Égalités / Tech & internet

Un site de rencontre sans photos pour la communauté queer

Temps de lecture : 2 min

Pour se concentrer sur les mots plus que sur le physique.

Le fil Instagram du site Personnals (capture d'écran) | Kelly Rakowski via Instagram CC License by
Le fil Instagram du site Personnals (capture d'écran) | Kelly Rakowski via Instagram CC License by

Si Tinder a mauvaise réputation auprès de certaines personnes qui souhaitent trouver l'amour, c'est que ce site de rencontre est de plus en plus utilisé comme un catalogue: un défilé de photos se présente à vous et vous balayez votre écran vers la droite ou la gauche –frénétiquement.

À contre-courant, Kelly Rakowski, essaie de lancer un site de rencontre pour les lesbiennes, queer-transgenres et non-binaires qui n'implique aucune photo. Pour le moment, Personnals est un compte Instagram où elle poste des descriptions de personnes. Elles répondent à deux questions: qui sont-elles, que cherchent-elles?

«31 ans, campagnarde dans l'âme vivant à la ville, fluide dans la vie comme au lit, infiniment nerd. Je te ferai des playlists pour toutes tes humeurs, t'écouterai parler pendant des heures et interpréterai les rêves de ton animal de compagnie. Certifiée queer, pour des rencontres amicales ou pour du flirt. Allons danser, rire, explorer la nature et profiter d'un été d'aventures.»

@boalihamou

Une publication partagée par PERSONALS (@_personals_) le

Les petites annonces des temps modernes

Le compte Instagram s'inspire du magazine lesbien On Our Backs qui publiait des petites annonces érotiques appelées Personnals.

Kelly Rakowski relayait des archives de ce magazine, puis s'est dit: «Pourquoi on n'en écrirait pas aujourd'hui ?», explique-t-elle à Fast Company. Ses abonnés et abonnées se sont prêtées au jeu et, très rapidement, elle a été obligé de créer un second compte, Personnals, uniquement dédié aux annonces.

Une fois par mois, elle reçoit des mini-portraits pendant 48 heures, un peu plus de 500 à chaque fois, qu'elle publie alors au compte-goutte. Aujourd'hui, son compte est suivi par plus de 30.000 personnes.

Kelly Rakowski a créé une campagne de crowdfunding sur Kickstarter pour transformer son compte Instagram en plateforme à part entière, en conservant une porte d'entrée via le réseau social pour éviter les faux profils.

Les descriptions resteront uniquement textuelles: «Je pense qu'écrire directement sur soi, sur ses désirs, permet de connecter à un niveau plus profond», justifie-t-elle. Passer par le langage est d'autant plus important au sein de la communauté queer qu'il est le premier mode d'identification, explique-t-elle. «Il y a plein de mots qui vous décrivent qui ne sont pas présents dans le langage des hétérosexuels, c'est presque un code.» Les annonces sont limitées à quarante-cinq mots.

L'application devrait être lancée à l'automne et ressembler au fil Instagram. Les annonces seront recensées par mot-clefs correspondant à la localisation, l'âge, l'identité genrée. Ils permettront ainsi une meilleure navigation. Un lien vers l'e-mail de la personne concernée sera incorporé afin qu'elle reçoive un message direct dans sa boîte mail.

Un hastag, #metonpersonals, recense déjà les couples formés grâce au compte.

Pour le moment, Personnals est fait pour les lesbiennes, queer-trans, et non-binaires –la page n'inclut pas les hommes gays. «Il y a déjà beaucoup de choses de faites pour les hommes gays, je pense qu'il faut un espace pour nous aussi, on le construit, on prend l'espace et après on peut accueillir d'autres personnes.»

Slate.fr

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