Égalités / Culture

Les propos racistes de la vraie Laura Ingalls Wilder

Temps de lecture : 2 min

Aucun prix littéraire ne portera plus son nom.

Laura Ingalls interprétée par Melissa GIlbert | Capture d'écran via Youtube License by
Laura Ingalls interprétée par Melissa GIlbert | Capture d'écran via Youtube License by

Qui peut oublier Laura Ingalls? Tête rousse, tresses sur le côté, bouille enfantine et robe recouverte de terre. Mais saviez-vous que la série La Petite Maison dans la prairie est en partie inspirée des mémoires de la vraie Laura Ingalls Wilder –une pionnière américaine née juste après la guerre de Sécession.

L’American Library Association vient de se prononcer en faveur du retrait du nom de Laura Ingalls Wilder d’un prix littéraire pour enfant. Pourquoi? Les membres du conseil ont jugé que ses livres contenaient des propos racistes envers les Afro-Américaines et les Amérindiens et Amérindiennes.

Des propos racistes

Dans le premier chapitre du livre La Petite Maison dans la prairie (1935), Laura écrit qu’elle «désire vivre où les animaux sauvages vivent sans peur, où le sol est plat, où il n’y a pas d’arbres et où il n’y a pas d’autres humains mais seulement des Amérindiens».

Les lecteurs et lectrices de la série de neuf tomes, Little House Books, retraçant la vie de Laura Ingalls Wilder, se disent indignées du fait que «personne à Harper (maison d’édition) n’ait jamais remarqué» que cette phrase puisse sous-entendre que les Amérindiens n’étaient pas considérés comme des êtres humains. Certains et certaines ont même comparé des passages des livres à la Destinée Manifeste –invoquée par les premiers colons pour justifier l’expansion vers l’ouest et l’ethnocide des Amérindiens et Amérindiennes.

Le Washington Post explique que le personage de Caroline Ingalls, la mère de Laura, est loin de cacher sa haine envers les Amérindiens et Amérindiennes. Charles Ingalls, le patriarche joueur de violon, s'adonne quant à lui au blackface (grimage en Noir) pour divertir les autres.

Faire un exemple de Laura Ingalls Wilder

Comme l’explique le Washington Post, la décision prise par l'American Library Association de radier Laura Ingalls Wilders fait partie d’un nouveau courant qui souhaite purger le paysage culturel américain des personnages historiques ayant possédé des esclaves et/ou défendant une vision raciste et/ou s’adonnant à des pratiques racistes. Le jour de Christophe Colomb –qui commémore la date d’arrivée du navigateur dans le Nouveau Monde– est devenu le Jour de la Résistance indigène dans certains États américains.

Le Laura Ingalls Wider Medal qui récompensait les auteurs, autrices, illustrateurs et illustratrices qui «ont contribué durablement et de manière importante à la littérature pour enfants» est donc remplacé par le Children's Literature Legacy Award (Prix Héritage pour la Littérature Jeunesse).

«Ça ne veut pas dire que les enfants ne devraient pas lire ces livres. Chaque génération revisite le canon littéraire. La solution au racisme n'est pas simplement de faire disparaître certains livres des étagères. Cependant, aucun Américain blanc ne devrait oublier le passif raconté par ces livres», conclut Caroline Fraser, écrivaine de Prairie Fires: The American Dreams of Laura Ingalls Wilder.

Slate.fr

Newsletters

Près d'une personne sur trois déclare avoir été victime ou témoin de racisme au travail

Près d'une personne sur trois déclare avoir été victime ou témoin de racisme au travail

Cette enquête pointe aussi du doigt les discriminations en entreprise liées au sexe et au genre.

Si Lehman Brothers avait été «Lehman Sisters», elle n'aurait pas fait faillite

Si Lehman Brothers avait été «Lehman Sisters», elle n'aurait pas fait faillite

Une étude vient confirmer les propos de Christine Lagarde.

Dans le Massachusetts, une proposition de loi pour criminaliser le mot «salope»

Dans le Massachusetts, une proposition de loi pour criminaliser le mot «salope»

Un député de Boston propose d'ajouter l'utilisation du mot «bitch» à la liste de délits de trouble à l'ordre public.

Newsletters