Société

Le syndrome du bus vide: dans certaines métropoles, les usagers délaissent les transports en commun

Temps de lecture : 2 min

C’est la faute d’Uber et… de la révolution numérique.

Métro, boulot, dodo | Bartosz Wanot via Unsplash License by
Métro, boulot, dodo | Bartosz Wanot via Unsplash License by

Pour le travailleur empruntant le subway new-yorkais ou pour le touriste allemand se rendant à Picadilly Circus à Londres, les wagons paraissent encore et toujours bondés. Pourtant, à leur bord, les voyageurs se feraient de moins en moins nombreux, et ce, malgré la croissance démographique. La ville de Los Angeles en est le parfait exemple: en cinq ans, le nombre de trajets effectués dans le centre ville a diminué de 19%. Selon l’American Public Transportation Association (APTA), cette diminution s’étend aussi au reste du pays et à tous types de transports: bus, métros, trains de banlieue et tramways.

Malgré tout, ce déclin ne se fait pas ressentir dans toutes les grandes métropoles mondiales. Les villes de Sydney, Paris et Tokyo font figure d'exception: plus en plus de personnes prennent les transports en commun. Pour la capitale française, les derniers chiffres de la RATP indiquent que le réseau de transport en commun se porte bien. Le nombre de voyages est même en augmentation: 1,3% de trajets en plus en 2017.

Mais pourquoi les transports publics se vident-ils dans certaines villes? The Economist livre une analyse: la diminution de la fréquentation des transports en commun est symptomatique du vieillissement des infrastructures.

Dans des métropoles comme New York ou Madrid, les transports publics vieillissants ont besoin d’être rénovés. Après la crise financière de 2008, la capitale espagnole a sévèrement réduit le budget alloué aux transports en commun. Conséquence: entre 2007 à 2013, le métro madrilène a perdu 19% de ses utilisateurs et utilisatrices.

Les citoyens ont «tout simplement accès à de meilleures options»

Selon The Economist, les transports en commun se vident parce que les citoyens ont «tout simplement accès à de meilleures options»: les nouveaux modes de transport comme Uber, Lyft, vélos et trottinettes en libre-service sont parfois privilégiées.

Des universitaires californiens ont analysé les trajets effectués par des utilisateurs et utilisatrices de Uber ou Lyft et ont remarqué que les destinations choisies par ces personnes étaient desservies par les transports en commun. Dans le futur, les taxi autonomes devraient, à leur tour, «voler» des usagers aux transports publics.

Les deux-roues ont, eux aussi, réussi à s'imposer dans le paysage urbain. Et de fait, les services de vélos ou scooters en libre-accès comme Ofo ou Cityscoot, rencontrent un succès en France comme dans le reste du monde. La ville de Berlin a notamment étendu son réseau de pistes cyclables de 856 à 1.433 kilomètres.

Voiture, boulot, voiture, dodo

Plus surprenant, pour The Economist, les nouvelles habitudes de travail –télétravail, temps partiel, horaires flexibles, travail indépendant–sont aussi à blâmer pour la diminution de la fréquention des transports publics. Car il suffit d'une connexion internet et d'un ordinateur et l'on peut travailler de n'importe quel endroit.

Toutefois, les voitures restent la plus grande compétition aux transports en commun. Certains villes comme Los Angeles se sont construites autour d'un réseau de routes et il est difficile de faire changer les habitudes des usagers. Aux États-Unis, 86% des personnes vivant en banlieue prennent leur voiture pour se rendre au travail.

«Pourquoi les transports publics se vident-ils? Il semblerait que certaines personnes préfèrent un trajet calme et solitaire en voiture à un wagon de métro bondé», conclut The Economist.

Slate.fr

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