Parents & enfants

Assister ou pas à l'accouchement de sa femme?

Temps de lecture : 3 min

Leur présence est-elle nécessaire? Et si le (futur) père préfère ne pas être là?

C'est une fille | rawpixel via Unsplash CC License by
C'est une fille | rawpixel via Unsplash CC License by

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Les pères doivent-ils vraiment être en salle de naissance? Y sont-ils nécessaires? Et s’ils préfèrent ne pas être là?»

La réponse de Richard Muller, homme marié de 50 ans, père de deux enfants et grand-père deux fois:

Avant toute chose, sachez que si vous allez en salle de naissance pour l’arrivée de vos enfants, ce n’est pas parce qu’on a besoin de vous. Et je vous déconseille d’y aller pour «être là» et regarder. Allez-y parce que vous aimez votre femme et voulez participer à l’expérience la plus intense de sa vie. Dans la salle de naissance, vous serez dans une position unique pour l’aider. Grâce à la préparation à l’accouchement, vous saurez percevoir quand elle se crispera, et vous pourrez l’aider à se décontracter, mieux que personne parce que vous la connaissez mieux que personne et parce que votre voix est la plus apaisante qu’elle connaisse. Quand vous sentirez son bras se tendre, vous lui direz «détends les muscles de ton bras» et elle le fera, et elle aura tout de suite un peu moins mal.

Après coup, j’ai dit à ma femme que j’avais été déçu de voir qu’elle ne réagissait pas. Elle m’a dit que j’étais fou! Elle m’avait au contraire trouvé très réconfortant!

Une expérience unique à partager

L’accouchement de votre femme est sans doute l’expérience la plus personnelle que vous partagerez de toute votre vie. Et ce qui rend l’événement encore plus merveilleux, c’est qu’il s’agit clairement d’un miracle! Marcher sur l’eau, transformer l’eau en vin… Tout ça, c’est un jeu d’enfant. N’importe quel magicien compétent peut le faire. Mais donner la vie? Ensemble? (ok, elle en fait plus que vous, mais vous avez quand même du mérite.) Oui! Vous avez partagé le miracle de l’amour, et maintenant vous pouvez partager le miracle de la naissance.

Vous avez peur du chaos? Concentrez-vous sur votre femme! Elle n’a pas «besoin de vous», mais c’est une expérience unique à partager, à vivre ensemble. Si vous préférez ne pas être là, elle comprendra. Il est vrai que certains aspects de l’accouchement ne sont pas très agréables. Mais si vous pouvez aider votre femme un peu, juste un tout petit peu, le jeu en vaut la chandelle.

Et après, il y a le bébé. Comme j’étais là, j’ai tout de suite senti qu’on était liés. Qu’il faisait partie de moi. Enfin, qu’ELLE faisait partie de moi! Elle vivait, se tortillait, pleurait… Qu’est-ce que je pouvais bien faire pour elle? Elle était si légère. Soit c’était une impression, soit elle pesait vraiment zéro kilo. Après avoir passé quelques instants à la bercer, j’ai su que nous étions liés pour la vie. J’ai compté ses doigts. Comment tout ça était arrivé? Comment était-ce possible?

Dans une autre réponse, j’ai raconté comment j’ai regardé ma fille apprendre à éternuer (est-ce que quelqu’un a le lien?). La première fois, on aurait dit que ça avait projeté sa tête en arrière. Ensuite, elle et moi avons senti un nouvel éternuement arriver et nous nous sommes crispés. Elle a serré les poings, mis son menton sur sa poitrine et éternué à nouveau, mais cette fois-ci, ça s’est bien passé. Elle avait appris à éternuer. Nous étions tellement soulagés tous les deux. Je l’avais regardée apprendre, tout ça dans ses quinze premières minutes de vie.

Personne n’a «besoin de vous»

Après la naissance, je me souviens que la puéricultrice m’a demandé de lui confier le bébé. Je l’ai regardée en me demandant si elle était douée pour ça. Le bébé, c’était mon bébé, pas le sien. Elle avait l’air compétente. Elle ne comprenait sûrement pas le bébé aussi bien que moi, mais apparemment elle devait vraiment faire quelque chose donc bon, j’ai accepté. Ensuite, j’ai réfléchi à comment ça se passait avant, quand le père avait seulement le droit de regarder. On le mettait à l’écart. La puéricultrice le laissait porter le bébé, mais pas longtemps. Aujourd’hui, c’est l’inverse. C’est MON bébé! Et faites bien attention, madame la puéricultrice!

Vous pouvez passer à côté de tout ça, si vous le voulez. Personne n’a «besoin de vous». Mais c’est un moment exceptionnel que je vous conseille de ne pas manquer.

Remarque: je répète ici certaines des idées que j’avais présentées en réponse à une autre question: Richard Muller's answer to What is it that nobody tells you about having children?

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