Sarkozy à Questions pour un champion
Hyper-président, c'est vrai, c'est nouveau. Omniscient, on a tout de même un peu plus l'habitude.
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Tout juste s'est-il planté ici ou là, sur le nombre d'exploitations laitières qu'il situe aux alentours de 100.000 alors que chacun sait qu'il est tout de même bien plus près des 80.000, par exemple. Mais bon, que celui qui n'a jamais confondu un enseignant titulaire de la fonction publique avec un simple contractuel lui jette le premier Tétra-Pak d'UHT! Et puis quoi, il ne s'est même pas démonté lorsqu'un syndicaliste à boucle d'oreille lui a envoyé les délocalisations automobiles à la figure! Mieux, c'est tout juste s'il ne lui a pas expliqué comment, désormais, se répartiraient la production et la commercialisation de la Clio IV à l'échelle internationale! Incollable, qu'il était, le président...
Remarquez, on en a un peu l'habitude, de ces présidents qui savent tout. Chirac, aussi, il pouvait répondre à n'importe quelle devinette au pied levé. Qu'un PPDA le soumette à la question avec l'agressivité qui le caractérise lorsqu'il s'adresse à un puissant, et l'autre grand escogriffe rigolard sortait la bonne réponse de son chapeau sans la moindre hésitation. Et Mitterrand, imperturbable malgré la fesse d'Yves Mourousi posée sur son bureau, débitant sa litanie de statistiques ultra-pertinentes avec l'aisance du spécialiste de l'économie qu'il était de notoriété publique... Et Giscard. Et Pompidou. Et de Gaulle...
Parions que Ségolène Royal, si elle accède un jour à la magistrature suprême, deviendra LA spécialiste incontestée de la flotte française de sous-marins nucléaires. Ou du moins qu'un brave technicien de la Direction des constructions navales, sans doute sélectionné par la méthode des quotas pour participer à une joute télévisée sans complaisance avec la présidente, lui offrira l'occasion de nous épater sur ce thème.
C'est d'ailleurs l'une des preuves les plus éclatantes de la supériorité de nos leaders sur ceux des autres pays, cette omniscience spectaculaire et ce sens inouï de l'à-propos. C'est sûr, les mauvaises langues aiment bien rabâcher que même un âne à qui l'on proposerait de choisir la chaîne, le format du débat, le modérateur, les sujets et l'ordre dans lequel ils seront abordés s'en sortirait aussi bien que le chef des irréductibles Gaulois mais, bon, qu'attendre d'autre des mauvaises langues, hein?
Hugues Serraf
LIRE EGALEMENT SUR LA PRESTATION TELEVISEE DE NICOLAS SARKOZY: Nicolas Sarkozy, le bienveillant et L'imbroglio Proglio.
Image de une: Le plateau de TF1 où des Français posaient des questions à Nicolas Sarkozy / Reuters
Mis à jour le 26/01/2010 à 17h14














![[Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus» [Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/villepin_4_0.jpg)





























Le type d'exercice de style qui consiste à faire passer les figures imposées dans un programme libre n'a rien de très nouveau.
Toutefois, il me paraît profondément injuste de reprocher à quelqu'un qui a vocation à s'occuper des affaires de la France de ne pas connaître le prix de la baguette ou celui du ticket de métro (entre :0.80 et 1 € pour l'une et 1.60 € pour l'autre à Paris, je ne les connaissais pas) qu'il n'achète pas ou ne prend pas.
Je serais, pour ma part beaucoup plus gêné s'il ne connaissait pas le coût d'un déplacement ou d'une heure de vol d'un avion présidentiel.
Je pense également qu'il est totalement inutile d'être capable de citer ces prix.
Je crois d'ailleurs que c'est Estrosi qui, il y a quelques semaines sur RMC, est parti dans une espèce de tirade ridicule pour masquer le fait qu'il ne connaissait pas le prix du timbre. Mais moi non plus je ne le connais pas. Et pas grand monde en fait. Il aurait pu se contenter d'expliquer qu'il y avait belle-lurette qu'il n'envoyait plus de lettres privées (comme l'immense majorité des Français) et en profiter pour évoquer les nécessaires transformations de La Poste à l'heure du mail et de l'IPhone.
Que voulez-vous qu'un citoyen lambda fasse contre un dialecticien du niveau de Sarkozy?? C'est justement parce que la donne est inégale que ces émissions devraient être un éléctrochoc pour les médias français. A trop rentrer dans le parti-pris, ils en ont oublié leur devois d'informer objectivement. Pourquoi le président passe-t-il directement au-dessus des médias pour organiser des débats avec des gens directement?
A mon avis ce type d'émission existe du fait que les médias ne sont plus crédible dans leur rôle d'intermédiaire objectif entre le citoyen lambda et le gouvernement. Entre la démagogie des médias et celle du gouvernement, quel choix a-t-on?
Mais il n'est pas nécessairement stupide de faire se rencontrer le président et de simples citoyens sur un plateau de télévision. Pour autant, on peut trouver étrange que leur présence ne serve qu'à dérouler le programme présidentiel dans un contexte aussi scénarisé.
Pour autant, ce type d'exercice, même non-biaisé, n'a rien à voir avec une authentique rencontre avec d'authentiques journalistes posant les questions qu'ils souhaitent et les formulant de la manière dont ils le souhaitent. Le président n'a pas besoin de connaître le nombre exact d'exploitations laitières et les éléments de calcul de la retraite des artisans sur le bout des doigts, mais doit être en mesure de répondre à des questions concrètes sur son action et ses perspectives.
Il y a tout de même pas mal de pays où la mise en scène d'hier soir passerait pour légèrement soviétisante (oui, je sais, j'exagère. Mais comme on le traite généralement de vichyste, ça change un peu).
Un article nous informant, par exemple, des façons dont communiquent les responsables de l'exécutif dans d'autres démocraties, n'aurait-il pas été plus intéressant que... que ce qui est écrit ci-dessus ?
Il me décevrait beaucoup que Slate.fr se mette à ressembler à Agora Vox.
Écrire un article plus intéressant qu'un autre est TOUJOURS une possibilité. Mais l'on peut se consoler en considérant que l'article que l'on vient de lire est lui-aussi plus intéressant que l'article moins intéressant dont il prend la place...
Est ce qu'un article vous informant que, par exemple, celui qui a fait école en ce genre de fausse communication est M. Berlusconi, seriez vous plus satisfait? Cela s'appelle marketing non pas politique de communication. Est ce que nos deux "petits" dirigeants ont jamais eu le curage d'affronter des vrais débats? Non.
Un article INFORMANT, c'est à dire communiquant respectueusement des faits constatés après un travail d'enquête minutieux, me satisferait.
Les billets d'humeur, les journalistes buzzeurs et autres innombrables éditorialistes, sont une maladie dont je souhaite que notre 4ème pouvoir guérisse afin qu'il puisse s'exercer pleinement et ainsi, permettre à notre démocratie de ne plus être un vain mot.
Vous critiquez Sarkozy de n'être pas capable de tenir tête dans un débat ?
c'est assez étonnant quand on sait qu'aucun politique n'aimerait se retrouver en 'face to face' dans un débat face au président.
Autant, M. Sarkozy a des défauts, autant le critiquer là, c'est de la mauvaise fois absolue.
Voilà un article plein de fiel qui signe le dépit d'un journaliste de constater que quoi qu'il fasse et quel que soit son talent, le journaliste est toujours roulé dans la farine par les Présidents de la République : De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, même Chirac - car je suppose que "l'autre grand escogriffe rigolard" c'était Chirac - et aujourd'hui Sarkozy.
J'avoue qu'il y a de quoi être amer.
Mais pourquoi, dans cet article, monsieur Serraf n'a pas souligné la participation plus qu'intéressante de ces quelques Français qui ont su se présenter avec naturel et sérieux et à qui l'émission doit, sans doute, son audience record, alors qu'on nous avait promis un flop à cause de la concurrence des autres chaînes ?
Ego mortifié de journaliste, peut-être ?
Mr Seraff, votre précédent article m'avait complètement séduit. Je vous l'avais écrit et l'avais même repris sur mon blog. Celui-là ne peux que me faire abonder dans le sens de Marianne Arnaud ci-avant. A moins que de votre part il y ait second ou troisième degré que nous n'aurions, nous pauvres "vrais gens", pas su saisir.
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Je ne sais pas s'il est capable de tenir tête à un débat parce qu'il n'y a jamais de vrai débat, ou alors il est soigneusement préparé. Ce que je voudrais est de voir nos dirigeants répondre à des questions pas préparées en avance. Sarkozy, ainsi que Berlusconi, est un excellent communicateur mais j'aimerais tant, surtout dans des moments de crises majeures, qu'ils aient le courage de prendre des risques et qu'ils arrêtent de faire des "campagnes éléctorales".