. Elles commencent la plupart du temps dans la rue, décrit le New York Times, mais au fil des années, six équipes se sont créées sur l'île, et forment une petite ligue.

Elles sont toutefois «loin d'avoir le soutien du Gouvernement». Quant aux joueuses, elles doivent bien souvent affronter les critiques de leur famille et de leurs proches, quand ceux-ci ne les accusent pas d'être homosexuelles. C'est effectivement une forte croyance au Zanzibar: une femme qui joue au foot est forcément gay. Une insinuation qui, «au-delà de la rumeur, peut être grave» dans ce pays, relève le New York Times.

La Tanzanie compte en effet parmi les 38 pays africains -sur 54- où l'homosexualité est illégale. La section 153 du Code pénal du Zanzibar interdit même explicitement le lesbianisme -ce que ne fait pas la législation tanzanienne- et prévoit cinq ans de prison ainsi qu'une amende en cas de relations homosexuelles entre femmes.

Les rumeurs qui pèsent sur les footballeuses peuvent donc avoir de graves conséquences. De peur de voir leurs équipes supprimées, les dirigeants des équipes veillent même à faire taire ces ragots, raconte le New York Times; c'est ainsi que l'entraîneuse d'une équipe a préféré renvoyer l'un de ces joueuses, qu'elle pensait gay...

Malgré ces clichés, sur leur île, les joueuses du Zanzibar gardent espoir qu'un jour, le Gouvernement leur accordera «la même reconnaissance et le même soutien qu'à l'équipe masculine».

Slate.fr

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