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Aux États-Unis, des enfants de familles migrantes ne reconnaissent plus leurs parents

Temps de lecture : 2 min

Les différents rebondissements de la politique migratoire de Donald Trump ont de lourdes conséquences sur les familles immigrées.

Un homme tient la main de sa fille après avoir été séparé d'elle et de sa femme, dans une base américaine de Guatemala City, le 10 juillet 2018. | Orlando Estrada / AFP
Un homme tient la main de sa fille après avoir été séparé d'elle et de sa femme, dans une base américaine de Guatemala City, le 10 juillet 2018. | Orlando Estrada / AFP

À Phoenix, plusieurs mères ont dû attendre des mois entiers pour pouvoir retrouver leur enfant. Alors que les familles venaient à peine d’être réunies, leur bonheur fut de courte durée: «Il ne m’a pas reconnu», affirme Mirce Alba Lopez en parlant de son fils Ederson, âgé de 3 ans. Même cas de figure pour Milka Pablo et sa fille Darly, qui n’a cessé de pleurer et de réclamer l'assistante sociale qui s’occupait d’elle dans l’asile où elle vivait depuis la séparation d'avec sa mère.

Cette situation est d’autant plus complexe que les autorités fédérales américaines font face aux différents choix de la justice concernant la restriction de détention des immigrés centraméricains. Elles sont tiraillées entre les décisions visant à relâcher les enfants après vingt jours de détention et le décret de Trump interdisant la séparation enfants-parents.

Afin de pallier cette difficulté, Matthew Albence, directeur adjoint du service d’immigration et de contrôle des douanes des États-Unis, a déclaré mardi dernier: «Les parents accompagnés d’un enfant âgé de moins de 5 ans seront réunis avec ce dernier, relâchés puis inscrits dans un programme de détention alternatif». Ce projet alternatif consiste à équiper les migrants et migrantes de bracelets électroniques puis à les «relâcher dans la communauté».

Un programme de détention alternatif

Ces bracelets permettront, selon Matthew Albence, de vérifier que les familles relachées assisteront bien au jugement du tribunal. Aujourd’hui, 80.000 individus sont équipés de ce dispositif aux États-Unis.

Cette flexibilité nuance la politique de «tolérance zéro» –poursuite systématique des personnes majeures entrant illégalement sur le territoire américain– que le ministère de la Justice maintient. Jeff Sessions a prédit que les positions strictes du gouvernement en terme d’immigration décourageront les personnes qui souhaiteraient passer illégalement la frontière.

L’opposition au sein du gouvernement est tout de même assez forte, comme en témoigne Katie Waldman, porte-parole du ministère de l’Intérieur. Elle a affirmé que le retour à la politique du catch and release (entendez «attraper puis relâcher»), administrée par le ministre de la Justice, était malvenu et que ce serait «un grand facteur de la croissance l’immigration illégale future».

De son côté, alors qu’il blâmait Barack Obama et ses pratiques de catch and release, Donald Trump lutte de la même manière afin de dissuader les migrants et migrantes venant d’Amérique centrale et du Sud.

L’utilisation des bracelets électroniques sur ces familles sera sûrement de courte durée: Dana Sabraw, juge à la cour fédérale de San Diego, affirme qu’il examinera une motion ayant pour but de laisser les personnes choisir entre être détenue à long terme dans les centres prévus à cet effet ou laisser leurs enfants aux services sociaux américains pendant la procédure de jugement.

Slate.fr

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