Nicolas Sarkozy, le bienveillant
Le temps d'une soirée sur TF1, le président a cherché à prouver qu'il pouvait être à l'écoute.
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Avouons que ce n'était pas forcément le tapis de rose auquel on aurait pu s'attendre! En termes de stratégie d'opinion, Nicolas Sarkozy n'aura sans doute pas réussi à convaincre ses opposants, mais il aura peut-être réussi à opérer un début de modification de son image. On avait un président que l'on disait isolé, loin des réalités, qui ne semblait comprendre l'état de l'opinion qu'au travers des enquêtes des instituts de sondages, un président volontiers vantard, sûr de lui et péremptoire... On aura eu, le temps d'une soirée au moins, un président admettant pouvoir se tromper, un président à l'écoute, tentant de comprendre les cas particuliers qu'il côtoyait avec un certain naturel.
Une posture apaisée
Ces images et ces impressions seront peut-être rentables sous forme de quelques points de popularité dans les prochains sondages... Mais ce sont des impressions, des images de surface qui ne changent finalement pas grand-chose à la difficulté majeure actuelle: la distorsion entre le discours et la réalité. Nicolas Sarkozy a sans doute voulu, lundi soir, inaugurer une nouvelle phase de sa présidence, une période plus apaisée, au cours de laquelle il tentera de se présenter en protecteur bienveillant et attentionné.
C'est un changement stratégique, un conseil qui lui était prodigué par une partie de sa majorité et de son entourage. Le titre de la une du Figaro de ce mardi 26 janvier, «le nouveau Président», le suggère d'ailleurs. Ses attitudes lundi soir, que l'on sentait très contrôlées et dictées par une volonté de calmer le jeu, rappelaient un peu les efforts que Nicolas Sarkozy avait déployé pour rester calme et mesuré lors de son débat face à Ségolène Royal pendant de la campagne présidentielle. La posture du président semblait être lundi soir de cet acabit. Cette forme d'empathie peut payer, mais il y a un risque également. Quand Nicolas Sarkozy dit, je cite: «Je comprends que votre situation n'est pas facile mais comprenez que mon travail n'est pas facile non plus», d'abord le parallèle est osé mais cette façon de demander de l'indulgence peut introduire l'idée d'une certaine impuissance... Le contraire de ce que le sarkozysme prétendait incarner jusque-là.
Le discours et la réalité
Au-delà de la communication, il y avait, avec cet échange entre des individus, avec leur histoire personnelle et le président de la République ainsi confronté à des cas concrets et humains, quelque chose, c'est vrai, de spectaculaire (au sens ou c'était un spectacle étrange et inédit) avec le charme du contraste, la curiosité de l'incongruité et en même temps un malentendu complet.
D'un cas particulier, Nicolas Sarkozy tirait des généralités en forme de justification de sa politique. Il ne pouvait pas faire autre chose, bien sûr, mais ça donne une confrontation bancale entre l'intime et l'universel, l'émotion et le rationnel, le concret et le théorique, l'expérience vécue qui dit blanc et les statistiques imparables qui disent noir.
Finalement, on retombait toujours sur le même os du sarkozysme: la correspondance assez hasardeuse entre le discours et la réalité. Relevons quelques exemples d'affirmations qui ne correspondront pas forcément à ce qui se fera, et que l'absence de réels contradicteurs a permis de laisser passer: Nicolas Sarkozy a pu dire par exemple que toutes les automobiles françaises vendues en France seront produites en France, qu'il envisage d'étudier l'intégration des contractuels de la fonction publique ou que le chômage va baisser dans les semaines ou les mois prochains. Autant d'affirmations efficaces pour la prochaine mesure de popularité, mais qui peuvent devenir des petites bombes politiques à retardement.
Thomas Legrand
LIRE EGALEMENT: Pourquoi la méthode Sarkozy ne fonctionne plus, La mauvaise gouvernance mine le sarkozysme, L'imbroglio Proglio et Le piège de la réforme des retraites.
Image de une: Nicolas Sarkozy dialoguant sur le plateau de TF1/Reuters
Mis à jour le 27/01/2010 à 10h51










































Analyse juste. Il faut quand même souligner que quand un invité posait une question, TF1 affichait en même temps en arrière plan un slide relatif à la question avec les sujets soulevés par la question. Ce slide n'a probablement pas été fait en direct.. Et quand une question déviait, Pernod était là pour dire "on en parlera plus tard". Il paraît clair que Sarko savait quasi exactement la question qui allait lui être posée par chacun et que chaque réponse était pesée.. Il a même pris soin, après chaque question, de faire redire à chaque personne d'où elle venait, comme si il ne le savait pas déjà. Il y avait l'illusion de l'interactivité mais tout était calculé. Il s'est donc peu exposé.
Je noterait quand même deux caractéristiques du personnage :
1/ mettre tous les moyens de l'état sur un détail: "votre patron ne vous demande pas de faire des heures sup, OK je l'appelle demain". J'imagine le pauvre patron de supermarché qui reçoit un coup de fil de Sarkozy aujourd'hui, où va-t-il trouver des heures sup ? Finalement, avec beaucoup de moyens il ne s'occupe que de détails (une clim à 50 000 € à la Réunion pour ne pas avoir d'auréole sous les bras quand il est filmé). Avec cette tactique, N. Sarkozy se donne le beau rôle, mais non seulement ne règle rien mais désorganise tout.
2/ "noyer le poisson" :
- cela fait 25 ans que je suis infirmière, maintenant on soigne les malades dans les couloirs que proposez vous pour l'avenir"
- mais vous savez on a créé 1 million d'emploi de fonctionnaires depuis 1992, c'était pas l'âge de pierre en 1992 et tout ça c'est l'argent de vos enfants...
Les malades n'ont pas fini d'être soignés dans les couloirs.
On ressort de cette émission en se disant qu'il croit avoir raison sur tout. Nous avons besoin de De Gaule nous avons Antoine Pinay.
Derrière le décor plutôt réussi (la forme) et le message, à peine discret :
"J'ai changé, regardez bien comme je vous écoute et comme je connais
vos difficultés, vous conviendrez donc qu'il n'y a pas lieu de me changer, moi",
qui en dit assez sur l'ego et sa capacité réelle à évoluer, la ligne (le fond)
est plus dure que jamais : entièrement conquise à l'idéologie libérale,
cause de l'affaiblissement des Etats, de l'appauvrissement collectif
des citoyens et du pillage sans contrepartie de l'environnement.
Non, la bienveillance n'est pas la qualité première qui vient à l'esprit
à propos d'un camp étranger à toute idée de progrès social ; malfaisant, oui !
Les seules miettes qu'il concède jamais, le sont en dernière extrémité, contraint.
Il suffit de comparer les revalorisations salariales, brutes et en pourcentages,
aux deux bouts de l'échelle : il est loin, le facteur maximal de quarante,
préconisé par le très libéral Henry Ford, entre son salaire de dirigeant
et celui de ses employés. Et ce n'était pas de l'argent public !
La différence entre un grand serviteur de l'Etat et un simple responsable
de grands comptes est logée dans les profondeurs de l'être où l'intérêt public
et l'instinct personnel et immédiat de survie se livrent un bras de fer.
Les actes l'emportant toujours sur les mots, est-il encore possible d'hésiter
sur ce qui anime l'invité du petit écran, hier soir sur TF1, et sur la catégorie
qu'il représentait dans la spéciale "voulez-vous gagner des milllions" ?
Bienattentivement.
La France compte 5 millions de chômeurs, dont 600000 de plus en 1 an et demie.
Le recul attendu sera de combien : 10000, 20000 ?
Sera-t-il du au millon de chômeurs en fin de droits dont une partie ne se réinscrira nulle-part ?
Quand nous réveillerons-nous enfin pour dire définitivement NON à cette mascarade qui n'a que trop duré?
http://www.nouvellegauche.fr/vaincre-chomage/
"Nihil novi sub sole": rien de neuf sous le soleil avec notre Président. Toujours aussi sur de lui, toujours aussi approximatif dans le propos, mais très assuré sur le ton, toujours aussi attentif à faire le spectacle, l'oeil fixé sur son baromètre de popularité.
Et, naturellement, toujours la même escroquerie intellectuelle: visiblement au courant dans le détail des profils des intervenants et des questions qu'ils lui poseraient, l'artiste, sous le couvert d'un échange avec les français a délivré son discours parfaitement formaté, les invités réduits à un rôle de balises, de ponctuation de son propos...
A défaut d'un record à l'audimat, le summum de la servilité médiatique comme dirait Peillon a été atteint hier soir
Voilà encore de la com pour ne rien dire sauf se mettre en avant pour dire JE JE JE.
Les "invités" ont montré que la France est dans la misère.
Quel effet d'annonce, à la Sarkozy, pour la fab des voitures en France, à suivre.
Il était intéressant ce matin d'écouter M. Wauquiez sur RMC parler pour ne rien dire concernant les difficultés des français sauf: ya ka, fau... ou vrai C..
Ce n'est pas ce médiocre show présidentiel qui va me faire changer d'avis sur le fait que M. Sarkozy nous a menti. Pour les régionales mon vote sera la sanction d'un homme qui ne change rien à notre pays au contraire voir la dette, aucune question concernant ce point clé pour l'avenir de notre pays.
Comme tous les présidents depuis 40 ans du vent mais rien de concret pas plus d'ailleurs en face chez les roses, les rouges,le Front Noir. ou les intégristes des taxes: les verts.
"Ce n'était pas forcément (...) auquel on aurait pu s'attendre! ...Nicolas Sarkozy n'aura sans doute pas... il aura peut-être... On avait un président que l'on disait (...) qui ne semblait comprendre...
...ces impressions seront peut-être... Nicolas Sarkozy a sans doute voulu...
Le titre de la une du Figaro (...) le suggère... Ses attitudes (...) que l'on sentait très contrôlées (...) rappelaient un peu les efforts que... La posture du président semblait être... Cette forme d'empathie peut payer... il y a un risque également.... Cette façon de demander (...) peut introduire l'idée d'une certaine impuissance...
...Il y avait (...) quelque chose, c'est vrai, de spectaculaire (...) et en même temps un malentendu complet.
...Mais ça donne une confrontation bancale entre l'intime et l'universel, l'émotion et le rationnel, le concret et le théorique, l'expérience vécue qui dit blanc et les statistiques imparables qui disent noir.
Finalement, on retombait toujours sur le même os du sarkozysme: la correspondance assez hasardeuse entre le discours et la réalité."
JE NE VOUS LE FAIS PAS DIRE !
Serait-il possible d'être informé ? Merci !
J'ai du mal à comprendre un vote sanction...
En gros, « on vote contre quelqu'un même si la personne pour qui on vote a des idées contraires aux siennes ». En gros, il ne faudra surtout pas qu'il mette en place ses propositions, sinon, c’est encore pire.
Dès lors, le vote sanction me semble assez schizophrénique, et s’appuie sur une espérance d’incompétence de la personne pour qui on vote.
N’est-il pas plus profitable de voter en fonction de nos convictions et ensuite de s’investir dans la vie publique afin que les promesses de campagne ne servent pas une élection mais servent à changer la société ?
J’ai tendance à mieux comprendre un vote blanc/nulle ou encore un non votant.
désolé pour cette petite parenthèse.
On aurait dit une émission de Catherine Ceylac une ambiance détendue entre l’invité et la journaliste, avec ses questions empruntes de consensualité et quelques relances mielleuses sans réelles contradictions. Laurence Ferrari manquait-elle de chevaux sous le capot ou était-elle simplement bridée ? En tout cas, hier soir, elle était branchée sur le mode « urbain » et pas sur le mode « sport ».
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On vous sert du thé ?
C’est la partie qui concerne l’organisation de l’émission. D’ailleurs, était-ce une émission, ou un journal de 20h avec une partie spéciale et ses invités ? Difficile à définir, y compris dans la presse, ou tout le monde a vu ou cru voir quelque chose d’étrange, de nouveau, sans définition particulière, une sorte de quatrième dimension de la représentation politique.
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Le choix de la chaine.
Si TF1 a tout a fait le droit d’organiser un « débat », on ne peut faire abstraction du contexte particulier qui existe entre le président de la république et le président de la chaine. Ainsi que des relations difficiles entre le président et une grande partie des journalistes.
Plusieurs questions peuvent alors se poser :
- A l’initiative de qui a eu lieu ce débat, de la chaine ou de la présidence ?
- Si c’est à l’initiative de la présidence, pourquoi faire le choix d’une chaine privée avec laquelle on peut soupçonner des connivences avec le pouvoir ?
- Pourquoi une l’intervention du chef de l’état devait elle avoir lieu à cette date là, et pas après les élections régionales ?
- Qu’avait-il donc de si important à dire que l’on ne connaisse déjà, et qui ne pouvait attendre ?
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Le choix des journalistes
Deux journalistes maisons, avec deux rôles visiblement biens définis dont l’un présente le 13 heures et l’autre le 20 heures. L’une chargée « d’interroger professionnellement » le chef de l’état, l’autre jouant le chef d’orchestre auprès d’individus choisis et triés sur le volet par la chaine…
- Pourquoi n'y avait-il pas sur le plateau, ni journalistes du service public, ni journalistes de la presse écrite ou du web afin d’éviter ces suspicions de connivences ?
- A défaut d’inviter des journalistes de chaines ou de médias concurrents, pourquoi n’y avait il pas de journalistes « maison » spécialisés dans l’économie, le social, le droit, etc ?
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On vous sert du café ?
C’est la partie qui concerne le discours. Celle qui est sensée réveiller le spectateur avec des questions pertinentes, voir percutantes, et des réponses volontaristes, argumentées, ou l’interviewé défend mordicus, bec et ongle son projet ses réformes et sa conception de l’avenir ! Hier soir.., rien de tout ça ! Juste une atmosphère chloroformée, soporifique, il faut dire que le café n’était pas très excitant !
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La journaliste.
Il ne m’appartient pas de juger de son professionnalisme, seul des professionnels sauront dire si elle a bien menée sa barque ou non. Seulement la faiblesse des questions, mais surtout de ses relances m’étonne.
- Aurait-elle été briffée (et par qui ?) pour ne pas « irriter » au cours de l’interview le président de la république en s’abstenant de poser des questions qui fâchent ?
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Les gens du peuple.
Sans connotation négative, il reste des interrogations sur le choix de ces personnes. Les organisateurs savaient très bien que ces personnes poseraient des questions issues de leur parcours personnel et individuel auquel le président ne pouvait répondre individuellement mais uniquement de façon générale. Cependant vue « l’encadrement » (de près) exercé par J.P Pernaut on peu s’interroger. Cela donnait l’impression étrange de voir le professeur Pernaut présenter un intervenant extérieur à des écoliers intimidés …
- Quels ont étés les critères de sélection ? (L’âge, la taille, l’appartenance politique, de vraies difficultés ou de fausses vraies difficultés, etc. ?)
- Ont-ils signé un contrat avec la chaine, ou ont-ils eu des consignes pour ne poser que certaines questions (bien cadrées) ?
- Etaient-ils libres de poser n’importe quelle question sur n’importe quel sujet ?
- Avaient-ils conscience (les français invités) que le président ne pouvait leur apporter une réponse concrète et immédiate à leurs difficultés personnelles ?
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Le journaliste
J.P Pernaut en vrai chef d’orchestre a été impeccable ! Le petit doigt sur la couture, pas un faux pas, pas un dérapage, rien… D’ailleurs, on peu dire qu’il a parfaitement réussit sa partition, orientant le débat, les questions, se plaçant à coté ou derrière les personnes triées sur le volet, intervenant si ces dernières donnaient des signes avant coureurs et probables de questions impertinentes. Non vraiment… Je n’ai même pas une question à poser devant l’évidence !
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Le président
Calme, presque trop calme, a croire qu’on lui a servi une camomille à la place du thé ou du café ! Finalement il s’en sort bien. Pas de contradictions, pas de soucis…Tout comme à la maison en quelque sorte !
Il y aurait bien une ou deux contradictions finalement. A savoir, il évoque le fait de ne pas faire de politique électoraliste, pourtant une telle intervention justifiant son action sans contradictions et qui plus est, sur une chaine privée, semble bien destiné à promouvoir l’UMP en vue des régionales… L’autre petit truc, c’est quand il annonce.., pardon, qu’il promet (juré craché) que l’emploi va s’améliorer en 2010, autrement dit, dès aujourd’hui. Il n’y a aucun enjeu pour lui ! Il peut promettre ce qu’il veut, tant que cette promesse n’est pas liée a un enjeu qui le concerne directement (par exemple qu’il se retire de la vie politique en cas d’échec)…Il peut continuer à nous promettre la lune.
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Il y avait hier soir, vraiment trop de lait dans le thé et trop d’eau dans le café pour que cela apporte du nouveau dans la tasse des difficultés quotidiennes que nous buvons tous les jours !
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@Thomas Legrand
Vous évoquez le fait que l’exercice n’était pas facile pour le président.., mais il est payé pour ça ! Et même super bien payé ! Que l’exercice soit facile ou non, n’est pas à prendre en compte, le quotidien des français n’est pas facile non plus… et eux sont mal payés voir pas payés du tout.
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@Slate : Si les journalistes ou chroniqueurs spécialisés de Slate ont des réponses aux questions posées, je serais ravi de connaitre leurs réponses… A défaut, J.F Copé ou le président peuvent aussi y répondre, je n’ai pas de préférences, ni d’exigences.
Vous nous parlez d'écart entre le discours de Nicolas Sarkozy. Mais c'est la réalité de qui? La votre, y compris concernant la réalité du discours de Sarkozy. Les journalistes sont des faiseurs de réalité pour le public. C'est leur métier il faut l'assumer et ne pas faire semblant d'être un pur miroir objectif (ce qui ne sert pas à grand chose sinon à tromper).
Deux exemples. Comme d'autres vous nous faites croire implicitement que NS se déclare tout puissant et qu'en réalité il est impuissant. Mais c'est le storytelling que vous nous racontez, l'histoire qui vous arrange. Ce n'est pas la réalité vraie... Que d'autres avec vous nous livrent cette histoire avec insistance nous interroge sur les rapports au pouvoir, à la volonté de puissance de certains dont c'est un symptôme assez évident : disqualifier les figures d'autorité autres.
Autre exemple le cas de l'infirmière. Vous nous laissez croire que dans les hôpitaux on soigne de plus en plus dans les couloirs parce que NS ne veut pas donner d'argent à des hôpitaux publics en déshérence. C'est ça l'histoire induite. Pas une ligne sur la situation réelle, ses proportions, son contexte particulier ou général simplement une image choc pour prêter à penser. NS rappelle quelque chose d'imprécis certes mais qui renvoie : à l'augmentation considérable des budgets hospitaliers ces dernières années, l'augmentation aussi considérable d'effectifs qui ne semblent pas toujours résoudre les problèmes, l'effet des 35 heures, évident pour tous les professionnels, mais qu'un Laurent Fabius renvoyait hier soir aux vieilles lunes sans intérêt.
Il se trouve que ce rapport à la réalité semble être une problématique importante de la culture française, fort d'actualité. Question de bonne ou mauvaise foi, de bonne ou mauvaise volonté. Je vous renvoie à cet article éclairant : L'identité française http://coherences.com/BLOG-HM/2010/01/lidentite-francaise