Égalités / Monde

Le plafond de verre en politique se brise peu à peu pour les LGBT

Temps de lecture : 2 min

La liste des pays dirigés par une personne LGBT est courte, mais grandit vite.

«Si une balle devait entrer dans mon cerveau, que cette balle détruise tous les placards de ce pays.» - Harvey Milk | Kirsti Lee via Unsplash CC License by
«Si une balle devait entrer dans mon cerveau, que cette balle détruise tous les placards de ce pays.» - Harvey Milk | Kirsti Lee via Unsplash CC License by

C'est seulement en 2009 que la première leader ouvertement LGBTQ (lesbien, gay, bisexuel, transgenre ou queer) est élue à la tête d'un pays: Jóhanna Sigurðardóttir, en Islande. Suivie en 2011 du Premier ministre belge, Elio Di Rupo, homosexuel. Depuis 2013, Xavier Bettel est Premier ministre du Luxembourg. Ana Brnabić en Serbie et Leo Varadkar en Irlande –bien que le pays n'ait décriminalisé l'homosexualité qu'en 1993– sont eux-aussi à la tête d'un gouvernement. Un petit club, certes, mais un progrès inimaginable pour d'autres générations.

Aux États-Unis, les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenres ou queer parviennent à se faire une place à tous les niveaux politiques. Il y a vingt-trois maires LGBT et 559 personnes LGBTQ occupent diverses fonctions (pour atteindre un taux représentatif de la population globale, il faudrait en élire 22.827 de plus). Au Royaume Uni en 2017, quarante-cinq députés et députées LGBT ont été élues au parlement et ce, au sein des deux partis.

400 personnes LBGT sont en lice pour les élections de 2018 aux États-Unis. Parmi elles et eux, Chelsea Manning, lanceuse d'alerte transgenre se présente pour devenir sénatrice du Maryland; Cynthia Nixon, ancienne actrice de Sex and The city, mariée à sa femme Christine Marinoni depuis 2012, courtise le poste de gouverneur de New York. Et au Texas, la course pour ce poste pourrait être remportée par une femme latino-américaine et lesbienne: Lupe Valdez.

«Être gay n'est pas comme avoir des yeux bleus, c'est une partie intégrante de mon identité»

Corey Johnson, 36 ans, président du conseil municipal de New-York, n'est pas le premier homme gay à ce poste mais, il est le premier à être zéro-positif et à en discuter. Pour lui «être gay n'est pas comme avoir des yeux bleus, c'est une partie intégrante de [son] identité», et il estime que cela sera toujours associé, d'une certaine manière, à la personne politique qu'il est.

Pour lui, l'orientation sexuelle d'un candidat ou d'une candidate n'est plus autant un sujet de débat qu'à l'époque d'Harvey Milk ou Larry Kramer, ceux qui l'ont inspiré. Si Danica Roem, femme transgenre a été élue au sénat de Virginie l'année dernière, c'est sur des «questions de niveau de vie et égalités», même si son identité a pu faire partie du débat.

Johnson estime cependant que l'activisme a tendance à s’essouffler et que de plus en plus d'alliés et alliées se désintéressent du combat car les grandes questions comme le mariage et l'adoption pour tous et toutes sont traitées dans le débat public.

«Gay n'est pas la première chose auquelle ils pensent mais plutôt mes actions et points de vue»

Si l'arrivée de personnes lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenres ou queer à la tête d'une ville progressiste comme New York n’étonne guère, un leader gay à la tête d'un pays catholique comme l'Irlande ou une femme lesbienne dans une nation comme la Serbie, un peu plus.

Idem en Israël, où Amir Ohana s'est fait une place au parlement. Pour lui, conservateur, «l'acceptation des LGBT grandit dans le pays même si c'est de l'évolution plus qu'une révolution». Il se souvient qu'il y a dix ans, les juifs orthodoxes israéliens parlaient de l'homosexualité comme «d'une maladie, ayant besoin d'être traitée comme la grippe». Il affirme qu'avec plus de visibilité de la communauté, les mentalités évoluent: «Même si certains condamne encore l'homosexualité, ils comprennent qu'ils font partie de la société». Amir Ohana assure à Quartz que quand les gens de son parti d'extrême droite le voient, «gay n'est pas la première chose à laquelle ils pensent mais plutôt mes actions et points de vue». La communauté LGBT investit donc aujourd'hui tout l'échiquier politique.

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