Sciences / Sports

La course à pied fait du bien à votre cerveau

Temps de lecture : 2 min

Un esprit sain dans un corps sain.

Anima sana in corpore sano | 
Curtis MacNewton via Unsplash License by
Anima sana in corpore sano | Curtis MacNewton via Unsplash License by

Pendant un jogging vous transpirez, vous avez le souffle court, bref, vous souffrez. Mais savez-vous que la course à pied a un effet considérable sur votre cerveau? Les plus férus de running sont déjà un peu au courant: courir permet de se vider la tête, d'être plus concentré et de meilleure humeur. Une équipe de scientifiques de l’université de Western Michigan a cherché à comprendre l'origine de ce phénomène.

Les chercheuses et chercheurs américains ont mis vingt-deux joggeurs amateurs à l’épreuve. Après trente minutes passées sur un tapis de course, ils se sont rendu compte que les capacités des sportifs à traiter l’information, à se concentrer et à passer d'une tâche à une autre étaient nettement améliorées. Les meilleurs progrès ont été enregistrés après plusieurs fractionnés de dix minutes.

Ces recherches viennent confirmer les résultats de l’étude réalisée en 2016 par David Raichlen, anthropologue à l’université de l’Arizona. En comparant l'activité cérébrale de coureuses et coureurs réguliers à celle de non sportifs, ce scientifique s’était rendu compte de la nette amélioration de l’activité du lobe frontal –cette partie du cerveau est engagée en tout ce qui concerne les fonctions motrices et la mémoire de travail.

Comme pour bon nombre de choses, c’est une question de dosage: une équipe de neuroscientifiques allemands a analysé l’activité cérébrale des participants à la Trans Europe Footrace, un ultramarathon transcontinental. Pendant la course, les scientifiques ont remarqué que la matière grise des coureuses et coureurs avait diminué de 6% –la diminution «normale» associée à la vieillesse est de 0,2% par an.

Quand running rime avec méditation

Pratiquer la course à pied de façon régulière aurait de réels bénéfices sur la santé physique et mentale: «Dans un monde où tout rime avec distraction, la course à pied permet de retrouver un sentiment de contrôle», écrit Ben Martynoga, journaliste au Guardian.

Mieux encore, le running permet de diminuer l’activité de veille de notre cerveau aussi appelé réseau du mode par défaut (RMD): un réseau composé de régions du cortex préfrontal qui fonctionne même lorsque l’on ne fait rien. Quand nous sommes en «veille», notre monologue intérieur prend le dessus, notre esprit vagabonde parfois jusqu’à des zones sombres de notre cerveau associées à des symptômes de dépression.

L’étude de David Raichlen soutient que la course à pied serait une forme de méditation mobile: l'imagerie cérébrale montre que ces deux pratiques ont des effets similaires sur notre cerveau: «Pendant un jogging, vous aurez tendance à être absorbé par le moment présent, à être en parfait harmonie avec votre corps et pleinement conscient de votre respiration», explique The Guardian.

L’étude réalisée par l’équipe de scientifiques de l’université de Western Michigan offre donc une perception du dialogue mystérieux entre notre cerveau et notre corps.

«À première vue, on s’imagine pas que nos jambes puissent affecter notre état mental. Ces recherches nous rappellent que le cerveau est un organe comme un autre. Ce que vous choisissez de faire de votre corps, aura inéluctablement des conséquences sur votre état psychologique», conclut Ben Marynoga.

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