Société

«J'ai envie de tenter une expérience homosexuelle mais j’ai peur d’aimer cela»

Temps de lecture : 3 min

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Laurine, une jeune femme qui se dit hétérosexuelle mais se sent de plus en plus attirée par l'idée d'une expérience avec une autre femme.

Ailín Salas dans Mariposa de Marco Berger (2015). | Capture d'écran via YouTube
Ailín Salas dans Mariposa de Marco Berger (2015). | Capture d'écran via YouTube

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes. Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Vous pouvez aussi laisser votre message sur notre boîte vocale en appelant au 07 61 76 74 01 ou par Whatsapp au même numéro. Lucile vous répondra prochainement dans «C'est compliqué, le podcast», dont vous pouvez retrouver les épisodes ici.

Et pour retrouver les chroniques précédentes, c’est par là.

Chère Lucile,

Je m’appelle Laurine, j’ai 20 ans, et je pense être hétérosexuelle. J’ai connu plusieurs hommes, dont un dont j’étais vraiment amoureuse. Or depuis quelque temps, il se trouve que j’éprouve une certaine attirance pour les femmes, du moins, je crois.

La première fois que cela est arrivé, je regardais une vidéo sur YouTube et je suis tombée sur Sam Clark, qui est une femme, qui a les mêmes centres d’intérêt que moi et qui m’a attirée. Elle fait des vidéos avec sa copine et je ne sais pas pourquoi, je voulais essayer. Depuis ce jour, quand je vois une femme, par exemple, qui se revendique gay (mais qui reste féminine), j’ai envie de la connaître… Je n’ai cependant jamais été amoureuse d’une femme, mais certaines ont été amoureuses de moi.

À terme, je me vois fonder une famille avec un homme (je suis très sûre à ce sujet, je ne le vois pas autrement), mais je ressens l’envie de tenter une expérience homosexuelle. Mais j’ai peur d’aimer cela et, à aucun moment, je ne me vois devoir annoncer à ma famille ou mes amis et amies une telle situation. De plus, j’ai peur de tous les clichés que cela pourrait engendrer.

Alors mes questions sont: Dois-je tenter? Et si cette part en moi est vraie, dois-je l’accepter et comment?

J’espère que vous pourrez me répondre et m’aider,

Laurine

Chère Laurine,

Vous découvrez que la sexualité est une matière mouvante, que les désirs ne sont pas gravés dans le marbre pour toute la vie, et c’est une bonne chose. De cette manière, et si vous êtes prête à l’accepter, vous avez devant vous une vie riche en découvertes et en plaisirs. Seulement, accepter que vous puissiez désirer une femme, c’est aussi accepter votre bisexualité et découvrir ce que cela veut dire. Les mots que vous utilisez, même si vous ne vous en rendez pas compte, peuvent être blessants. Ils portent en eux des centaines d’années d’oppression et de violence. Vous devez donc accepter qui vous êtes, et voir au-delà de la simple notion d’expérience, mais aussi ce que cela veut dire de vous et du monde.

Si vous êtes bel et bien bisexuelle, d’autres le sont aussi. Des couples de femmes et d’hommes se marient et ont des enfants. Des personnes seules élèvent également leurs enfants. La vie n’est pas aussi simple qu’un papa, une maman, des enfants (idéalement une fille, un garçon, non?) pour toute la vie. Heureusement qu’elle est plus riche, qu’elle propose une infinité de couleurs. Avant de vouloir répondre à ce qui est votre définition d’un parcours de vie conventionnel, il me semble que vous devriez d’abord essayer d’être heureuse.

En essayant de vous conforter à un moule illusoire, vous allez au-devant de grandes déceptions. Je peux vous assurer que si j’avais dû écrire ma vie idéale, il y a dix ans, je n’aurais probablement pas choisi le parcours foutraque et atypique que j’ai eu à traverser pour en arriver là, dans une configuration elle aussi atypique. Et pourtant… Pourtant je me sens aujourd’hui plus heureuse et plus libre que jamais. Amoureuse aussi.

C’est tout le mal que je vous souhaite, Laurine. Celui d’être amoureuse. De désirer fort une ou des personnes. D’aller au-delà des genres et des apparences. Au-delà d’une éducation qui n’est qu’un carcan. Je vous souhaite de vous trouver et de comprendre combien l’amour et la famille ont la même valeur pour toutes et tous. Vivez et voyez où la vie vous mène. Et laissez-vous surprendre.

Lucile Bellan Journaliste

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