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Des employés d'Amazon refusent de vendre à l'État américain des technologies pour encadrer l'immigration

Temps de lecture : 2 min

Ils rappellent à Jeff Bezos le passif nazi d'IBM pour s'opposer à la politique migratoire de Trump.

La reconnaissance faciale est utilisée par le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, 27 février 2018, Miami | Joe Raedle / Getty Images North America / AFP
La reconnaissance faciale est utilisée par le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, 27 février 2018, Miami | Joe Raedle / Getty Images North America / AFP

S'adressant à «Jeff» (Bezos, le fondateur et PDG d'Amazon), des employés du géant du Web ont publié une lettre ouverte pour signifier leur refus de participer à la vente de technologies telles que la reconnaissance faciale destinées aux agences gouvernementales et aux services de police américains.

Réponse à la politique migratoire du gouvernement

Accusant le gouvernement Trump de vouloir utiliser ces technologies contre les populations les plus marginalisées et notamment les migrants et les activistes noirs, ceux qui signent les «Amazoniens» se sont désolidarisé de la politique migratoire actuelle américaine en la boycottant à leur mesure –celle de fournisseurs de première main.

«Nous refusons de construire la plateforme qui alimente l'ICE [U.S. Immigration and Customs Enforcement], et nous refusons de contribuer à des outils qui violent les droits humains», peut-on lire dans la lettre.

Celle-ci intervient peu après que le président a annoncé sa volonté de mener une politique de «tolérance zéro», dont l'une des ambitions les plus récentes consistait à séparer les familles arrivées clandestinement sur le sol américain.

Responsabilité éthique et historique

Les employés entendent ainsi prendre leurs responsabilités devant l'histoire, et ne se privent pas d'évoquer les heures les plus sombres des collaborations entre entreprises de technologies privées et institutions fédérales:

«En tant qu'Amazoniens éthiquement concernés, nous exigeons d'avoir le choix dans ce que nous construisons, et un mot à dire concernant la façon dont cela est utilisé. Nous tirons des leçons de l'histoire, et nous comprenons comment les systèmes d'IBM ont été employés dans les années 1940 pour aider Hitler. IBM n'avait pas pris ses responsabilités alors, et au moment où leur rôle a été compris, il était trop tard. Nous ne laisserons pas cela se reproduire. Il est temps d'agir.»

Un peu plus tôt, des actionnaires d'Amazon avaient eux aussi envoyé une lettre à Jeff Bezos pour lui demander de suspendre le marché concernant la reconnaissance faciale, invoquant des raisons aussi bien financières qu'éthiques au regard des conséquences humaines qu'aurait l'utilisation ciblée de cette technologie à partir de biais raciaux.

La direction n'a pas encore fait de commentaire concernant la lettre des employés. Précédemment, un porte-parole de la compagnie avait affirmé que le système de reconnaissance faciale développé par Amazon n'avait pas vocation à être utilisé à des fins de surveillance –ce qui est pourtant le cas de Palantir, marchant avec les services Amazon et utilisée pour les programmes de détention et de déportation–, et que la peur que la technologie soit employée de façon abusive par certains pouvoirs ne devait pas bloquer toute innovation technologique.

Les Amazoniens, eux, demandent plus de transparence, et de décence.

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