Monde

L'administration Trump cite la bible pour justifier la séparation des enfants de migrants

Temps de lecture : 2 min

Le ministre de la Justice a cité l'injonction biblique d'«obéir aux lois du gouvernement», un passage autrefois utilisé aux États-Unis pour défendre l'esclavage.

Une mère et sa fille venues du Honduras sont appréhendées par la police frontalière au Texas le 12 juin 2018. | John Moore / AFP
Une mère et sa fille venues du Honduras sont appréhendées par la police frontalière au Texas le 12 juin 2018. | John Moore / AFP

Depuis la mise en place cet automne d'une politique de «tolérance zéro» envers les sans-papiers, près de 700 familles ont été séparées à la frontière mexicaine, dont 100 enfants de moins de quatre ans qui se sont retrouvés dans des centres de rétention pendant que leurs parents étaient envoyés en prison.

Alors que l'opposition démocrate a commencé à protester vigoureusement contre ces séparations, le ministre de la Justice Jeff Sessions a tenté de les justifier en citant la bible.

«Je pourrais vous renvoyer à l'apôtre Paul et à son commandement clair et sage, dans Romains 13, qu'il faut obéir aux lois du gouvernement car Dieu les a décrétées afin d'assurer l'ordre», a-t-il déclaré face à un public de policiers dans l'Indiana.

Avant le changement initié par Jeff Sessions, les familles étaient détenues en ensemble, mais le ministre voit ces séparations comme une façon «d'envoyer un message» dissuasif.

Face à l'afflux de nouveaux enfants à placer, les autorités envisagent de les loger dans des tentes près de la frontière, une solution dénoncée par un élu démocrate texan qui a rappelé que les températures dépassaient régulièrement les trente-sept degrés.

Lors du briefing de la porte-parole de la Maison-Blanche, le journaliste de CNN Jim Acosta a interrogé Sarah Huckabee-Sanders sur ce sujet:

«Où dans la bible est-il écrit qu'il est moral d'enlever les enfants à leurs mères?»

Huckabee-Sanders a répondu qu'elle n'avait pas entendu le discours du ministre mais qu'il était «très biblique de faire respecter la loi».

Le Vatican désapprouve

Le jour d'avant, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis avait qualifié la politique migratoire du gouvernement d'immorale, et un évêque avait suggéré que les catholiques qui aidaient à mettre en place ces mesures étaient en violation de leur foi.

Même le Vatican a décidé de s'exprimer via un tweet de sa section migrants et réfugiés citant un verset du Deutéronome selon lequel Dieu «aime l'étranger qui habite parmi vous, et lui donne de la nourriture et des vêtements».

Comme le note un historien interviewé par le Washington Post, le passage cité par Jeff Sessions a été souvent utilisé par les sudistes dans les années 1840 et 1850 pour défendre l'esclavage face aux abolitionnistes.

Slate.fr

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