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«Je n'aurais jamais sciemment qualifié une personne noire de singe», se défend l'actrice Roseanne Barr

Temps de lecture : 3 min

Elle s'excuse après le tollé provoqué par son tweet raciste.

Roseanne Barr avant le scandale, chez Jimmy Fallon  | Capture d'écran via Youtube CC License by
Roseanne Barr avant le scandale, chez Jimmy Fallon | Capture d'écran via Youtube CC License by

Pour celles et ceux qui aurait raté le scandale, Roseanne Barr est une actrice, qui tenait le premier rôle de la série à succès Roseanne sur ABC de 1988 à 1997. En 2017, la série est relancée et connaît son petit succès, jusqu'à ce que l'actrice publie un tweet raciste, fin mai. Elle y écrit que Valérie Jarrett, ancienne proche conseillère de Barack Obama et femme noire-américaine, est «l'enfant des Frères musulmans et de La Planète de singes».

«Les frères musulmans et la planète des singes ont eu un bébé=vj» VJ signifie ici Valérie Jarrett | Capture d'écran Twitter.

ABC décide alors d'annuler la diffusion de la série et qualifie le tweet de l'actrice d'«abject, répugnant et incohérent avec [ses] valeurs». Roseanne Barr fait son mea culpa sur Twitter, tente de se justifier en disant que «les musulmans ne sont pas une race», que son tweet était «une mauvaise blague sur sa politique et son apparence» et s'excuse auprès de «Valérie Jarrett et tous les Américains». Elle finit par quitter Twitter quelques jours, avant de reprendre une activité sur le même compte, mais en ayant supprimé tous les tweets relatifs à cette affaire.

Depuis, ABC a annoncé qu'un spin-off de la série, pour le moment nommé The Connors, sortirait bientôt, avec la majorité du casting mais pas l'actrice.

«C'était ma propre ignorance et il n'y a pas d'excuses pour cette ignorance»

Dans une interview sous forme de podcast, Roseanne Barr répond aux questions de son ami Rabbi Shmuley Boteach, un rabbin américain et présentateur de télévision et radio. La retranscription de cet entretien a été rendue publique ce dimanche. L'actrice affirme qu'elle «n'aurait jamais sciemment qualifié une personne noire de singe».

«Valerie Jarrett, je ne suis pas d'accord avec sa politique et j'ai cru qu'elle était blanche, je ne savais pas que c'était une femme noire», se justifie-t-elle. L'actrice invoque à nouveau l'utilisation de somnifères qui auraient altéré son jugement. La marque de somnifères, possédée par le géant Sanofi, avait déjà répondu à cet argument par un tweet fin mai.

«Des gens de toutes races, religions et nationalités travaillent à Sanofi tous les jours pour améliorer la vie de personnes partout dans le monde. Si les traitements médicamenteux ont des effets secondaires, le racisme n'est un effet secondaire d'aucun médicament Sanofi.»

Pendant la quasi totalité de l'interview, Roseanne Barr s'exprime avec des larmes dans la voix. Après avoir abordé l'importance de la torah pendant un long moment, elle se justifie sur la polémique. Au rabbin qui lui demande: «Comment as-tu, en tant que personne qui idolâtre Martin Luther King et aimes la torah... Comment as-tu pu écrire quelque chose que les gens perçoivent comme étant en contradiction totale avec tes valeurs?», l'actrice répond: «Quand on fait du mal à des gens même de façon involontaire, il n'y a pas d'excuses. Je ne veux pas fuir en blablatant des excuses. Mais je suis désolée auprès de quiconque qui a pu se sentir offensé ou penser que je pouvais vouloir dire quelque chose, qu'en fait, je ne pensais pas. C'était ma propre ignorance et il n'y a pas d'excuses pour cette ignorance».

L'actrice a des «proches noirs-américains»

Roseanne Barr explique que la période a été difficile car elle-même a des «proches noirs-américains. J'ai des enfants noirs dans ma famille. Je ne peux pas laisser [des gens] dire ces choses-là sur moi, après trente ans à mettre ma famille, ma santé et mon gagne-pain en danger pour défendre ces personnes. Je suis beaucoup de choses, une grande gueule et tout ça, s'exclame-t-elle en pleurant, mais je ne suis pas stupide, mon Dieu. [...] Je suis juste tellement désolée que ça ait été si peu claire et stupide».

«J'accepterais les conséquences, et je les accepte et je les ai acceptées», explique-t-elle «mais ils ne vont jamais s'arrêter. Ils n'acceptent ni mes excuses, ni mes explications. Je suis devenue un aimant à haine. Et en tant que juive, c'est juste horrible.»

Slate.fr

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