Santé

La pilule d'insuline, un espoir pour les diabétiques

Temps de lecture : 2 min

La recherche avance.

425 millions de personnes sont atteintes du diabète dans le monde, 40 millions ont un diabète de type 1
 | Myriams-Fotos via Pixabay CC License by
425 millions de personnes sont atteintes du diabète dans le monde, 40 millions ont un diabète de type 1 | Myriams-Fotos via Pixabay CC License by

Des chercheurs et chercheuses de l'institut d'Harvard en sciences appliquées ont développé une pilule qui pourrait bien changer le quotidien des quarante millions de diabétiques de type 1 dans le monde, en leur évitant de devoir se faire une piqûre d'insuline une à deux fois par jour et de vérifier constamment leur taux de sucre dans le sang.

Pour rappel, les individus atteints de diabètes de type 1 ne produisent pas ou peu d'insuline, essentielle dans la production de glucose sanguin. Sans les injections, la maladie peut devenir mortelle.

«Les injections sont intrusives et douloureuses et c'est à cause de cela qu'il y a un grand nombre de non-prise du traitement chez les diabétiques de types 1», a expliqué le professeur Samir Mitragotri, ajoutant que les diabétiques de types 2 ne se voient pas toujours prescrire de traitement pour leur éviter les injections.

«La pilule a la capacité de surmonter tous les obstacles qu'elle rencontre»

Jusqu'alors, l'injection d'insuline par voix orale posait un problème d’absorption par système gastro-intestinal des macromolécules. C'est pour cela que l'équipe de scientifiques a développé un forme liquide dite «ionique» capable de surmonter les barrières du système gastro-intestinal. «Notre approche est comme un couteau suisse, une pilule a la capacité de surmonter tous les obstacles qu'elle rencontre», rapporte Samir Mitragotri.

C'est la combinaison d'un nutriment appelé choline et d'acide géranique, qu'on trouve dans la cardamone, rendue sous forme liquide, qui pourrait permettre de stabiliser la formule. L'insuline dispersée dans le liquide évite aux hormones d'être brisées par le système digestif après la dissolution de la capsule, elle peut donc ensuite passer par les muqueuses pour atteindre les veines.

La pilule a pour le moment été testée sur des rats. Les scientifiques ont observé que le niveau de sucre baissait de manière très efficace, atteignant 62% du niveau initial en deux heures et 55% en dix heures. Le résultat est d'autant plus intéressant qu'en injectant une plus petite dose d'insuline aux rats, le niveau de sucre baissait rapidement à la moitié du niveau initial mais remontait dans les quatre heures suivantes. Si une plus petite dose est administrée par injection, c'est qu'il n'y a aucune barrière quand le liquide est transmis directement au sang.

Moins contraignante, la solution reste stable deux mois à température ambiante et quatre mois si elle est réfrigérée, contre quelques semaines pour les actuels liquides à injecter. En revanche, il faudra encore attendre quelques années pour que les essais cliniques sur des humains puissent débuter.

Ce n'est pas une première

Mark Pausnitz, ingénieur biomoléculaire à l'institut de Georgie, salue la trouvaille «C'est le Saint-Graal de la médicamentation de développer des manières de donner des protéines et peptides comme l'insuline par la bouche, au lieu de l'injection», a-t-il expliqué à The Independent.

Ce n'est pas la première recherche du genre, d'autres équipes travaillent à de tels projets et les grandes entreprises pharmaceutiques s'intéressent également à la possibilité de développer une pilule pour diabétiques. C'est le cas de l'israëlienne Oramed, en phase avancée de tests cliniques, mais aussi de la californienne Rani Therapeutics et de la danoise Novo Nordisk, leader sur le marché. Cependant aucune pilule n'est à ce jour commercialisable.

Slate.fr

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