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Au Japon, les touristes exaspèrent les habitants (et font perdre 8,6 millions d'euros à Airbnb)

Temps de lecture : 2 min

Une nouvelle loi limitant les propriétés disponibles à la location est entrée en vigueur pour réduire la «pollution touristique».

Une femme en kimono et au second plan, ses nombreux photographes  | Kevin Xie via Unsplash CC License by
Une femme en kimono et au second plan, ses nombreux photographes | Kevin Xie via Unsplash CC License by

Comme à Venise (trente millions de visites annuelles), Barcelone (dix millions), Amsterdam ou encore la Grèce, l'afflux de touristes nuit à l'environnement japonais et à la tranquillité des habitants.

Une nouvelle loi encadrant les conditions de location est en application depuis ce vendredi et elle a fait perdre beaucoup d'argent à Airbnb. Les nouvelles règles obligent les propriétaires de biens immobiliers à remplir une déclaration auprès du gouvernement avant de pouvoir les louer aux touristes. Et ces propriétés ne peuvent pas être louées plus de 180 jours par an, les autorités locales se réservant le droit d'imposer des restrictions supplémentaires.

Au printemps dernier, environ 60.000 biens étaient disponibles à la location, aujourd'hui, il n'y en a plus que 1.000, obligeant ainsi Airbnb à rembourser des réservations: un coût de dix millions de dollars –soit 8,61 millions d'euros– pour l'entreprise.

40 millions de touristes d'ici à 2020

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, le gouvernement japonais a lancé des campagnes de communication pour attirer les touristes. Ce fut très efficace puisque 28,7 millions de personnes ont visité le pays en 2017, soit deux fois et demi plus qu'en 2012. Des touristes orginaires de Chine, de Corée du Sud, de Taiwan, de Hong Kong, de Thaïlande ou des États-Unis. Et le gouvernement estime qu'il faudra accueillir 40 millions de touristes par an d'ici aux Jeux Olympiques de 2020.

«Quand il y avait peu de touristes, les gens se plaignaient, et maintenant qu'il y en a beaucoup, ils ne sont pas prêts. Si c'est comme cela aujourd'hui, imaginez ce que ce sera à la vieille des Jeux Olympiques», note Peter MacIntosh, un guide local basé à Kyoto, au Guardian.

Le week-end, les autoroutes et les restaurants qui les bordent sont pris d'assaut. Tomoko Okuda, le propriétaire d'un de ces établissements, déplore un manque d'éducation des voyageuses et voyageurs: «Faire une réservation et annuler dans le même journée est peut-être accepté dans certains pays, mais au Japon, c'est vraiment problématique. Il y a aussi des gens qui vont dans des cafés ou salons de thé, qui prennent des photos et qui partent sans rien commander». D'autres comportements sont très mal perçus, comme le fait de fumer ou de manger dans la rue, par exemple.

La ville de Kyoto se rebelle

Un scène est devenue terriblement banale à Kyoto raconte le journaliste Justin McCurry dans le Guardian: des touristes vêtus des kimonos de location posant pour des photographes ou se prenant en selfie devant des sanctuaires shinto.

Pour répondre aux plaintes des habitantes et habitants de Kyoto, les autorités locales ont été les premières à remettre en cause les locations de courte durée.

Les locaux accusent les touristes d'errer devant les maisons, de s'assoir sur des portails en bambou fragiles, de boire un peu trop d'alcool, de faire énormément de bruit et de prendre des selfies de manière intempestive. L'atmosphère intimiste qui attirait les touristes à Kyoto n'est plus.

«Le problème c'est que tout le monde voit Kyoto comme un studio privé de photos. J'ai vu des maiko [apprentie geisha, ndlr] fondent en larmes et repoussent les personnes qui essayaient de les prendre en photo. Elles ne sont pas à leur disposition», s'insurge MacIntosh, le guide de Kyoto.

Slate.fr

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