Sports

Le problème avec les penaltys

Temps de lecture : 2 min

Pendant cette Coupe du monde, les penaltys battent tous les records: pour l'instant vingt-et-un buts ont été marqués sur coup de pied de réparation.

Antoine Griezmann au point de penalty lors d’une rencontre amicale entre la France et l’Italie, le 1er juin 2018 | Valery Hache / AFP
Antoine Griezmann au point de penalty lors d’une rencontre amicale entre la France et l’Italie, le 1er juin 2018 | Valery Hache / AFP

Au football, le penalty sanctionne une faute commise dans la surface de réparation: la plus haute forme de punition. Le tireur se retrouve face à face avec le gardien, à seulement une dizaine de mètres des cages. Ce sport d’équipe se transforme alors en une performance individuelle qui aura des répercussions collectives.

«C’est comme si on mettait une seule balle dans un pistolet et que l’on demandait à tout le monde de tirer. Mais à la fin, les répercussions reposent sur une personne», explique Christian Karembeu, milieu défensif français dans Brilliant Orange: The Neurotic Genius of Dutch Football.

Ces tirs au but peuvent changer l’issue d’un match. Le penalty provoqué par la main de Piqué sur corner (41ème minute) pendant le match Russie-Espagne ce 1er juillet a permis de relancer le pays organisateur dans un match des moins insipides –qui s’est terminé par une séance de tirs au but emporté par les Russes. L’équipe d’Espagne, grande prétendante au titre, est éliminée. Et, la dynamique du tournoi en ressort changée.

Une peine pas toujours adaptée au crime?

Comme l’explique Quartz, le penalty est là pour remplacer une opportunité de but effacée par une faute dans la surface. En montrant le point de penalty, l’arbitre offre une plus grande chance de conversion au tireur que si la faute n’avait pas eu lieu. En 2017, en Premier League, 75% des penaltys ont été marqués pour seulement 11% des tirs «normaux».

Mais les penaltys sifflés par les arbitres ne remplacent pas toujours une opportunité de but. Si on reprend l’exemple de la rencontre Russie-Espagne. Il est impossible de savoir si la tête de l’attaquant russe Artyom Dziouba bloquée par la main de Gerard Piqué se dirigeait vers les cages de David De Gea.

À la différence du basket-ball et du système de lancers francs, au football le joueur ou la joueuse qui subit la faute ne sera pas forcément chargée de tirer le penalty. Il est courant qu’une équipe ait une tireuse ou tireur de penalty désigné –comme Antoine Griezmann en équipe de France. Ces footballeurs et footballeuses sont entraînées à cet exercice et les chances de conversion sont d’autant plus importantes.

«Les penaltys sont de belles compensations et les joueurs le savent très bien. Certains essaient à tout prix d’en obtenir en plongeant et en tombant de façon exagérée: un véritable fléau dans le football moderne», écrit Quartz.

Oliver Staley, journaliste à Quartz, propose une solution: pourquoi ne pas déplacer le point de penalty pour les rendre plus compliqué à tirer? Dans les années 1990, les joueurs de Major League Soccer devaient partir de la ligne des 35 mètres, ballon au pied, pour se retrouver en duel face au gardien. La Fifa envisage même d’instaurer cette version des tirs au but pour la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, Mexique, Canada.

Les tirs au but dans les années 1990 en MLS

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