Parents & enfants / Monde

Pourquoi les ados néerlandais sont-ils plus heureux?

Temps de lecture : 2 min

Les jeunes des Pays-Bas raflent souvent les premières places des classements.

Il en faut peu pour être heureux | zaenuddinahmad67 via Pixabay CC License by
Il en faut peu pour être heureux | zaenuddinahmad67 via Pixabay CC License by

Quasiment toutes les enquêtes sur le bonheur des jeunes dans les pays développés classent les Néerlandaises et Néerlandais parmi les plus heureux. Une enquête de l'Unicef datant de 2013 plaçait, déjà, les ados de ce pays en tête du classement pour ce qui est du bien-être et surtout du bien-être à l'école. Une position confirmée par la dernière étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sur l'échelle de Cantril où «la meilleure vie possible» vécue par le sujet correspond à 10, et la pire à zéro, 94% des garçons néerlandais et 88% des filles attribuent une note allant 6 à 10. Le panel était constitué d'ados de 11, 13 et 15 ans.

La docteure Simone de Roos, notamment chercheuse pour l'institut des sciences sociales hollandais, estime que les chiffres des prochaines enquêtes pourraient bien être encore plus haut: «En général, les jeunes ont un environnement encourageant à la maison et des amis à l'école. Les parents néerlandais soutiennent beaucoup leurs enfants et ne les contrôlent que de façon très modérée. Il y a un climat très égalitaire, les professeurs ne sont pas autoritaires et comprennent les sentiments des élèves, et les élèves leurs font confiance en retour», a relaté la chercheuse au Guardian.

Comment l'expliquer?

Les Pays-Bas sont un pays qui se porte bien, en bonne santé économique, avec un faible taux de chômage et un faible taux d'inégalités.

Le directeur de la base de données mondiale du bonheur, Ruut Weenhoven pense aussi que les jeunes néerlandais et néerlandaises ont beaucoup moins de pression à «devenir bon». Il explique au Guardian que «si on regarde l'Europe, les Néerlandais comme les Danois sont les plus indulgents et se concentrent plus sur le fait de développer l'autonomie de l'enfant que sa capacité à obéir –et cela correspond à la société.» Il ajoute que «les enfants sont plus libres de faire ce qu'ils veulent, de développer une idée de ce qu'ils aiment vraiment. Un enfant heureux n'est pas forcément un “bon enfant”».

Un adolescent explique aussi au Guardian que le harcèlement est très rare aux Pays-Bas: «Ici, on ne voit pas vraiment d'attitude du genre. Si quelqu'un essayait de me harceler, je l'ignorerais. J'ai mes propres amis avec qui je m'entends bien. Je n'ai pas d'images sociales, je ne pense pas que tout le monde devrait m'aimer –c'est pas réaliste». 86% des enfants interrogés pour le classement de l'OMS parlent de leurs camarades de classe comment étant «gentils et aidants».

60% en filière pro

Le système scolaire est très différent du système français. Après douze ans, l'enfant a le choix entre trois types de parcours secondaires, du très manuel au plus académique. 60% des élèves s'orientent vers les fillières professionnalisantes contre 20% en France. Il est tout à fait possible de changer de parcours en cours de route et il est socialement accepté de redoubler.

L'équivalent du baccalauréat est aussi très différent. Quelle que soit l'orientation choisie, les élèves doivent définir un domaine de compétences. Ils et elles choisissent une spécialisation, puis présentent un certain nombre de matières, au choix, à l'examen final.

Un jeune garçon résume la situation du pays pour le Guardian: «Aux Pays-Bas, nous sommes riches, la plupart des choses pour les enfants sont très bien organisées, comme l'école ou la santé, si les gens sont pauvres, on essaie aussi de les aider. C'est sûrement pour ça que les enfants sont contents».

Slate.fr

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