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En Angleterre, «l’upskirting» sera bientôt passible de deux ans de prison

Temps de lecture : 2 min

Pour (enfin) combler le vide juridique.

Campagne russe «Qu’y a-t-il sous ma jupe?» | Capture d'écran via Youtube
Campagne russe «Qu’y a-t-il sous ma jupe?» | Capture d'écran via Youtube

L'upskirting caractérise le fait de regarder ou photographier sous les jupes des filles dans les lieux publics. L'avènement des téléphones mobiles équipés d'appareils photo est souvent pointé du doigt comme étant à l'origine du développement de cette pratique. Comme bon nombre de pays, le système juridique anglais n’est pas encore adapté aux crimes et délits liés aux nouvelles technologies. Résultat: le nombre de photos prises sans consentement se multiplie.

C’est pourquoi Wera Hobbouse, député parlementaire libéral-démocrate, vient de présenter un projet de loi qui punira l'upskirting jusqu’à deux ans d'emprisonnement. Jusque-là, ces pratiques restaient bien trop souvent impunies.

En 2017, le Telegraph rapportait l’histoire de Gina Martin, une victime d'upskirting. Lors du British Summer Time, un festival de musique en Angleterre, un homme avait pris à son insu une photo sous la jupe de cette Anglaise. Elle s'en est rendu compte et a voulu porter plainte, mais a découvert qu’il existait un vide juridique autour de cette pratique. Gina Martin a donc décidé de lancer une pétition afin de sensibliser le public et faire condamner l'upskirting comme une infraction sexuelle. Depuis, la pétition a été signée plus de 100.000 fois.

«Nous savons que ce vide juridique doit être comblé. C’est une question de bon sens. Maintenant si une personne est victime de upskirting, elle sera considérée comme telle. La police sera alors en mesure de réagir et de punir les prévenus», explique Wera Hobbouse.

«Un problème trop souvent ignoré par la société»

Cette même année, Anna Dovgaliouk, une étudiante russe, s’est mise en scène dans chacune des stations de métro de sa ville de Saint-Pétersbourg pour dénoncer l’upskirting. Avec la campagne «Qu’y a-t-il sous ma jupe?», elle espère «attirer l’attention sur un problème ignoré par la société».

En France, il n’existe pas de loi qui protège les victimes d’upskirting. Comme l’explique la Voix du Nord, cette pratique ne porte pas «atteinte à l’intimité de la vie privée» puisque les faits se déroulent en public. La justice ne peut pas non plus poursuivre la ou le prévenu pour agression sexuelle car la loi suppose un contact physique, ce qui n’est pas le cas avec un téléphone portable.

«Ce genre de comportement est une odieuse atteinte à la vie privée. Les victimes se sentent salies et ne savent pas quoi faire. En condamnant ce délit, nous lançons un message très clair: ces pratiques ne seront plus tolérées et les auteurs seront adéquatement punis», explique la Britannique Lucy Frazer, sous-secrétaire d'État parlementaire au ministère de la Justice.

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