Monde

Paul Manafort, ex-directeur de campagne de Trump, aurait reçu un prêt de 8,6 millions d'euros d'un oligarque russe

Temps de lecture : 2 min

Confirmant une nouvelle fois ses liens avec le Kremlin.

Paul Manafort pendant la campagne présidentielle américaine  | Win McNamee / AFP target="_blank">License by
Paul Manafort pendant la campagne présidentielle américaine | Win McNamee / AFP target="_blank">License by

Un mandat de perquisition, déclassifié mercredi, révèle des liens encore plus resserrés que prévus entre l'ex-directeur de campagne de Trump, Paul Manafort et des Russes proches du Kremlin.

Dans une déclaration écrite sous serment datant de juillet 2017, un agent du FBI explique avoir parcouru des fiches d'imposition de l'entreprise de Manafort montrant un prêt de 8,6 millions d'euros (10 millions de dollars) accordé par un homme appelé Oleg Deripaska, propriétaire de l'un des plus grands groupes industriels russes.

La demande pour perquisitionner l'appartement de Manafort en Virginie fait partie d'une enquête sur une supposée intervention russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Le procureur spécial chargé de l'enquête, Robert Mueller, détient aussi une preuve supplémentaire des liens entre Manafort et Deripaska, bien connu pour être un proche du dirigeant russe Vladimir Poutine. Deripaska fait partie des septs oligarques déjà sanctionnés par les États-Unis en avril dernier –leurs avoirs financiers ont été gelés sur le territoire américain et tout contact avec un ressortissant américain a été proscrit.

Un document accablant

Le document prouve aussi que Deripaska aurait été aidé financièrement par Manafort en Ukraine en 2005 et 2006. L'information vient d'une source proche de Manafort, restée anonyme.

Le procureur spécial Mueller soupçonne aussi Konstantin Kilimnik d'avoir été un intermédiaire entre Manafort et l'oligarque russe. Kilimnik est un ancien consultant politique spécialisé dans les relations Russe-Ukraine et probablement un ancien membre des services secrets –le plaçant également dans la ligne de mire du procureur.

Le mandat de perquisition confirme aussi la progression de l'enquête sur le rôle de Manafort lors d'un rendez-vous en 2016 entre Trump et un informateur du Kremlin, dans la Trump Tower. L'informateur aurait apporté avec lui des informations sur Hillary Clinton.

Une justice qui ne flanche pas

Vendredi 15 juin, une juge fédérale avait décidé de placer en détention Paul Manafort, poursuivi pour des faits de blanchiment, fraude fiscale et bancaire et lobbying illégal remontant d'avant sa collaboration avec Donald Trump –qui se défend par ailleurs du rôle joué par Manafort pendant sa campagne alors même qu'il a été son conseiller pendant plus de six mois. Le président américain s'est tout de même empressé de le défendre dans un tweet:

«Waoh, quelle sentence dure pour Paul Manafort, qui a représenté Ronald Reagan, Bob Dole et bien d'autres personnes et campagnes. Je ne savais pas qu'il était le chef de la mafia. Qu'est-ce qu'on fait de Comer ou la corrompue Hilary et tous les autres? Très injuste!»

Paul Manafort était accusé de profiter de son régime de liberté conditionnelle pour tenter de peser sur des témoins, ce qui n'a vraiment pas plu à la juge.

En début de semaine, une autre juge a refusé d'abandonner les charges de crime financier comme demandé par l'avocat de l'ex-directeur de campagne, avançant que le procureur spécial Robert Mueller n'avait pas l'autorité d'enquêter sur des charges non-relatives à la campagne de 2016.

Le procès de Paul Manafort débutera en juillet en Virginie et en septembre à Washington.

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