Égalités

Cacher son orientation sexuelle au travail, le quotidien de beaucoup de personnes LGBTQ

Temps de lecture : 2 min

Aux États-Unis, 38% d'entre elles invoquent la peur d'être stéréotypées.

Des chiffres à ne pas oublier pendant la marche des fiertés  | Capture d'écran via Youtube CC License by
Des chiffres à ne pas oublier pendant la marche des fiertés | Capture d'écran via Youtube CC License by

«J'étais avec ma copine», «J'ai passé du temps avec mon mec». Ces petites phrases, lâchées à la pause déjeuner du lundi matin, anodines, irréfléchies pour la plupart des hétéros, ne le sont pas autant pour les personnes LGBTQ.

Dans une nouvelle étude, Human Right Campaign, la plus grande association pour les droits LGBTQ aux États-Unis, rapporte que 46% des personnes LGBT ne révèlent pas leur identité sexuelle au travail. Ce n'est que quatre points de moins par rapport aux chiffres de 2008 –avant Barack Obama, avant la légalisation du mariage homosexuel et avant l'avancée des droits des transgenres.

Les raisons invoquées sont, pour 38% d'entre elles et eux, la crainte d'être stéréotypés. Plus d'une personne LGBT sur trois a peur de mettre les autres mal à l'aise, 30% de perdre les liens tissés avec ses collègues ou que ces derniers et dernières croient qu'il puisse y avoir une attirance physique.

Climat non-propice à la confidence

«Alors que les politiques inclusives LGBT dans les entreprises deviennent la norme, les travailleurs sentent trop souvent un climat biaisé dans leurs entreprises», rapporte la directrice du programme «Égalité au travail» de Human Rights Campaign, Deena Fidas.

53% des personnes LGBTQ disent avoir déjà entendu une blague homophobe sur leur lieu de travail au moins une fois et une personne sur cinq parle également des commentaires émis sur sa façon de s'habiller. Plus de la moitié des hétérosexuels et hétérosexuelles interrogées pensent qu'il n'est pas normal de parler d'orientation sexuelle ou d'identité de genre au travail –même si ils et elles reconnaissent parler de leurs épouses ou époux et de leurs familles et enfants. La moitié des personnes non-LGBTQ sondées pensent d'ailleurs qu'il n'y a aucun homme homosexuel ou femme lesbienne dans leur entreprise.

Une étude de 2017 de CarreerBuilder montrait que deux personnes LGBT sur cinq se sentent harcelées au travail et les trois-quarts ne le rapportent jamais aux ressources humaines, majoritairement parce qu'elles pensent que rien ne sera fait.

C'est pourquoi une personne LGBTQ sur trois affirme se sentir malheureuse ou déprimée au travail. «Les personnes LGBTQ évitent toujours de tisser des connections personnelles et professionnelles au travail car elles ont peur de faire leur coming out», rapporte la directrice.

En France aussi

Selon les chiffres de l'association Autre Cercle en partenariat avec l'Ifop, en France, encore 14% des homosexuels et lesbiennes se sentent obligées de s'inventer un partenaire au travail et plus d'un ou une sur trois entretient un flou. Certains secteurs comme le luxe, la consommation, les médias et la culture seraient un peu plus LGBT-friendly que l'industrie ou la finance, où seulement 35% des personnes font leur coming-out.

Les enquêtes et auditions menées par le groupe de travail du défenseur des droits ont montré que 20% des personnes LGBT interrogées en France se sont senties discriminées dans la recherche d’un emploi ou au travail au cours des douze derniers mois du fait d’être LGBT. Trois sur cinq ont fait l'objet de commentaires déplacés.

En mai 2017, le guide Agir contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans l’emploi, créé par le défenseurs des droits, recommandait de prendre position en temps qu'employeur en signant une charte éthique par exemple, de communiquer sur ces initiatives en interne comme à l'extérieur de l'entreprise, mais aussi de prévenir les attitudes LGBTphobes en sensibilisant et en sanctionnant publiquement leurs auteurs ou autrices.

Slate.fr

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