Culture

Les Beach Boys ou le groupe de toutes les déchirures de l'Amérique

Temps de lecture : 12 min

Ils sont surnommés «America’s Band» mais les Beach Boys sont aussi clivés que le pays qui leur a donné naissance.

Les Beach Boys se produisent lors de la 95e National Christmas Tree Lighting Ceremony, dans le parc présidentiel près de la Maison-Blanche, à Washington, le 30 novembre 2017. | Jim Watson / AFP
Les Beach Boys se produisent lors de la 95e National Christmas Tree Lighting Ceremony, dans le parc présidentiel près de la Maison-Blanche, à Washington, le 30 novembre 2017. | Jim Watson / AFP

Jean-Marie Pottier a publié le 21 juin dernier Smile La symphonie inachevée des Beach Boys (éditions Le mot et le reste).

Smile nous raconte l’histoire de Brian Wilson, des Beach Boys, de la pop, mais il parle aussi de notre rapport à la musique et de notre quête de l’inaccessible. Jean-Marie Pottier explore cette saga foisonnante à l’aide des archives de l’époque et de plusieurs dizaines d’entretiens. Nous en publions ci-dessous un extrait.

La veille de ce concert, à quelques milliers de kilomètres de là, les Beach Boys, c’est-à-dire le groupe de scène dirigé par Mike Love, se produisaient sous une gigantesque tente sur les rives du lac Supérieur, dans le Wisconsin. Là aussi un concert-fleuve mais avec seulement trois morceaux de Pet Sounds, trois des plus connus, «Wouldn’t It Be Nice», «Sloop John B» et «God Only Knows».

Deux formations concurrentes, une même histoire en héritage. Cinquante ans après l’enregistrement de leur album le plus connu, et du non-album qui a suivi, les Beach Boys restent déchirés comme l’a attesté la publication concurrente à quelques semaines d’écart, en 2016, de l’autobiographie de Brian Wilson et de celle, au style forcément plus direct, de Mike Love. La mort de Carl Wilson a scindé le groupe en deux. Love a obtenu de Brother Records une licence l’autorisant à tourner avec le nom des Beach Boys tandis que Brian Wilson s’est lancé sous son propre nom –ce qui ne l’empêche pas, pour beaucoup, d’incarner encore l’essence du groupe. Les litiges autour de la «marque» se sont multipliés. En 2001, Brother Records a assigné Al Jardine en justice parce qu’il tournait en solo sous des noms comme «Beach Boys Family & Friends», «Al Jardine, Beach Boy» ou «Al Jardine of the Beach Boys».

En 2005, Mike Love a poursuivi en vain Brian au motif qu’un CD promotionnel diffusé à l’occasion de la sortie de Brian Wilson Presents Smile accaparait, selon lui, l’image du groupe. Les membres survivants, y compris le guitariste David Marks, qui remplaça Al Jardine pendant quelques mois en 1962, ont fini par converger brièvement pour une lucrative tournée du cinquantenaire en 2012 et un disque, That’s Why God Made The Radio. Un épisode qui s’est conclu dans l’acrimonie quand Mike Love a considéré qu’il n’avait pas assez de responsabilités sur l’album (il a noté avec ironie qu’il avait fallu une personne pour écrire Guerre et Paix mais cinq pour certaines chansons) et s’est plaint de l’ingérence de Melinda Wilson dans les setlists, avant de décider de continuer à tourner sans Brian Wilson et Al Jardine, qui étaient apparemment partants pour prolonger l’expérience...

Ils sont surnommés «America’s Band» mais les Beach Boys sont aussi clivés que le pays qui leur a donné naissance. Juste avant Noël 2016, l’annonce dans la presse que Mike Love étudiait l’idée de se produire pour l’entrée en fonction de Donald Trump, élu président des États-Unis à l’issue d’une campagne électorale extrêmement agressive face à Hillary Clinton, a ainsi consterné certains fans. Les Beach Boys s’étaient déjà produits à la convention républicaine de Cleveland en juillet 2016, et Love avait peu après commenté son amitié de longue date avec Trump –on l’avait vu, par exemple, se produire pour les 50 ans de l’homme d’affaires en 1996 à Atlantic City– dans les colonnes du New York Post: «Nous sommes amis depuis longtemps. Est-ce que cela signifie que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit? Non. Mais... si on nous demandait [de jouer pour son investiture], je suis sûr que nous le ferions».

L’idée n’a pas abouti même si Love et les siens se sont finalement produits, la semaine de la cérémonie d’investiture, lors des bals inauguraux organisés par les États de Floride et du Texas, tous deux dirigés par les républicains. L’occasion de voir Mike Love blaguer en estimant «merveilleux de pouvoir jouer devant une bande de gens déplorables», en référence au jugement méprisant («a basket of deplorables») porté par Hillary Clinton sur une partie des électeurs de Trump. Quelques mois plus tard, les Beach Boys sont venus jouer «Little Saint Nick» pour l’inauguration de l’arbre de Noël de la Maison-Blanche. Entretemps, Love avait expliqué à Uncut, après quelques semaines de présidence Trump, n’avoir «rien de négatif à dire» sur le nouveau président, «qui n’a jamais été autre chose qu’aimable» envers lui.

Au printemps 2012, un certain Michael Anton publiait dans la Claremont Review of Books, la revue d’un think tank conservateur californien, un article sur les Smile Sessions sous une illustration montrant un jeune couple dans sa voiture sur une plage –elle à l’intérieur, le bras accoudé sur la portière, lui appuyé sur la carrosserie, jouant de la guitare au soleil. L’article, bien documenté par ailleurs, croit voir dans l’album «l’apogée des prouesses artistiques d’une civilisation disparue, la culture de la classe moyenne du baby-boom dans la Californie du Sud de l’après-guerre, rassasiée de soleil, le cheveu bien coupé, prête à beaucoup s’amuser mais aussi à beaucoup travailler pour s’offrir le bungalow et la voiture de rigueur. C’était un paradis pour l’homme ordinaire qui a produit des légions de citoyens loyaux et productifs, a développé l’industrie aérospatiale moderne, a aidé l’Occident à gagner la guerre froide et a exporté une vision attractive et foncièrement respectable (même si souvent insipide) de la vie aux États-Unis dans le monde entier».

Pour Anton, les paroles de Smile, «malgré leur côté incompréhensible, gardent leur fraîcheur grâce à l’optimisme et à l’exubérante innocence de la musique. Le soleil bienfaisant de la Californie du Sud brille à travers chaque mot. Même s’ils ont été écrits au milieu des années soixante, on y trouve difficilement trace de la critique systématique de l’Amérique qui s’emparait alors des classes intellectuelles et artistiques. Les Boys –et surtout Brian– ont certainement succombé aux tentations charnelles de l’époque. Mais ils n’ont jamais adhéré à la vision dystopique de l’“AmeriKKKa”1 par la Nouvelle gauche».

Quatre ans plus tard, les médias américains déterraient cet article ainsi que d’autres écrits par le même auteur: on venait d’apprendre que Michael Anton avait aussi signé pendant la campagne présidentielle, sous le nom d’emprunt de Publius Decius Mus, un consul qui sacrifia sa vie pour l’empire romain, un article aussi incendiaire que très lu, «The Flight 93 Election». Il tentait alors de convaincre les électeurs républicains méfiants envers Trump de se mettre dans la peau des voyageurs du vol United 93, cet avion de ligne détourné le 11 septembre 2001 dont des passagers, alertés que trois appareils avaient déjà été piratés par des terroristes pour s’écraser sur les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone, décidèrent de s’introduire dans le cockpit pour tenter de reprendre les commandes.

L’avion, dont on sait aujourd’hui qu’il avait probablement pour objectif la Maison-Blanche ou le Capitole, s’écrasa dans un champ en Pennsylvanie sans aucun survivant. «2016 est l’élection vol 93: prenez le cockpit d’assaut ou vous mourrez, assénait Anton. Il est possible que vous mourriez quand même. Vous, ou le leader de votre parti, pourriez réussir à entrer dans le cockpit et ne pas savoir comment faire voler ou atterrir l’avion. Rien n’est garanti, excepté ceci: si vous n’essayez pas, vous êtes certain de mourir. Pour aggraver la métaphore, disons qu’une présidence Hillary Clinton est comme jouer à la roulette russe avec un pistolet semi-automatique alors qu’avec Trump, vous pouvez au moins faire tourner le barillet avant de tenter votre chance.»

Deux semaines après l’entrée en fonction de Donald Trump, Michael Anton était nommé porte-parole du Conseil de sécurité nationale. Un poste politique qui était loin d’être le premier pour ce diplômé de la faculté très à gauche de Berkeley, qui a notamment tenu la plume de Pete Wilson, gouverneur républicain de Californie entre 1991 et 1999 qui se distingua par des mesures drastiques pour lutter contre l’immigration illégale. Anton a été décrit par la presse comme un «populiste nationaliste» dans la lignée de Stephen Bannon, le sulfureux conseiller de la présidence évincé après l’attentat nationaliste de Charlottesville en août 2017, et a lui-même été contraint de quitter son poste en avril 2018 lors d’une autre révolution de palais. Ou comment un fan des Beach Boys et de Smile peut aussi s’avérer un des petits soldats de l’Amérique de Trump...

Un itinéraire qui constitue un bon symbole des complexités politiques de la Californie, l’un des États les plus à gauche de toute l’Amérique mais aussi un des viviers des mouvements les plus réactionnaires. Un État aujourd’hui quasiment ingagnable pour un candidat républicain à la présidence mais qui a été, au XXe siècle, le berceau de trois présidents issus du Grand Old Party: Richard Nixon (1969-1974) est né à Yorba Linda, au sud de l’État; Herbert Hoover (1929-1933) et Ronald Reagan (1981-1989), originaires de l’Iowa et de la Pennsylvanie, ont eux commencé leur carrière dans deux industries nourricières du Golden State, les mines d’or et Hollywood, avant d’y lancer leur candidature présidentielle.

Sur quelque trois cents chansons parues sur les albums des Beach Boys, très peu sont explicitement politiques. En octobre 1970, cinq mois après la mort de quatre étudiants lors d’une manifestation anti-guerre du Vietnam sur le campus de Kent State, dans l’Ohio, Mike Love présente au groupe «Student Demonstration Time», une réécriture des paroles de «Riot Cell In Block #9», un classique rock de Jerry Leiber et Mike Stoller. Là où Neil Young, au même moment, répond au carnage par le brûlot «Ohio», où il attaque nommément le président des États-Unis («Tin soldiers and Nixon coming»), Love reste au milieu du gué, se contentant de prodiguer des conseils de prudence aux étudiants à coup d’étranges métaphores:

S’il n’est pas le seul à être dans le flou sur le sujet (il suffit d’écouter Lennon et son ambigu «Revolution»), le morceau s’avère aussi criard que médiocre. Et ce alors que Dennis Wilson écrit au même moment «4th Of July» à propos de la censure gouvernementale des «Pentagon Papers», chanson bien plus convaincante dans le même registre, restée inédite jusqu’en 1993. Le manager Jack Rieley encourage alors ses poulains à davantage se connecter à la contre-culture et aux mouvements de protestation. Le groupe participe ainsi à un concert de soutien aux frères Berrigan, deux prêtres militants qui ont détruit au napalm des fichiers de recrutement militaire sur un parking, ou enregistre des spots d’incitation à l’inscription sur les listes électorales, traditionnellement plus favorable au parti démocrate.

Il se produit même devant le Washington Monument lors d’une gigantesque manifestation anti-guerre le 1er mai 1971, pour la plus grande surprise de la presse alternative. «Les Beach Boys sont des freeks2 maintenant, avec des cheveux vraiment longs et des barbes touffues, et chantent gratuitement lors de manifestations anti-guerre», s’étonne le Ann Arbor Sun, le journal des White Panthers. «Voilà juste un indice supplémentaire de l’ampleur qu’a atteint le changement dans cette génération –les Beach Boys étaient des mecs super lisses qui chantaient le surf et la drague, ce genre de choses.» Ce que ne sait peut-être pas le journaliste, c’est que ce jour-là, Mike Love a demandé à jouer le premier afin que les Beach Boys aient fini «avant que d’éventuelles émeutes n’éclatent» –quelques mois plus tôt, il s’était inquiété, selon Steven Gaines, qu’ils se produisent au Big Sur Folk Festival organisé par Joan Baez, cette «communiste».

Depuis quelques semaines, le groupe reprend ironiquement en concert «Okie From Muskogee», le classique anti-hippies du chanteur country Merle Haggard sur cette Amérique qui refuse les cheveux longs et les trips au LSD, qui respecte ses professeurs et ne brûle pas sa carte militaire. Mais les Beach Boys aussi, pourtant, sont des représentants de cette Amérique profonde dont leur famille est arrivée un demi-siècle plus tôt, et ne sont pas alignés avec la culture hippie: «D’une certaine façon, nous sommes des Okies de Muskogee», lâche alors avec lucidité Mike Love à Crawdaddy.

Ce sont les mêmes hommes qui, en 1980, font la courte échelle au candidat à l’investiture républicaine George H.W. Bush en l’invitant à monter sur scène entonner avec eux «Long Tall Texan» (Mike Love pensait que Bush père, ancien directeur de la CIA, pourrait aider le groupe à obtenir l’autorisation de se produire en Chine) puis chantent pour lui lors de sa campagne victorieuse de 1988: «I’m pickin’ up Bush vibrations/He’s the best guy to lead this nation» [«En Bush je sens de bonnes vibrations/Il est l’homme qu’il faut pour diriger cette nation»]. Ce qui n’empêche pas Mike Love de plaider en vain auprès du même Bush pour qu’il n’intervienne pas en Irak en 1991 ni de se retourner contre lui en 1992 en lui reprochant ses positions en matière d’environnement pour mieux vanter celles du candidat démocrate à la vice-présidence, Al Gore. Bill Clinton, le premier président baby-boomer, avait glissé à l’époque «Good Vibrations» dans sa playlist de campagne...

En 1988, quand le groupe apparaît en concert dans la série La Fête à la maison pour chanter son «Bush Vibrations», Brian Wilson porte lui un t-shirt à l’effigie de Mike Dukakis, son adversaire démocrate. Vingt ans plus tôt, en août 1966, pendant l’enregistrement de Smile, le Melody Maker lui avait demandé de réagir à quelques mots.
– Journaux?
– Je ne lis pas beaucoup les journaux car ils me dépriment.
– Watts
[où avaient eu lieu l’été précédent de graves émeutes raciales]?
– C’est à seulement six kilomètres de ma maison d’enfance, où ma mère vit toujours. Nous n’avons pas paniqué, elle n’est juste pas sortie de chez elle.

Une indifférence qui n’est pas si rare dans le Los Angeles blanc de 1966 mais qui en dit long sur l’absence de conscience militante d’un musicien né à la toute fin de la «génération silencieuse», juste avant le baby-boom. Une «génération silencieuse» arrivée trop tard pour avoir à se battre pendant la Seconde Guerre mondiale et assez tôt pour ne pas avoir à se battre au Vietnam –et qui n’a pour l’instant produit aucun président des États-Unis. En 1975, Mike Love, membre de la même génération, refuse aussi dans le Detroit Free Press tout aspect militant à sa musique: «Dans les époques difficiles, comme la Grande Dépression, les gens veulent du divertissement, de l’amusement. Il existe un parallèle avec nos problèmes sociaux, économiques et politiques actuels. Et la musique des Beach Boys a supporté le test du temps, elle est harmonieuse. La dissidence d’une partie de la scène rock fait fuir le public».

Quand l’histoire des Beach Boys rencontre la grande histoire, c’est comme en contrebande. Le 22 novembre 1963, Brian Wilson et Mike Love travaillent à une ballade, «The Warmth Of The Sun», quand ils apprennent l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas: le deuil donnera une tonalité encore plus poignante à ce morceau, évocation d’un chagrin d’amour dont on se réchauffe aux rayons du soleil. Le 4 avril 1968, alors que le groupe embarque pour une tournée dans le Sud qui doit démarrer à Nashville, dans le Tennessee, il est informé de l’assassinat de Martin Luther King quelques centaines de kilomètres plus à l’ouest, à Memphis. Des émeutes éclatent et plusieurs dates de la tournée sont supprimées ou décalées, annulations qui, par ricochet, rendent Dennis Wilson libre de flâner à Los Angeles et d’y rencontrer deux des girls de Charles Manson, Ella Jo Bailey et Patricia Krenwinkel...

Deux mois plus tard, le 6 juin 1968, le titre dont le groupe peaufine l’enregistrement dans le home studio de Brian à Bel Air, «Do It Again», prend soudain une résonance macabre: Robert Kennedy, le frère du président défunt, vient de mourir à son tour à quelques kilomètres de là, au Good Samaritan Hospital, après être tombé sous les balles d’un assassin le soir de sa victoire lors de la primaire de Californie. Et en 1980, quand l’Amérique guette avec angoisse le sort des otages de son ambassade à Téhéran, le chanteur Vince Vance se fait un devoir de la distraire en détournant «Barbara Ann», cette chanson des Regents dont les Beach Boys avaient tiré un de leurs singles les plus célèbres en 1965: «Bomb Iran, bomb bomb Iran...»3.

1. Jeu de mots entre «America» et KKK, le sigle du Ku Klux Klan. Retourner à l'article

2. Variation sur freak et free utilisée pendant la guerre du Vietnam pour désigner les membres de la contre-culture. Retourner à l'article

3. En 2007, lors de sa campagne victorieuse pour l’investiture républicaine, John McCain la chantera en réponse à une question sur l’attitude à adopter face à l’Iran, causant une polémique. Retourner à l'article

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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