Boire & manger / Économie

Les pourboires aux États-Unis, un paradoxe économique

Temps de lecture : 2 min

Faut-il les conserver ou les supprimer?

«Il faut retourner sept fois la monnaie dans sa poche avant de donner un pourboire.» | Allef Vinicius via Unsplash License by
«Il faut retourner sept fois la monnaie dans sa poche avant de donner un pourboire.» | Allef Vinicius via Unsplash License by

Pour tous les visiteurs et visiteuses du pays de l’oncle Sam, les pourboires sont un vrai casse-tête: quand faut-il en laisser un et combien donner? C’est très simple: un service (restauration, taxi ou coiffeur) = un pourboire. Le montant de ces tips peut varier entre 15% et 20% de la totalité de votre ticket de caisse selon votre degré de satisfaction.

Aux États-Unis, les serveurs, serveuses et autres salariés et salariées des métiers de service dépendent des pourboires pour survivre. Dans certains États, le salaire minimum des travailleuses et travailleurs «rémunérés au pourboire» atteint seulement 2,13 dollars (1,84 euro) de l'heure en vertu du Fair Labor Standards Act.

«La plupart des Américains pensent que le système de pourboire est une transaction économique entre le serveur et le client. Le problème c’est que le serveur est souvent tenu responsable de l’expérience culinaire et sera récompensé en conséquence. C’est injuste», écrit Allison Schrager, journaliste à Quartz.

En somme, le revenu des serveurs et serveuses varie selon l'humeur ou la bonté des clients et clientes, mais aussi le nombre de couverts. Les personnes travaillant dans ce secteur sont deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. Alors pourquoi ne pas remplacer les pourboires par un salaire minimum fixe pour tous les salariés et salariées?

La ville de Washington dit goodbye aux pourboires

Ce mardi 19 juin, les électeurs et léectrices de la ville de Washington ont voté à 55,14% en faveur de l’instauration d’un salaire minimum de 15 dollars (12,90 euros) de l’heure d'ici 2025 pour les personnes jusqu’à présent rémunérées au pourboire. Exit les tips. Le projet de loi Initiative 77 vient donc bousculer une pratique profondément ancrée dans la culture américaine.

À Washington, si les pourboires reçus ne permettaient pas aux employés et employées d’atteindre le minimum légal de 12,50 dollars (10,80 euros), les employeurs étaient censés compenser le manque à gagner. Problème: selon le Washington Post, bon nombre de restaurants n'appliquent pas cette législation. Initiative 77 assurerait donc une rémunération stable aux salariés et salariées.

Pourtant, cette mesure ne plaît pas à tout le monde. Le salaire minimum ne serait pas à la hauteur: certains employés et employées se plaignent du fait qu’ils et elles gagnent bien plus que le salaire minimum proposé par le gouvernement. D'autres craignent de voir les prix sur les menus des restaurants grimper pour compenser les nouvelles dépenses des restaurants.

Un moyen de lutter contre le harcèlement

Pour lcelles et ceux rémunérés aux tips –en particulier les femmes– les pourboires riment souvent avec harcèlement sexuel. Pour les représentants de «One Fair Wage», une campagne nationale pour la défense d'un salaire minimum plus juste, la supression des pourboires serait un moyen d'amoindrir le rapport de force entre clients et employés.

«Dépendre des pourboires signifie subir des avances non sollicitées et des commentaires pour ne pas perdre le pourboire d'une table avec une grosse addition», explique Christopher Maggiano, qui siège au conseil de l'organisation Restaurant Opportunities Centers United (ROC).

Slate.fr

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