Hollande: l'imbroglio Proglio
La direction d'EDF ne relève pas du temps partiel.
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Depuis plusieurs semaines, la polémique sur la nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF bat son plein. Partie de sa rémunération, elle débouche sur la question du conflit d'intérêt avec Veolia. Sans oublier la retraite chapeau de l'intéressé. Remettons, s'il est encore possible, de l'ordre dans ces choses pour saisir qui en est responsable.
1) EDF est une très grande entreprise publique qui est devenue en 20 ans la première, au monde, dans le secteur de l'électricité. Son premier dirigeant mérite incontestablement des émoluments à la hauteur de cette mission. Et pourtant, tous ceux qui se sont succédés à la tête d'EDF et qui y avaient excellemment réussi n'avaient jamais eu la prétention de gagner jusqu'à 1,5 million d'euros.
Pourquoi cette soudaine inflation? Parce que Nicolas Sarkozy est allé chercher le président de Veolia et que la condition que celui-ci a posée pour accepter cette nomination a été le maintien de ce qu'il gagnait chez Veolia. Donc c'est Nicolas Sarkozy qui a changé les codes. Il aurait pu prendre, au sein de l'entreprise EDF, un cadre de haut niveau pour assumer la direction principale. Ou choisir un manager venant du service public lui-même, il en est suffisamment de qualité. Non, il a préféré traiter EDF comme une entreprise du CAC40 avec les rémunérations qui vont avec, oubliant ainsi son statut public, et même sa mission de service public.
2) La direction d'EDF ne relève pas du temps partiel, c'est une activité à plein temps, qui appelle une attention de la part du titulaire, permanente, exclusive, absolue. Cette tâche suppose de diriger des équipes, d'arbitrer entre des projets d'investissements de plusieurs milliards d'euros, de sceller des alliances à l'étranger, et de définir, avec le gouvernement, la politique énergétique de la France. Comment dès lors, admettre, même pour une fonction non exécutive, une disponibilité dans une grande entreprise de services, comme Veolia, qui dans un premier temps devait être réelle, puisque rémunérée. Là encore, le responsable de cette confusion n'est pas le bénéficiaire, qui, par attachement à l'entreprise dont il fut pendant deux décennies le dirigeant, mais l'autorité qui a toléré cette double commande, en l'occurrence le gouvernement et le président de la République.
3) Vouloir constituer un grand ensemble de services, un champion national qui couvrirait l'énergie, l'environnement, l'eau peut être une ambition industrielle légitime, ce qui suppose alors des participations croisées, voire la constitution d'une holding. Mais faut-il encore l'assumer, le dire, l'organiser, ce qui n'a pas été le cas. Le non-dit, l'implicite, le connivent ont été, en définitive, les maîtres mots de la communication gouvernementale.
4) Dans le débat des retraites qui s'ouvre, a surgi l'information sur le montant de la retraite chapeau dont M. Proglio aurait l'avantage, le moment venu, à savoir 13 millions d'euros. La somme est astronomique. Certes, ce sont les actionnaires de Veolia qui en ont décidé souverainement, et c'est parfaitement légal. C'est bien là le problème. Comment demander un effort à tous ceux qui ont travaillé longtemps pour se constituer par leur travail une petite pension, et accorder un privilège à ceux, hauts dirigeants, qui les détiennent tous. Une fois encore, le responsable n'est pas le bénéficiaire, mais le système qui autorise un tel dérèglement.
Derrière l'imbroglio Proglio, le jour se lève sur les confusions, les inégalités, et les contradictions d'un système, d'un gouvernement, de la gestion d'un seul. C'est à lui de s'en expliquer.
François Hollande
LIRE SUR L'AFFAIRE PROGLIO: Henri Proglio dans une situation juridique intenable, Le salaire de Proglio n'est pas le problème, Proglio doit maintenant abandonner la présidence de Veolia, EDF-Veolia, le retour des conglomérats à la française et Nucléaire: le dangereux mécano du président.
Image de une: Nicolas Sarkozy et Henri Proglio, le 19 janvier 2010 à La Réunion. REUTERS/Gerard Cerles/Pool
Mis à jour le 26/01/2010 à 2h52













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M. Hollande
1/ La faible rémunération de la plus grande entreprise du monde dans le secteur de l'électricité est peut etre également responsable de ces incessants mouvement à sa tête. Une entreprise qui rémunère à sa juste valeur un poste permet une certaine stabilité. Loin de moi de dire quel est le montant juste, mais quand une entreprise concurrente voit un excellent patron et qu'il le débauche en lui proposant 2 fois moins que le patron en place actuel, mais 2 fois plus que son salaire actuel, c'est difficile de dire non. Combien de salariés refuserait de quitter sa boite si on lui propose un poste identique payé 2 fois plus ?
2/ Pour ce point, je suis totalement d'accord avec vous. C'était une condition à imposer quant à l'arrivé de M. Proglio. Ce ne fut pas le cas, et c'est bien dommage.
3/ Je ne comprends pas ce point. Pensez-vous que le gouvernement à une stratégie industriel de rapprochement entre les 2 entreprises EDF et Véolia ? Je ne vois pas un chouilla de synergie dans ce rapprochement... il n'y a aucun intérêt à créer ce "champion". Autant avec GDF, je pourrait comprendre, etant donné que les canalisations de gaz et d'eau ne doivent pas être si éloigné que ca sous nos pieds ;)
4/ Avez vous une proposition de loi à soumettre à l'assemblée au sujet des retraites chapeaux ? Nous entrons là dans les conditions pour faire venir un dirigeant à la tête d'une entreprise. 13 millions, ceci peut vous paraitre enorme M. Hollande, mais au final, nous sommes à environ 2 année de revenus de M. Proglio. Il serait peut etre intéressant d'imposer par la loi ce genre d'émulation lors d'un licenciement : "Si le dirigeant touche 2ans de retraite chapeau, alors le salarié licencier devra toucher au moins autant que son dirigeant en proportion de son salaire". Ceci peut paraitre une mesure pour limiter les licenciements, mais je pense que ca sera plutôt une mesure pour limiter les retraites chapeau... Quoique, pas dans la fonction publique...
C'est tellement mal ecrit, semantique, fautes basiques d'orthographe, que le Paragraphe 1 est totalement incomprehensible...
Dans le genre ..
"Plus je pedale moins vite, moins j'avance lentement "
Cher camarade François,
en tant que chroniqueur de Slate : bravo !
En tant que prétendant au titre de champion de la gauche de rupture*, maintenant :
il ne suffit plus d'analyser brillamment ni de déplorer justement les anomalies
du "système" et il n'est pas encore temps de préparer le duel télévisé
avec le sortant ; il s'agirait plutôt de sortir la tenue de combat et de l'attaquer,
le "système", sur tous ses bastions de résistance à l'intérêt collectif et sur toutes
ses entreprises de sape de l'Etat et des services publics. Cette campagne
ne se gagnera pas dans le canapé trop confortable d'un dimanche chez Drucker.
Bien sûr que la tête d'affiche d'hier soir sur TF1 n'aurait pas "pu" mais dû recruter
au mérite - qu'il vante tant - un grand serviteur de l'Etat imprégné de l'esprit
de service public et même acquis à la culture de l'entreprise EdF,
qui n'est pas quelconque !
Tiens, et quelle est donc la vôtre, d'idée de grande holding de services ?
Diffère-t-elle tant que cela de celle du "Chirac en sueur" (la formule,
qui frise la double insolence, est de Thomas Legrand) ?
Avec quelle sauce proposez-vous de nous composer la vôtre, de recette "à la Chirac"
pour le mandat auquel vous pensez tous les jours en vous rasant, à l'huile ?
Mais peut-être êtes-vous arrivé au stade où il n'est plus outrecuidant pour vous
de croire que vous avez un destin présidentiel parce qu'une stature nationale émerge
de la métamorphose du "gentil" compagnon de la candidate surprise
et premier secrétaire intérimaire prolongé du Parti Socialiste ?
Quel est alors le code qui nous le signalerait ?
Digéramolliblement.
. . .
* S'il est toujours vrai que "celui qui ne consent pas à la rupture...
il n'a rien à faire au Parti Socialiste" (Un François antérieur).
Il faut enfin prendre cette question au sérieux : proposer une loi qui interdise ou limite à 2 le cumul des mandats aux conseils d'administration des grosses sociétés et interdise un cumul entre un mandat d'entreprise publique et un mandat d'entreprise privée. Environ 100 personnes contrôlent ainsi 43% du CAC40, ont la main mise sur l'essentiel du pouvoir financier et de surcroît s'autoadoubent dans les conseils d'administration et donnent leur accord sur des retraites chapeaux et rémunérations indécentes, car vont en retour bénéficier aussi de l'accord de leurs pairs.
De grâce, François Hollande, AGISSEZ ! faites enfin cette proposition de loi, avec le soutien de François Bayrou et même de certains courageux républicains de l'UMP qui ne supportent plus ces pratiques dignes d'une république bananière !
Henri Proglio est PDG de Veolia Environnement depuis 2003 et administrateur d'EDF depuis 2004. Il est aussi membre du conseil de surveillance de Lagardère, administratuer de CNP Assurances, Dassault Aviation et Natixis.
Les membres du Conseil d'administration de Veolia Environnement sont, en plus de Proglio : Jean Azema (Groupama), Daniel Bouton (SG), Jean-François Dehecq (Sanofi), Augustin de Romanet (CDC), JM Espalioux (ACCOR), PL Girardot (Véolia Eau), Philippe Kourilsky (Institut Pasteur), Baudoin Prot (BNP Paribas), G. Ralli (Lazard), Louis Schweitzer (Renault et pdt de La Halde), Murray Stuart (RBS).
Et qu'en pensent les sénateurs qui ont été menés en bateau lors de l'audition de Christine Lagarde sur la question en fin d'année dernière ? Ou même l'intéressée qui a dû justifier une décision qui n'était pas la sienne avant qu'Henri Proglio ne revienne, contraint et forcé, sur sa double rémunération ?
http://www.lobbycratie.fr/2010/01/20/la-remuneration-d%E2%80%99henri-proglio-embarrasse-l%E2%80%99etat/