Monde

Les victimes de violence conjugale ne pourront plus demander l'asile aux Etats-Unis

Temps de lecture : 2 min

Le ministre de la Justice de Trump a annoncé de nouvelles restrictions en termes de demandes d'asile.

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions fait un discours sur le droit d'asile, le 11 juin 2018 en Virginie. | Alex Wong / AFP
Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions fait un discours sur le droit d'asile, le 11 juin 2018 en Virginie. | Alex Wong / AFP

Le minstre de la Justice de Trump, Jeff Sessions, a annoncé que les allégations de violences conjugales ou de violences de la part de gangs ne suffiraient plus pour faire des demandes d'asile aux États-Unis.

Sessions est revenu sur le cas d'une Salvadorienne victime de violences conjugales dont la demande d'asile avait été approuvée par une cour d'appel. Pour lui, elle ne mérite pas l'asile car il s'agit d'un crime «privé», pas directement d'une persécution venant d'un gouvernement.

«Le fait qu’un pays puisse avoir des difficultés à empêcher certains crimes –comme les violences conjugales ou les violences de gangs– ou que certaines catégories de la population aient plus tendance à subir des violences ne peut établir une demande d’asile», a-t-il écrit dans son jugement.

Il a ajouté dans un discours que «le droit d'asile n'avait jamais eu pour fonction de résoudre tous les problèmes, même graves, auxquels les gens sont confrontés à travers le monde».

Cette décision renverse quatre ans de jurisprudence qui avaient permis à de nombreuses victimes d'abus la plupart venant d'Amérique Centrale d'obtenir l'asile aux États-Unis.

En 2014, un tribunal avait établi que les femmes au Guatemala victimes d'abus constituaient un groupe particulier digne de protection dans la mesure où la société guatémaltèque était incapable de protéger leurs vies. Dans ce cas particulier, la demandeuse d'asile Aminta Cifuentes avait appelé la police mais les agents lui avaient expliqué qu'ils n'interviendraient pas dans sa relation privée avec son mari.

Dans son jugement, Sessions cite ce cas et explique que comme Cifuentes était attaquée par son mari «à cause de sa relation personnelle préexistente» avec lui, on ne pouvait pas dire qu'elle était «persécutée», car pour Sessions la persécution est le fait d'un gouvernement uniquement.

Comme l'explique Mark Joseph Stern sur Slate.com, cette définition restreinte de la persécution a aussi des conséquences pour les victimes de la violence des gangs et les victimes de brutalité anti-LGBT qui ont souvent du mal à prouver que les gouvernements cautionnent leur persécution et ne font rien pour les aider.

De nombreuses femmes actuellement en détention aux États-Unis en attente d'une décision d'asile pourraient être expulsées et se retrouver dans des situations dangereuses.

La décision de Sessions fait loi sauf si un juge fédéral revient sur son jugement.

Slate.fr

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