Sports

L'équipe de France ne représente qu'elle-même, et c'est déjà beaucoup

Temps de lecture : 13 min

La tentation est grande de faire des Bleus les hérauts de quelque valeur. Ce serait une erreur.

Les joueurs de l'équipe de France célèbrent leur victoire contre la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde, le 10 juillet 2018 au stade de Saint-Pétersbourg. | Adrian Dennis / AFP
Les joueurs de l'équipe de France célèbrent leur victoire contre la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde, le 10 juillet 2018 au stade de Saint-Pétersbourg. | Adrian Dennis / AFP

«Eh bien, vrai, ça me fait plaisir; c'est pas pour dire, mais je suis content, je suis bien content.»

Il me revient à une poignée d’heures de l’extase ce contentement d’un paysan normand, croqué par Maupassant dans son Histoire d’une fille de ferme, découvrant que son épouse avait eu un enfant avant de le connaître et décidant qu’il allait, avec elle, élever le petit.

«Eh bien, vrai, ça me fait plaisir; c'est pas pour dire, mais je suis content, je suis bien content», disait le vieux de cet «éfant» d’un autre qu’il allait pourtant faire sien, et ainsi nous autres Français et Françaises nous préparons à recevoir une Coupe du monde, qui n’est pas de nous et qui ne nous doit rien, mais que nous ferons nôtre.

Péché mignon

La Coupe du monde de Deschamps et de Lloris sera la Coupe du monde de la France, et plut à Dieu que nous nous contentions d’être contents, bien contents et rien d’autre, plut à la décence que nous n’allions pas croire que nous y sommes pour quelque chose.

Le moment va revenir où nous parlerons de la France à propos de football, comme si le jeu devait éclairer notre destin hésitant. J’attends la mélopée de l’optimisme retrouvé, de la concorde au ballon, de la jeunesse radieuse et des vertus d’un peuple éternel et sans cesse renouvelé. J’entends déjà l’hymne au métissage fécond, et en contrepoint les imbéciles qui ne sauront admettre en dépit d’une évidence que le noir Kanté va au teint de Marianne aussi bien que l’albâtre Pavard.

Benjamin Pavard et N'Golo Kanté à l'entraînement, au stade de Saint-Pétersbourg (Russie), le 9 juillet 2018 | Giuseppe Cacace/ AFP

J’attends la macronisation du triomphe, puisque tel Chirac en son temps, le Président est supporter, mais lui s’y connaît en culture de la gagne et avait exigé ce succès que Chirac se contentait de prophétiser. J’espère l’hymne au pays, l’émotion de nos drapeaux déployés et les odes à ce bleu-blanc-rouge que le peuple revendique à la révélation d’une deuxième étoile.

Je contemple tout cela par avance et d’une âme attendrie. C’est notre péché mignon d’en penser quelque chose, comment y échapper? Nous sommes, France, en tel besoin de nous-mêmes. Il faudrait pourtant s’interdire de penser ce qui nous échappe.

Forces rares

Il n’est rien de plus mystérieux qu’une équipe de football, sinon le cœur d’un enfant qui mûrit son monde. Et comme le cœur d’un enfant échappe à la raison de ses pères, les magies d’une équipe sont indemnes de nos anthropologies, de nos manques et de nos aspirations, de nos idéologies et de nos bavardages d’identité.

Il se noue, quand tout va bien, entre les individus d’exception qui forment une sélection de football, mille alchimies de talent et de technique, d’automatismes et de surprises, d’estimes et d’affections et de jalousies transcendées. Il se noue des envies d’être ensemble et de se trouver, des spirales de chance ensuite et de révolte contre les mauvais sorts. Il se noue l’idée que l'on saura toujours se trouver et que chacun prendra sa part; il se noue des rires.

Il se fabrique, si l’ancien qui a rassemblé ces jeunesses sait pourquoi il a modelé ce groupe, des forces rares qui dans vingt ans se reconnaîtront encore, comme Platini devenu adulte tapait encore le carton avec Giresse ou Fernandez dans les vestiaires de leurs matchs de vétérans, comme Thierry Henry –fut-il belge une compétition– embrassera encore Deschamps au coin d’une pelouse.

Didier Deschamps et Thierry Henry avant la demi-finale opposant la France à la Belgique, le 10 juillet 2018 au stade de Saint-Pétersbourg (Russie) | Christophe Simon / AFP

Quand je serai plus que vieillard, un Mbappé grisonnant aura l’œil qui frise devant un Grizou perclus de rhumatismes ou gros, qui sait?

Il se noue entre eux, ces êtres rares qui sont une équipe de football, une invention artistique qui touche au sublime ou au rugueux, qui se défait d’un geste ou d’une course avortée, ou qui au contraire cristallise tel l’amour stendhalien, de touches en passes, et en dribbles, et en contres, et en douleur –et l’œuvre est là, enfin.

Au-delà du reste des hommes

Ce mystère a ses lois et son histoire. Le football n’est pas un hasard. Il sait d’où il vient et les débats qui le traversent. Il sait le dilemme entre la sureté des défenses et le panache des débordements. Il sait qu’il faut injustement brider un talent pour que d’autres s’épanouissent. Il sait Darwin et Schumpeter dans ses vestiaires.

Le football a ses cruautés, et que sorte Pasarella pour que seul Maradona conduise l’Argentine, que s’efface Cantona pour que Zidane advienne, que passent Ribéry et Benzema pour que la paix revienne en bleu, que Netzer soit sacrifié pour que l’Allemagne soit de la trempe du Bayern de Beckenbauer.

Le football a ses poètes. Il eut son oiseau boîteux qui s’appelait Garrincha, il eut son ascète qui était Cruijff, il eut ses brutes, il eut ses enfants, il eut ses aigles. Il eut avant Lloris Yachine, Banks, Barthez et Buffon, il eut avant Mbappé Eusébio et Pelé. Le football n’attend pas qu’un politique le réveille, le tance ou l’enrégimente. Il connaît cela par cœur.

Le fasciste Mussolini croyait que Meazza l'attaquant était à lui. Le dictateur Videla n’était rien pour les Argentins Kempes et Menotti, sinon une circonstance ganache et sanglante que leur ballon ne sauverait pas de la ruine. Macron peut faire croire que sa passion rencontre celle des joueurs, ses partisans lui en sauront gré, cela n’aura en réalité aucune importance: le football échappe à ces chatteries de communicants. Je ne crois pas un instant que Macron l’ignore, s’il aime le sport –et il semble l’aimer.

Le football a ses idées. Elles s’affrontent dans la dialectique des milieux récupérateurs et des ailiers de débordement, des dribbles ou des passes dans le mouchoir, où resplendit le tiki-taka ibérique, des frappes de mules qu’inventaient –j’étais enfant– un Haan ou un Bonhof. Il débat, le football, des vertus et des désavantages du muscle ou de la vitesse, des petits gabarits ou des géants telluriques.

Le football a ses chefs; ils suffisent à son bonheur. Ils prennent, à leur échelle, ces décisions terribles que les politiques, dans les États, n’osent guère. Ils coupent, chassent, sélectionnent, choisissent; ils aiment aussi, et prennent aussi bien les risques de l’humanisme que ceux de la rigueur.

Il faut oser, tel Bilardo, faire de la sélection argentine une machine sans poésie, mais cette machine grisâtre était l’écrin de Maradona. Il faut oser, tel Hidalgo, remettre les clés du onze de France à quatre milieux créateurs en pleine incertitude de la Coupe du monde 1982, parce qu’il fallait cette liberté et ce risque pour renaître. Il faut savoir, Deschamps –joueur puis entraîneur– le sait si bien, avoir le jeu de ses qualités et de ses limites, et en faire un bonheur.

Le football a ses vies et ses drames. Ceux-là se passent des narrations communes. Qui se souvient du désarroi qui envahissait Dugarry en 1998, assigné à son illégitimité pour deux gestes ratés et libéré par un but, pas seulement dans un match, mais pour le reste de sa carrière? Qui aura remarqué que Samuel Umtiti, avant d’être héros contre la Belgique, avait enchaîné trois cagades, dont une ouverture de Griezmann, juste avant la mi-temps, qu’il n’avait simplement pas vue? A-t-il douté –j’en doute? A-t-il eu peur, a-t-il réagi, est-il simplement cet être supérieur qui a sauté devant Fellaini dans un combat aérien?

Samuel Umtiti inscrit le but français contre la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde, le 10 juillet 2018 au stade de Saint-Pétersbourg (Russie)/ | Gabriel Bouys / AFP

Notez cela. Ces gestes qui lavent et sauvent sont les gestes d’un homme, un homme à la fois, pour tous les autres. Umtiti est unique comme Dugarry, entre la bourde et l’exploit. Unique comme chaque footballeur est unique, mais ce sont ces unicités qui inventent le collectif.

Notez cela. L’unicité d’un footballeur est cette équation d’intelligence et de vista, de réflexe, de calcul, d’explosivité et de résistance, de divination et de sureté de soi. L'unicité d’un footballeur est une quintessence de l’espèce humaine. Quelques milliers d’entre nous, sportifs, sont au-delà du reste des hommes. Il est d’autres élites; celle-là est infiniment rare, et d’autant plus rare que l’on s’obstine à la traduire dans une langue qui n’est pas la sienne.

Un art, et son langage

Il faudrait ne parler du football qu’avec les mots et les secrets de ce jeu, ou en tous cas admettre que toute le reste n’est qu’approximation. À revoir le vieux Les yeux dans les bleus de 1998, on retient d’abord ces petits mots qu’échangent les joueurs français sur leurs adversaires ou les gestes qui sauveront dans le match.

Ce qui est la trame du film –le charisme d’Aimé Jacquet, l’histoire politique d’un homme du peuple montré en leader– est finalement moins intéressant. Jacquet vilipendé par L’Équipe, cette pantomime d’une élite journalistique qui aurait méprisé un homme du peuple finalement vengé, est un conte pour enfants néo-républicains.

L’Équipe ne parlait que de football, avec une verve de tribune déçue par un jeu trop pauvre; Jacquet ne défendait que le football, avec la science d’un vieux maître qui saurait parvenir à ses fins. Il y eut, entre la presse et le sélectionneur, une incompréhension d’ordre footballistique: elle était d’autant plus impardonnable.

Mais vingt ans après, Deschamps, alors capitaine, faisant miroiter au si jeune Titi Henry l’excellence des ouvertures de Zidane ou Djorkaeff, est un plaisir rare. Ainsi, entre eux, se préparaient-ils. Ainsi, aujourd’hui encore, discutent-ils. Qui en doute?

Il faudrait, à propos de football, ne parler que de cet art, et avec ces mots. Pense-t-on, devant un théorème résolu, à politiser l’art mathématique? Veut-on, devant La Ronde de nuit, faire de la sociologie sur les compagnies de bourgeois d’Amsterdam qui jouaient aux militaires et se faisaient tirer le portrait? Ou a-t-on envie de couleur, de grâce et de mouvement?

Il faudrait, sur ce qui nous vient, une Coupe du monde, n’en parler qu’avec leurs mots, ou alors parler de notre joie. Il faudrait, s’il faut deviner ce qui vient, comprendre le pourquoi de l’alchimie, et aller au plus secret et au plus vrai d’un groupe. Il faudrait les regarder comme une élite heureuse, tellement heureuse, deviner ce que ces presqu’enfants possèdent qui les font plus hommes que nous, et ne pas s’attarder sur ce qui n’a aucune importance: le reste, un pays, une politique, les ratiocinations et les réductions à l’inintéressant et aux apparences de ces joueurs –leur époque, ses maux, ses fractures, leurs ethnies, leurs couleurs, ce qu’elles réparent, ce qu’on voudrait leur faire composer.

Racisme en action

Nous l’avons fait pourtant. C’était impie. Nous le referons, avec les meilleurs intentions du monde parfois, et ferons de Umtiti un noir qui devrait, parce que noir, nous prouver quelque chose du pays.

Nous l’avons fait. Nous avons fait de 1998 la preuve de nos intégrations, puisque le Basque, l’Ariégeois et le Breton y côtoyaient si bien le dieu kabyle et le Kanak de devoir, puisque l’antillais de Fontainebleau était perplexe en marquant un but et l’enfant de Bédarieux animait le vestiaire d’un vieux tube sur la survie.

Je me souviens encore d’avoir lu, sous la plume d’un gentil fat chevènementiste, que la victoire française contre le Brésil était celle d’une République contre un Empire, que la laïcité métisse n’avait pas éclairé. Tout ce qui avait fait l’incroyable et pourtant l’inéluctable d’un triomphe, la science de Jacquet, le crâne de Zidane et la folie d’un Bathez survolant Ronaldo, tout ce qui avait été la vérité du jeu, était il y a vingt ans absorbé par un salmigondis souhaitable, puisqu’il s’agissait de nous dire «black-blanc-beurs» et donc guéris.

C’était, sans le savoir, du racisme en action. Nos joueurs, dans ce qu’ils accomplissaient, n’avaient d’autre identité que leur jeu. Ils pouvaient être, étaient individus et citoyens, tissés de blessures intimes et d’aspirations universelles.

Les enfants de Lilian Thuram s’appellent Marcus comme Garvey et Kephren comme un pharaon, mais le joueur Thuram n’émanait pas du black power ou des pyramides africaines. Il deviendrait, il est, homme mûr, militant; il était, il fut, surhomme, parce que joueur –et les autres à leur rythme, sinon à l’unisson.

Ils étaient footballeurs, et cette identité est une valeur en soi. Elle ne surpasse pas la marche du monde, mais elle peut s’en abstraire –ainsi l’art ou le génie. Admettre cela, c’est s’interdire de mal nommer une victoire, ou de méjuger une défaite.

La France ne gagna pas en 1998 parce qu’idéalement métissée, pas plus qu’elle ne se ridiculisa en 2010 parce que polluée de racailles, comme glosèrent ensuite quelques opportunistes de l’identité blessée. Un groupe se délitait en 2010, que son entraîneur ne savait plus mener; un groupe cristallisait en 1998, et un autre en 2006, et un autre cette année, parce qu’il est des rencontres et des moments, parce qu’il est des forces, des gentillesses, des destins, parce que Deschamps est un grand serviteur du football et Domenech aurait dû comprendre, après le coup de boule de Zidane, que le bonheur se méfiait de lui.

Ce n’était que du football, et la tragédie des hommes. Anelka ne fut pas maudit qu’en Afrique du Sud. Lloris était aussi à Knysna. Cela ne dit rien de nous. Nous avons pris le pli de projeter sur le football ce qui nous tord l’âme dans le pays, et d’en conclure à nos malheurs ou à nos rémissions. Nous avons accepté que Chirac prétende être politique vêtu d’un maillot qui n’était pas le sien, que Sarkozy prétende gérer la crise du Mondial 2010 comme une affaire de l’État, que Macron repousse un plan pauvreté pour inviter JPP, idole d’enfance, en Russie. Grand bien leur fasse. Nous ne sommes pas forcé d’y croire.

Nous avons accepté de soupeser nos équipes aux origines de nos joueurs, de compter les arabes ou trier les noirs et les blancs. Croit-on que ces jeunes gens, entre eux, s’y arrêtent au-delà de l’anecdote ou d’une plaisanterie? Nous avons accepté de débattre des repas halal que, disait-on, on servait sous Domenech aux joueurs musulmans, et que, dit-on, Laurent Blanc supprima; plus personne ne parle des menus de l’ère Deschamps, qui ne parle, qui ne reconnaît, qui ne ne sait que le football. Si nous devons guérir, c’est de cela. Du racisme, aussi bien que du racisme de bonne compagnie.

C’était pour une bonne cause, dans les années 1980, qu’on me rappela, jeune homme, que Kopa avait été polonais, que Platini était italien et Luis espagnol. Et cela devait me dire quelque chose, un antidote au racisme?

Kopa était un génie et un homme brave, qui mena des luttes syndicales dans le football de son temps. Platini, un artiste et un patron; Zidane, un mage, avant d’être kabyle ou de Marseille. Ces trois-là, mage, artiste et génie, furent de Reims, de Nancy et de Saint-Étienne, de Cannes et d’Angers, de Bordeaux, du Real Madrid et de la Juventus de Turin, du football dans ce qu’il a de plus ancré dans notre Hexagone et de plus cosmopolite en Europe. Ce sont des destins. C’est à l’étranger que nos footballeurs français s’étalonnent. Ils ne sont plus de nos mesquineries, quand bien même ressemblent-ils au peuple de nos rues.

La joie seule

Le football ressemble à la société qui le porte, dans l’apparence de ses héros. Il naît du peuple et donc le reflète. C’est une banalité dont on ne sortira rien. Un joueur français ressemble à un français, et il est, de Français, beaucoup de têtes. Notre pays a plein de visages, nous ne sommes pas les seuls.

L’obsédé Eric Zemmour, il y a quatre ans, quand l’Allemagne métissée à son tour s’apprêtait à gagner le Mondial, nostalgisait sur les Mannschaft blanches de son enfance. L’imbécile disait «des dolichocéphales blonds» à propos de Müller et Breitner, ce maoïste brun, équipes blanches qui seules pouvaient, évidemment, l’emporter.

Nous ne sommes pas forcés d’être bêtes comme Zemmour, à sa suite ou contre lui. L’Allemage colorée ne vaut ni plus ni moins que l’Allemagne blanche. Elle est l’Allemagne (nous parlons football), l’assemblage des seuls Übermenschen qui valent, ceux du crampon, de la technique et de l’enthousiasme, et les Übermenschen en short ne se reconnaissent qu’au maillot. L’apparence et les origines ne disent rien du football, car le football n’est fait que de surhommes, qui daignent s’assembler pour essayer le sublime.

Pourquoi leur faire dire autre chose? Ils peuvent –cela arrive– porter plus que leurs matchs. Dans le Brésil de la dictature militaire, les Corinthians de São Paulo étaient une équipe autogestionnaire, co-dirigée par ses joueurs en défi à l’ordre galonné. Saluons. Aimons. Pensons à Sócrates qui en était l’âme. Mais cette aventure est rare, les Corinthians redevinrent une simple équipe, et Sócrates les quitta pour l’Europe: il était footballeur. Le jeu vaut pour lui-même; il n’est pas négligeable, ou bien oublions les artistes. Il nous rendra meilleurs, comme un lied de Mozart, mais ne saura jamais réparer un pays.

Championne du Monde, la France de Mbappé n’accueillera pas plus de migrants, pas moins non plus. Les footballeurs n’ont d’autre message à nous donner, maintenant, que la beauté qu’ils fabriquent, le succès qu’ils nous tendent. Nous pouvons, c’est notre liberté, chercher autre chose.

Nous irons, évidemment, piocher leurs biographies. Nous irons connaître le courage de ces enfants, qui tel Pavard quittent le foyer pour chercher si jeune l’aventure du ballon. Nous irons retrouver des forces aussi vieilles que l’humanité, elles sont la filiation et le souvenir.

Je me souviens que Zidane portait des favoris comme son père, et j’ai découvert dans la force de Lloris la présence de sa maman décédée, et dans une interview que son père donnait à l’Équipe il y a peu, l’envie de dire sa femme, puisqu’il était le seul désormais à savoir d’où venait Hugo.

Nous savons ces hommes semblables à nous et pouvons les aimer pour cela, avant même de les aimer pour ce qu’ils ont de meilleur que nous et pour la joie qu’ils nous donnent. Cette joie seule, vue d’ici, de l’extérieur du stade, est vraie. Elle ne règlera rien du malheur du monde. Mais la voici. Je n’y suis pour rien et j’en prends la grâce, si l’enfant n’est pas de moi. Eh bien, vrai, ça me fait plaisir; c'est pas pour dire, mais je suis content, je suis bien content.

Claude Askolovitch Journaliste

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