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Aux États-Unis, les médias informent moins sur les tueurs de masses, plus sur les victimes

Temps de lecture : 2 min

Ce principe, qui a provoqué des débats en France avec les attentats terroristes, se développe outre-Atlantique suite aux actions des militants.

La Une du journal The Capital Gazette, qui revient sur la tuerie de masse dont a été victime le journal. Chip Somodevilla / Getty Images / AFP
La Une du journal The Capital Gazette, qui revient sur la tuerie de masse dont a été victime le journal. Chip Somodevilla / Getty Images / AFP

L’élément n’a pas sauté aux yeux tout de suite, c’étaient d’abord les victimes de la tuerie qui a eu lieu à Annapolis, dans le Maryland, qui comptait. Lorsqu’un homme a ouvert le feu dans les bureaux d’un journal local, le 28 juin dernier. Cinq personnes ont été tuées et pour l’occasion, la page d’accueil du site de CNN.com montrait les photographies et le nom des décédés. Mais il n’y avait aucune photo du tireur et aucune trace de son nom.

Pendant des années, les militants ont poussé les médias américains à changer leur façon de couvrir la violence de masse, rappelle le Guardian. Ils soulignaient les recherches qui montrent un «effet de contagion» dans les fusillades de masse et sur le fait que de nombreux auteurs modélisent leurs attaques sur des incidents antérieurs, et semblent souvent vouloir être reconnus.

Le débat avait été similaire en France sur les terroristes qui commettaient des attentats. Avec des avis très différents selon les points de vues. Outre-Atlantique, la campagne a été menée par les parents d’une victime d’Aurora, lorsque douze personnes avaient été tuées dans un cinéma en 2012. Ils demandaient à ce que celui-ci (et les autres) n’ait «aucune notoriété». Le principe a été repris par les parents et les étudiants survivants de Parkland, une école de Floride où a eu lieu une tuerie de masse en février.

«La couverture médiatique de la fusillade de la Capital Gazette (le journal du Maryland, ndlr) a montré à quel point ce principe "d’aucune notoriété" par rapport aux tireurs a pris racine dans les salles de rédaction américaines - et, pour les militants, jusqu'où il faut aller», note le Guardian.

Même s’il y a eu quelques progrès au cours des six dernières années, les parents qui mènent ce combat reconnaissent que la situation n’est pas aussi avancée qu’ils le demandent. Eux souhaiteraient qu’il n’y ait aucune photo du tireur, un nom utilisé une seule fois. «Nous n’en sommes définitivement pas encore là, a déclaré Caren Teves, la mère d’un jeune homme tué à Aurora. Ce sont malheureusement des petits pas».

«Chaque histoire est traitée individuellement et nous prenons vraiment des décisions basées sur les informations et les images que nous avons», a indiqué de son côté S. Mitra Kalita, la vice-présidente de la programmation de CNN Digital.

Slate.fr

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