Boire & manger / Santé

La viande américaine a un petit goût de doigt de travailleur

Temps de lecture : 2 min

Les employés et employées des usines de traitement de viande se blessent beaucoup.

Travail à la chaine dans les usines de transformation  | Capture d'écran via Youtube CC License by
Travail à la chaine dans les usines de transformation | Capture d'écran via Youtube CC License by

Amputations en série, doigts cassés, brûlures au second degré et trauma crânien... Ce sont les blessures les plus courantes dont souffrent les travailleurs et travailleuses des usines de transformation de viande aux États-Unis, selon les révélations d'une enquête conjointe entre le Guardian et l'agence d’investigation du journalisme américain.

Les travailleurs et travailleuses américaines de l’industrie de la viande ont trois fois plus de risques de souffrir de sévères blessures que la norme, mais ceux et celles qui travaillent à l’abattage des porcs et bœuf ont sept fois plus de risques de souffrir de troubles musculosquelettiques. Leurs syndicats représentatifs sont inquiets car le gouvernement est actuellement en train de débattre de la fin des limites de vitesses des lignes d'acheminement des viandes dans les usines.

Risque au travail

L’administration américaine de sûreté et de santé (OSHA) affirme qu’on recense au moins dix-sept blessures graves par mois dans les usines de traitements de la viande –classifiées comme impliquant «hospitalisations, amputations où perte d’un œil».

Il y aurait au moins deux amputations par semaine et ce sont très souvent des doigts ou des morceaux de doigts, même s’il arrive parfois que cela concerne un pied, un bras ou des orteils. En trente mois, entre 2015 et 2017, 550 blessures graves ont été enregistrées sur vingt-deux États pour estimer les chiffres réels.

Le Guardian fait état de certaines histoires: un employé s'est penché et sa veste s'est coincée dans un rouleau, ce qui lui a broyé le bras et la main. Un autre séparait les côtes de la colonne vertébrale d'un boeuf et s'est retrouvé avec deux doigts en moins à cause d'une scie verticale.

Ce sont aussi les infections chroniques qui posent problème, car elles laissent les employées et employés handicapés à vie. Les syndromes du canal carpien (mains et poignets) dans l’industrie en général seraient responsables de deux milliards de dollars de traitements par an (1,7 milliard d'euros) aux États-Unis.

Augmentation de la vitesse: deux camps

L’un des travailleurs a témoigné auprès du département américain de l’agriculture (USDA): «Toutes les personnes avec qui je travaille se sont blessées à un moment, avant d’ajouter, je peux témoigner que la vitesse des lignes est déjà trop rapide pour garder le rythme. S’il vous plait, je vous demande de ne pas l’augmenter».

Un autre a confié au Guardian que les patrons de son usine demandent aux salariés de mettre de la glace sur leurs mains pendant les pauses quand certains se plaignent de douleur. «Quand je rentre chez moi, je dois étirer mes mains, mais je ressens un pincement, ça fait mal… On ne s’habitue jamais. Je le fais pour ma famille, je n’ai pas d’éducation», témoigne l’homme de 50 ans.

Si la vitesse des lignes des usines qui acheminent la viande à découper est accélérée, en plus des risques de blessures, les travailleurs et travailleuses seront encore plus exposées aux maladies liées à la répétition des mouvements.

Depuis vingt-cinq ans, des efforts ont été fournis après l’établissement d’un guide par l’OSHA. Selon l'agence américaine de statistiques au travail, cette année 5,3% des travailleurs et travailleuses à plein temps ont subi des blessures.

En enlevant certains bouchons qui bloquent la vitesse des lignes d'acheminement, les postes liés à l'inspection du respect des consignes pourraient être diminués ou redirigés. C'est ce qui intéresse le département de l'agriculture des États-Unis: la réduction des coûts. Il se justifie en expliquant que la fin de cette limitation ne signifiera pas automatiquement l'accélération des lignes, au contraire, chaque usine pourra choisir son rythme, assure-t-elle.

Slate.fr

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