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Le manque de luminosité pourrait affecter les garçons coincés dans une grotte en Thaïlande

Temps de lecture : 2 min

Ces douze enfants et leur coach ont déjà passé onze jours dans cette cavité inondée.

Les enfants au moment de leur sauvetage  | Capture d'écran BBC News via Youtube CC License by
Les enfants au moment de leur sauvetage | Capture d'écran BBC News via Youtube CC License by

Neuf jours après leur disparation, douze jeunes footballers et leur coach ont été retrouvés sains et saufs par des secouristes en Thaïlande. Mais ils ne pourront pas sortir de cette grotte inondée avant un moment, le temps d'apprendre à plonger et de trouver une sortie sécurisée. Depuis lundi, ils ont été nourris, examinés par des professionnels et leur vie n'est plus en danger. Mais avec les pluies torrentielles prévues ces prochains jours, cela pourrait prendre jusqu'à quatre mois de les sortir de là.

Au-delà du traumatisme psychologique que cette triste expérience pourrait causer, l'absence de lumière risque d'affecter les jeunes garçons, bousculant leur horloge biologique et leur perception du temps. Ils encourent des dépressions et insomnies, sans compter une mésentente qui pourrait émerger au sein du groupe.

Les leçons de Michel Siffre

La BBC nous apprend que ce n'est pas la première fois que des personnes se retrouvent isolées dans des grottes pendant des mois. En 1962, un géologue français, Michel Siffre avait choisi de s'enfermer dans un glacier sous terre pendant deux mois pour l'étudier et observer les effets sur son corps.

Sans aucun accès à l'heure, à la date ou à la lumière du jour, ni aucune visite de l'extérieur, le Français a suivi les informations délivrées par son corps. Il prenait note de ses activités tout en contactant son équipe à l'extérieur à chaque réveil, repas et avant de se coucher mais elle ne l'informait jamais, en retour, de l'heure. À la fin des deux mois, Michel Siffre était persuadé qu'un seul mois s'était écoulé. Sa perception du temps était perturbée par le manque de lumière. On retrouve le même phénomène chez les garçons thaïlandais qui ont tout de suite demandé aux secouristes depuis combien de temps ils étaient coincés.

Grâce aux notes de Siffre, on comprend que son système interne a été boulversé. Même s'il continuait de dormir un tiers de la journée, chaque jour était rallongé de trente minutes. Il vivait selon son horloge biologique naturelle et non selon l'heure dictée par le lever et coucher du soleil. Avec un système de journée de 24h30, comme le géologue, la personne se réveille à 8h le lundi, 8h30 le mardi, 9h le mercredi, etc. Après deux semaines elle pense qu'il est 20h00 quand il est 8h00.

En effet, notre système interne de perception du temps est géré par le noyau suprachiasmatique situé entre les deux yeux et se cale sur une boucle de 24 heures même si notre rythme naturel est rarement de 24 heures exactement. Sauf que sans la lumière du jour, notre horloge biologique reprend son cours normal, 24h30, 23h45, etc.

Il est très peu probable que les garçons thaïlandais soient tous régulés de la même façon, donc les périodes où ils se sentent fatigués ou éveillés devraient diverger de plus en plus –ce qui pourrait causer quelques problèmes dans un petit espace si certains veulent dormir quand d'autres veulent rester éveillés.

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Le vécu des mineurs chiliens

La situation s'était déjà produite au Chili en 2010 quand trente-trois mineurs s'étaient retrouvé coincés dans une mine pendant près de soixante-dix jours. Les travaux de recherches de Samer Hattar avaient prouvé que ce manque de lumière pouvait aboutir à des dépressions, insomnies, problèmes métaboliques ou hormonaux et à des difficultés à se concentrer.

En 2010, un système de lumière synthétique avait été apporté dans la mine, censé reproduire le rythme du soleil pour tromper le cerveau des mineurs et leur éviter un trop lourd décalage avec l'extérieur. Pour aider les enfants à ne pas se déconnecter de la réalité, les pédopsychiatres interrogés par la BBC recommandent de les informer au maximum et de favoriser une routine semblable à celle sur terre.

Slate.fr

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