Économie

Saab ne sera pas liquidé

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Après une série d'occasions ratées et de nombreux atermoiements, le constructeur américain General Motors (GM), sauvé l'an dernier de la faillite par l'administration Obama, a finalement vendu et non liquidé sa filiale suédoise Saab. GM a annoncé mardi 26 janvier la cession pour 400 millions de dollars au néerlandais Spyker du constructeur suédois qui s'était fait une réputation d'innovation et d'originalité technique avant de décliner commercialement dans le giron du géant américain.

General Motors et le petit fabricant de voitures de luxe Spyker Cars ont «passé un accord contraignant sur le rachat de Saab (...) dans le cadre duquel Spyker va former une nouvelle société, Saab Spyker Automobiles», a indiqué GM dans un communiqué.

«C'est une grande nouvelle pour les employés, les fournisseurs et les concessionnaires de Saab, une grande nouvelle pour des millions de clients et d'adeptes de Saab dans le monde, et une grande nouvelle pour GM», a souligné John Smith, responsable des alliances chez GM. La transaction, «si tout se passe rapidement, devrait être finalisée à la mi-février, et le démantèlement annoncé de Saab», commencé il y a deux semaines, «sera immédiatement suspendu», a ajouté le groupe américain, sorti de la faillite l'été dernier. GM va recevoir «74 millions de dollars cash et 326 millions de dollars en actions préférentielles», a détaillé John Smith, lors d'une conférence de presse. «Nous pensons que c'est une transaction équitable pour GM», a-t-il ajouté, faisant état d'un «autre élément pour GM pas encore divulgué».

General Motors s'est par ailleurs engagé à rembourser les prêts accordés par le gouvernement fédéral américain d'ici juin.

Dans un communiqué publié depuis son siège de Zeewolde (centre des Pays-Bas), Spyker, qui fabrique quelques dizaines de voitures par an, a souligné que le paiement se ferait en deux versements, le premier le jour de la clôture de la transaction pour 50 millions de dollars, le second le 15 juillet. Le gouvernement suédois a parallèlement annoncé qu'il garantirait le prêt de 400 millions d'euros demandé par Saab auprès de la Banque européenne d'investissement.

«Saab est une marque prestigieuse avec une histoire glorieuse que nous sommes honorés de reprendre», déclare Victor Muller le patron de Spyker.

Par ailleurs, le milliardaire russe Vladimir Antonov, qui contrôlait jusqu'ici Spyker, cédera sa participation au directeur général Victor Muller à l'issue du rachat de Saab, indique Spyker dans un communiqué.

«Tenaci Capital, société appartenant à M. Muller, va racheter les 4,6 millions d'actions ordinaires de M. Antonov», cotées à la bourse d'Amsterdam. Spyker, petit fabricant de voitures de luxe, était jusqu'à présent détenu à 30% par le groupe financier russe Convers, contrôlé par M. Antonov, et à 25% par le fonds souverain d'Abou Dhabi Mubadala Development Company. Enfin, Tenaci va aussi faire deux prêts à Spyker, l'un pour 25 millions de dollars, l'autre de 57 millions d'euros (près de 80 millions de dollars).

Pour Spyker, le plus dur reste à venir. Tenter de faire de deux constructeurs qui perdent de l'argent un groupe automobile innovant et rentable.

LIRE EGALEMENT: La fin de Saab, Des berlines surpuissantes pour frimer... discret, Jaguar se banalise et La voiture de collection bastion des amoureux de l'automobile.

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Image de Une: Une manifestation pour sauver Saab devant l'usine suédoise de Trollhattan
Scanpix Sweden / Reuters

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