Égalités / Monde

Les agressions sexuelles en avion ne cessent d'augmenter

Temps de lecture : 2 min

«Une seule victime est une victime de trop», souligne David Games, agent spécial du FBI.

Il vaut mieux s'asseoir côté couloir | Morre Christophe via Unsplash License by
Il vaut mieux s'asseoir côté couloir | Morre Christophe via Unsplash License by

Les agressions sexuelles déclarées à bord des avions ne cessent d’augmenter: en trois ans, le nombre de personnes ayant signalé une agression a presque doublé –passant de trente-huit cas en 2014 à soixante-trois en 2017. Ce mercredi 20 juin, le FBI a tenu une conférence de presse à l’aéroport international Thurgood Marshall de Baltimore-Washington afin de susciter une prise de conscience concernant le harcèlement sexuel dans les avions.

«Même si les victimes d'agressions ne représentent qu’un petit pourcentage comparé aux dizaines de millions de passagers et passagères annuelles, une seule victime est une victime de trop. On se rend bien compte que les cas recensés d’agressions sexuelles sont en augmentation», souligne David Games, agent spécial du FBI.

Un tabou

En 2016, nous vous faisions part d’une enquête réalisée par Slate.com sur le tabou concernant les viols pendant les vols de nuit. Entre problème de procédure et décisions maladroites, les compagnies aériennes ne savent que trop peu comment gérer les affaires de violences sexuelles survenues à bord de leurs appareils.

À l’époque, Dana témoignait de l’agression sexuelle subie pendant un vol de nuit vers Francfort: «Ce dont Dana se souvient, dans le coaltar, et de voir son voisin lui désigner son entrejambe en lui disant: “Viens t'allonger sur mes genoux” [...] Plus tard, son voisin avait attrapé son sein gauche et pinçait son téton à travers son T-shirt». Après s’être plainte, la jeune Américaine s’est vue couverte de cadeaux par le personnel de bord, visiblement mal à l’aise avec la situation.

Newsweek rapporte le témoignage d'autre victime: «Je prends souvent des vols transatlantiques. Ces vols partent sur les coups de dix-huit heures. En général, je dîne et je regarde un film pour m'endormir. Je commençais à m’assoupir quand j'ai senti une main sur mon entrejambe. Je lui ai dit “non” à plusieurs reprises avant d'aller me réfugier dans les toilettes». Après coup, un des membres du personnel lui a confié que ce genre d'agression était «assez commun», avant de lui permettre de changer de siège.

«J'étais atterrée. Comment est-ce que c'est possible? Et pourquoi je n'en ai jamais entendu parlé?», s'est-elle indignée.

Un mode opératoire similaire

D’après Gary Loeffer, un agent en charge du bureau du FBI à Buffalo, les prédateurs sexuels partagent tous un même mode opératoire: «Les attaques se passent généralement sur des vols long-courrier de nuit quand la cabine est très peu éclairée. Les agresseurs profitent du fait que, en général, les passagers ou passagères prennent des somnifères pour dormir sur les vols longs. Les victimes sont habituellement assises dans le siège du milieu ou côté fenêtre».

Le rapport du FBI rend aussi compte des profils des agresseurs et de ceux des victimes: le plus souvent les agresseurs sont des hommes alors que les victimes sont des femmes ou des mineurs non accompagnés. Toutefois, David Gates indique que toutes les combinaisons sont possibles. Newsweek alerte sur le fait que les chiffres publiés par le FBI pourraient être en-deça de la réalité, bon nombre d'agressions demeurant encore non déclarées.

Slate.fr

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