Santé / Monde

Un médecin argentin dit qu'il pratiquera l'avortement «sans anesthésie», et se fait virer

Temps de lecture : 2 min

Le pays d'Amérique latine est sur le point de légaliser l'interruption volontaire de grossesse sous certaines conditions.

Manifestation pour la légalisation de l'avortement à Buenos Aires, le 13 juin 2018. | EITAN ABRAMOVICH / AFP
Manifestation pour la légalisation de l'avortement à Buenos Aires, le 13 juin 2018. | EITAN ABRAMOVICH / AFP

Le 14 juin, les députés argentins ont adopté à une courte majorité le projet de loi visant à légaliser l'avortement. Quelques heures plus tard, rapporte le journal colombien El Espectador, un médecin exerçant dans la province de la Rioja, dans le Nord de l'Argentine, a cru bon de poster ce statut sur son compte Facebook: «Avec moi, les avortements se feront sans anesthésie».

Aussitôt, les commentaires fusent, et l'auteur initial passe ses publications sous statut privé. Trop tard: des internautes ont eu le réflexe de faire des captures d'écran, et le post devient viral.

Ce médecin, du nom de Facundo Segovia Barcena, exerce en tant qu'anesthésiste dans un hôpital de la ville de La Rioja. Il est également secrétaire général d'une association regroupant ses confrères de la région. Ou plutôt pourrions-nous écrire au passé: après avoir été informé de ces déclarations, le ministère de la Santé de la province de La Rioja a tout bonnement décidé de virer le praticien «de manière immédiate». L'institution a même informé l'association et l'Ordre des Médecins des propos qu'avait tenus Barcena.

Dans un communiqué, les responsables du ministère ont assuré dire «NON aux violences obstétricales institutionnalisées». «La Rioja garantit les droits liés au genre», ont-ils également rappelé.

Cette province est l'une des neuf du pays qui pratiquent déjà l'avortement, jusqu'à présent légal en cas de viol de la mère. Le projet de loi, qui doit encore être examiné par le Sénat, permettra aux femmes enceintes d'avorter jusqu'à la 14e semaine de leur grossesse, en cas de viol, de risque pour leur vie, leur santé physique, mentale ou sociale, et en cas de malformations graves du fœtus. En outre, elles n'auront pas besoin d'obtenir une autorisation judiciaire préalable pour interrompre leur grossesse.

Slate.fr

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