Égalités / Politique

Des hommes se font passer pour des femmes transgenres lors d'élections au Mexique

Temps de lecture : 2 min

Ils ont été disqualifiés.

Des personnes muxes lors d'une conférence de presse à Oaxaca, au Mexique, le 7 mai 2018 | Patricia Castellanos / AFP
Des personnes muxes lors d'une conférence de presse à Oaxaca, au Mexique, le 7 mai 2018 | Patricia Castellanos / AFP

Au cours des vingt dernières années, le Mexique a progressivement introduit des lois pour encourager la parité entre les sexes dans ses institutions. Depuis 2013, une réforme constitutionnelle a imposé qu'un équilibre homme-femme à 50-50 soit observé dans toutes les candidatures au Congrès.

Déjouer la parité

Alors que les élections présidentielle et législatives devraient se tenir le 1er juillet, le tribunal électoral de l'État d'Oaxaca, au sud du pays, a été saisi pour traiter des irrégularités de candidatures dans douze municipalités. Si en avril dernier, le Mexico News Daily faisait état d'un record de dix-neuf femmes transgenres inscrites en tête de liste municipale ou pour le poste de suppléantes, le tribunal vient d'en disqualifier quinze, statuant qu'il s'agissait d'hommes cisgenres prétendant être transgenres pour contourner les règles paritaires.

La communauté zapotèque reconnaît à travers les «muxes» un «troisième genre», qui concerne les personnes assignées masculines à la naissance mais qui se définissent à travers une identité de genre féminine. À cet égard, les muxes sont comptabilisées dans les candidatures de femmes lors des élections.

Or d'après le tribunal, les quinze personnes disqualifiées n'étaient pas connues pour être muxes avant la période d'inscription des candidats et candidates, rapporte le Guardian.

«Pas une seule des places dédiées aux hommes n'a été prise par une personne transgenre. Cependant, dix-neuf places dédiées aux femmes... ont été prises par des hommes qui prétendent qu'ils sont transgenres», s'est indignée Anabel López Sánchez, la directrice du Collectif pour la citoyenneté des femmes d'Oaxaca.

Deux autres candidates mises en cause ont été quant à elles jugées éligibles ce vendredi, ayant été reconnues comme s'identifiant en tant que personnes transgenres indépendamment du calendrier électoral.

Instrumentalisation de la transidentité

Lors du jugement, le tribunal a d'abord réaffirmé que «la manifestation de l'appartenance à un genre est suffisante pour justifier l'auto-enregistrement d'une personne», mais a aussitôt ajouté qu'il ne s'agissait pas d'instrumentaliser la transidentité à des fins politiques:

«Les autorités électorales doivent prendre garde à l'utilisation abusive possible de l'auto-enregistrement, afin de ne pas permettre... que l'identité transgenre soit utilisée de manière trompeuse pour se conformer au principe constitutionnel de l'équité.»

Les places laissées vacantes par les candidats disqualifiés devraient donc être prises par des femmes.

Slate.fr

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