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Être daltonien et regarder la Coupe du monde, c'est pas simple

Temps de lecture : 2 min

Il y a simplement des matchs que les personnes daltoniennes sont incapables d'apprécier.

Le match amical Danemark-Mexique, à Brøndbyvester, le 9 juin 2018, quand on a du mal à différencier les couleurs. | Capture d'écran via Youtube CC License by Modifiée par Slate
Le match amical Danemark-Mexique, à Brøndbyvester, le 9 juin 2018, quand on a du mal à différencier les couleurs. | Capture d'écran via Youtube CC License by Modifiée par Slate

Certaines personnes n'ont pas pu voir confortablement le match d'ouverture de la Coupe du monde entre la Russie et l'Arabie Saoudite à cause de leur daltonisme –ou plutôt à cause de la couleur des maillots.

«Les effets du daltonisme quand on regarde le football.»

Même si les degrés de cette anomalie de la vision varient, ce sont souvent les couleurs rouge et verte qui posent problème. Il y a 320 millions de personnes daltoniennes dans le monde, soit un homme sur douze et une femme sur 200. Statistiquement, il pourrait donc y avoir un joueur daltonien par équipe. Et de nombreux téléspectateurs concernés –la moitié de la planète a les yeux rivés sur les écrans télé, dont certains se sont plaints du manque de considération de la Fifa sur les réseaux sociaux.

«Comme moi, 10% des hommes sont daltoniens vert/rouge –J'ai passé ces dernières semaines à regarder une équipe jouer en essayant de deviner où étaient les autres joueurs en suivant leurs chaussures!»

Parfois, les joueurs se confondent avec le terrain: «Je ne peux voir que le Brésil et la balle», explique un utilisateur de Twitter. En cause, le vert de la pelouse et les maillots rouges de l'équipe belge.

Les signalisations rendent aussi le suivi du match compliqué. Les daltoniens et daltoniennes sont parfois incapables de savoir qui a marqué un tir au but, la distinction par la couleur étant beaucoup moins pratique que le fait de cocher une case par exemple.

«On est un sur douze à n'avoir aucune idée de qui a marqué ou manqué les tirs au but. Pourquoi toujours du vert et rouge et pas des croix?»

Les joueurs aussi

Ce n'est pas forcément plus évident pour les joueurs. L'un des membres de l'équipe du Danemark a avoué avoir quelques soucis pour distinguer ses coéquipiers de ceux de l'équipe du Mexique pendant un match amical. Thomas Delaney jouait en rouge et le Mexique en vert.

En parlant de son daltonisme à la radio, il a permis de donner un peu plus d'importance à ce problème. Kathryn Albany-Ward, fondatrice de Colour Blind Awarneness (association de sensibilisation au daltonisme) a salué l'initiative: «C'est le premier joueur de haut niveau toujours actif que nous connaissons, qui a parlé du fait d'être daltonien. Je ne pense pas qu'il réalise les implications de ce qu'il a fait.» Avant de confirmer à la BBC que beaucoup cache leur anomalie de vision par peur d'être mis sur le banc de touche.

Étant donné le nombre de commentaires sur le sujet sur les réseaux sociaux, il est possible que la Fifa se penche sur la question pour l'Euro 2020. L'association de sensibilisation travaille déjà depuis quelques temps avec l'UEFA et la ligue anglaise (FA) pour tenter d'améliorer la couleur des panneaux de signalisation des stades par exemple.

Slate.fr

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