Santé / Société

Des «avortements Google» pour contourner les lois anti-IVG

Temps de lecture : 2 min

Partout dans le monde, des femmes utilisent de plus en plus internet pour trouver de l'aide.

Manifestation Femen, Paris, 2014  | Franck Simon via Flickr CC License by
Manifestation Femen, Paris, 2014 | Franck Simon via Flickr CC License by

Les recherches internet sur la pilule abortive ont doublé depuis dix ans, selon des analyses de la BBC. Ce sont surtout dans les pays où les lois sont les plus restrictives que les requêtes se multiplient. En achetant des pilules en ligne et en s'échangeant des conseils médicaux sur des groupes de conversation comme WhatsApp, des femmes réussissent à contourner les barrières légales.

Par exemple, les recherches sur la pilule abortive Misoprostol sont dix fois plus élevées dans les pays où les femmes ne sont autorisées à avorter que si leur vie est en danger. Ces recherches ont doublé entre 2004 et 2018. En principe, le Misoprostol (ou Cytotec) est un médicament utilisé dans le traitement des ulcères d'estomac. Mais combiné au Mifeprostone, il peut déclencher une fausse couche –cette combinaison est notamment utilisée en France pour l'IVG médicamenteuse.

La BBC a réussi à contacter un groupe WhatsApp au Brésil, dont l'une des membres témoigne, sous couvert d’anonymat: «Ce qui est génial, c'est que les femmes s'entraident sur ce groupe, partagent des informations, discutent de leur doute et de leur peur. Ca m'a donné du courage».

«Comment avorter?»

Le Ghana et le Nigéria sont les deux pays où les requêtes dans les moteurs de recherche sur la pilule abortive sont les plus élevées. Au Ghana, l'avortement est autorisé en cas de viol, inceste, malformation du fœtus ou pour préserver la santé mentale de la femme. Au Nigéria, il n'est autorisé que si la vie de la femme est en danger.

Sur les vingt-cinq pays où les femmes font le plus de recherches sur internet sur le sujet, onze sont situés en Afrique et quatorze en Amérique latine.

Les recherches de la BBC prouvent que le terme le plus recherché est «pilule abortive». «Comment avorter?» est la question la plus fréquemment posée. Ce sont ensuite toutes les associations autour du mot Misoprostol qui sont les plus recensées.

Des milliers de femmes meurent chaque année des conséquences d'un avortement non sécurisé

En plus des IVG médicamenteuses, les femmes recherchent également des méthodes alternatives. En utilisant des herbes comme le persil et la cannelle mais aussi la vitamine C, de l'aspirine et d'autres mélange herbeux.

«Remède maison pour avorter» est une des principales recherches associées à l'avortement. Selon l'Organisation mondiale pour la santé, aucune des méthodes «alternatives» n'est considérée comme sûre. Selon l'OMS, environ 25 millions d'avortements à risques sont pratiqués chaque année dans le monde, soit 45% des IVG.

L'IVG médicamenteuse sans accompagnement médical est considérée comme risquée. Cette auto-administration représente 31% des avortements dans le monde. Même en suivant le protocole, l'avortement a plus de risque de ne pas aboutir.

Chaque année, huit millions d'avortements sont pratiqués dans des conditions très dangereuses, utilisant des méthodes comme l'introduction d'objets dans le corps de la femme ou des concoctions d'herbes. De ces méthodes résultent souvent des infections ou des avortements incomplets. Selon le Guttmacher Institute, 22.800 femmes meurent chaque année des conséquences d'un avortement non sécurisé.

Slate.fr

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