Santé / Sciences

Les substances hallucinogènes pourraient (bientôt) guérir certaines maladies mentales

Temps de lecture : 2 min

Et pourrait peut-être se révéler plus efficaces.

Tenacious D et le Médiator du destin | Capture d'écran via Youtube License by
Tenacious D et le Médiator du destin | Capture d'écran via Youtube License by

LSD, champignons hallucinogènes, MDMA… ces substances sont souvent associées aux raves-party ou au mouvement hippie. Pourtant, elles pourraient bien remplacer un jour les traitements classiques des problèmes de santé mentale.

Une équipe de chercheurs britanniques de l'Imperial College de Londres s’apprête à lancer le premier essai clinique important afin de déterminer si les drogues hallucinogènes sont plus efficaces que les inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine (ISRS), couramment prescrits par les médecins pour traiter la dépression et l’anxiété. Les scientifiques vont comparer les effets de la psilocybine (principal principe actif des champignons hallucinogènes) à ceux des traitements classiques.

«Nous savons que certains psychotropes ont un potentiel révolutionnaire, et nous n’exagérons pas», explique Robin Carhart-Harris, en charge de la future étude.

En 2017, une étude a montré que la psilocybine a un effet bénéfique sur les personnes souffrant de dépression chronique. Cette molécule permet de «réinitialiser» le cerveau: elle agit sur l’amygdale en charge de la maîtrise de nos émotions et sur l’activité de veille de notre cerveau aussi appelé réseau du mode par défaut (RMD).

Un passé sali par les bad trips

Comme l’explique la BBC, ce n’est pas la première fois que des scientifiques s’intéressent aux effets positifs de ces drogues sur notre cerveau. Dans les années 1950 et 1960, les psychédéliques étaient déjà considérés comme des traitements potentiels contre bon nombre de maladies mentales.

Très rapidement, ces psychotropes ont vu leur réputation entâchée par les mouvements de contre-culture. Leur potentiel médical a été gommé par leur utilisation récréationnelle: les bad trips ont remplacé le progrès scientifique. En 1968, la consommation et la vente de drogues psychédéliques sont rendues illégales. Trois ans plus tard, une convention des Nations Unies sur les substances psychotropes inscrit ces drogue à l’annexe 1, qui les classent comme «n’ayant aucun bienfait médicinal». Cette décision engendre l’arrêt total des recherches scientifiques.

Le renouveau des années 2000

Toutefois, certains scientifiques ne se sont pas découragés. Les années 2000 ont signé le retour des études sur les psychédéliques. L'université Johns-Hopkins à Baltimore (États-Unis) s'est imposée comme pionnière dans le domaine des recherches sur le sujet. Grâce à des autorisations gouvernementales, les scientifiques ont pu étudier les effets de la psilocybine –étant moins controversée que le LSD. Les résultats ont montré que ce principe actif présent dans certains champignons pouvait diminuer de 80% la depression chez les patients atteints de cancers.

Toutefois, les chercheurs et chercheuses ne savent toujours pas comment ni pourquoi cette substance nous affecte. La BBC explique que certains neuroscientifiques comme le Dr Robin Carhart-Harris pensent que ces drogues permettaient d'empêcher à notre cerveau «de rester figer dans un état de rigité» qui conduit à des pensées autodestructrices.

Malgré tout, les traitements à base d'hallucinogènes ne sont pas sans risques: les patients ne sont pas à l'abris de bad trips. Si ces drogues permettent de soigner la depression, elles pourraient réveiller d'autres maladies mentales chez les personnes prédisposées à ce genre de pathologies.

«Même si le prochain essai clinique prouve que la psilocybine est sans risque et efficace, il faudra attendre encore au moins cinq ans de plus pour qu'elle soit autorisée à être prescrite», écrit Alex Therrien, journaliste santé à la BBC.

Slate.fr

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